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Août 14 2018

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Une histoire cousue de fil blanc – marie Combernoux

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UNE HISTOIRE COUSUE DE FIL BLANC

Aujourd’hui, cours de couture au CM2 , sous la houlette de Soeur Thérèse, religieuse née en Aveyron, qui était chargée de l’éducation des filles, futures épouses, qui devaient savoir repriser les chaussettes ou recoudre les boutons et avoir quelques notions de couture, leur permettant de faire un ourlet au pantalon de leur futur mari et de leur progéniture.

Ou qui sait, broder des nappes ou napperons ou faire des « jours à fils tirés » pour orner les draps de la couche matrimoniale bénie par l’Église.

Soeur Thérèse voulait nous donner des principes moraux et la couture en faisait partie.

Mais moi, j’avais horreur de coudre et je faisais tout pour esquiver ou écourter ce cours. Par exemple , la sœur voulait des mains impeccablement propres avant le cours. On arrivait en file indienne devant la sœur et on devait montrer patte blanche , dessus, dessous, elle disait : « ça va, vous pouvez entrer » sinon « allez vous relaver les mains !» ce qui, pour ma part, ne manquait jamais, car je passais mes mains dans la poussière avant de les lui présenter. Et je perdais ainsi volontairement de précieuses minutes avant d’entrer à ce cours.

Ensuite, les élèves sortaient leurs ouvrages : l’une broderie, l’autre couture , point de croix , point de tige, point en biais pour les ourlets, point de côte, enfin toutes les astuces que sœur Thérèse enseignait de son mieux, espérant faire des émules.

Moi, je n’étais pas trop motivée, alors je faisais ce que je pouvais sur un malheureux tissu que je torturai, jusqu’au jour où j’avais oublié de porter du fil et que je fis semblant de planter l’aiguille dans le tissu et de faire le geste de tirer ce fil invisible avec ma main, vers le haut.

Mais cette fois là, sœur Thérèse, qui était juste un peu simplette, s’en rendit compte en passant dans les rangs. Elle fut bien déçue de mon attitude et de mon refus d’apprendre la couture. Alors, il lui vint une idée : « Puisque tu ne veux rien faire, alors tu vas faire la lecture pendant les cours » Rien ne me fit plus plaisir  que d’échapper à ces travaux d’aiguille !

Elle choisit des livres autorisés pour les jeunes filles, et à chaque cours, m’en donnait un à lire à haute voix. Je n’ai aucune idée des titres que j’ai pu « lire » si l’on peut dire, car il régnait un désordre épouvantable dans ce cours, les filles caquetant tout en faisant leur couture , Soeur Thérèse ne s’en rendait pas compte , car elle était âgée et un peu dure d’oreille.

Quand elle entendait trop de bruit , elle rappelait à l’ordre en disant : « taisez vous et écoutez la lecture ! » Mais tout le monde s’en fichait ! Et les bavardages continuaient ! Je lisais donc « dans le vide ».

Alors , je voulus faire une expérience : je continuais à lire en sautant des pages entières, parfois deux d’un coup pour voir si quelqu’une réagissait, mais personne ne s’en rendait compte même pas sœur Thérèse, qui répétait inlassablement « taisez- vous et écoutez l’histoire » !

Quelles histoires ai-je lues mes camarades et ma sœur ? Le Marquis de Sade  (je ne crois pas mais qui s’en serait aperçu ) ? Les Petites Filles Modèles de la Comtesse de Ségur (ça c’est plus sûr ) ? Allez savoir ! Moi-même je ne sais pas  ce que j’ai lu, observant plutôt les adeptes de la couture qui se concentraient sur leurs ouvrages.

Et aujourd’hui , je dis : vive le prêt à porter !

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©Marie Combernoux – 14/08/*2018

 

3+

je ne suis plus une jeunette, je suis née le 3 Avril 195....et quelque, j'ai été élevé jusqu'à mes 12 ans à Caussade (82) par mes grands parents , qui étaient agriculteurs et négociants en fourrage, j'ai été élevé entouré de nature, d'animaux de basse-cour, d'un jardin, et j'ai aussi appris l'occitan car entre eux mes grands parents le parlaient. Après 12 ans de bonheur , je suis allée vivre àToulouse, avec ma mère et son mari. A partir de là, ce fut une autre histoire.... je viens d'écrire un libre de nouvelles, réelles et fictives, et de poésies, j'attend sa sortie. Voilà un peu de moi, mais vous ne savez qu'une partie de ma vie riche et cahotique à la fois Bien cordialement.

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Christian Satgé
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Un morceau de bravoure bien ourlé qui fleure ces temps brodés au revers des mémoires qui je révère. Merci pour ce petit instantané plein ed sourires et de vie qui fleure une nostalgie de bon aloi.

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