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Juin 20 2019

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Toutes révérences garder ? – Christian Satgé

Petite fable affable
 
Une volaille, poulet de son état,
Déplorable au demeurant pour tout vous dire,
Saillant d’un buisson où il fit galetas,
Vaguait vers l’écurie. Et l’on peut prédire
Qu’il n’y était ni bienvenu ni attendu :
Cour et haras ont relations tendues !
Vivant très à l’étourdie et l’œil au vague
Cet oiseau s’était-il céans égaré ?
Voulait-il prendre le pouls, la bonne blague,
Ou chercher des poux, quitte à se bagarrer,
Aux chevaux qui voyaient, et non sans mésaise,
Venir cette poulaille au pas qui biaise.

Un poulain l’accueille fort civilement,
Bonhomme assez, et plus encore bonne âme,
En tout cas plus amène que les juments.
À ses bonnetades répond avec flamme,
Politesses sans petitesse, l’ailé
Des lieux, par ces saluts fort emballé.

L’autre, du mot, de l’oeil, du geste, en rajoute
Voulant prouver là qu’un poulain est poli
Autant qu’un poulet, qui ne veut être en reste
Pour les grâces à bailler qui paraissent joutes
Dès lors. On crut même à les voir que cela
N’en finirait pas et l’on s’en trouva las

Mais une pouliche, sans autre pourliche,
Sabota le poulet, rua sus son pair :
« Cessez donc vos manières de potiches !
Si courtoisie est, selon mode dans l’air,
Obsolète voire archaïque c’est vous
Et vos semblables les coupables, j’avoue !
Si le manque d’urbanité est nocif

Aux animaux de la ferme, excès de formes
Et d’assauts l’est tout autant.  C’est là poncif
Pour un « vivre ensemble » qui soit à la norme
Sinon ces chatteries, qui sont chatonies,
Cachent attentes, condescendance, ironie,… !  »
 
© Christian Satgé – décembre 2018
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Obsédé textuel & rimeur solidaire, (af)fabuliste à césure… voire plus tard, je rêve de donner du sens aux sons comme des sons aux sens. « Méchant écriveur de lignes inégales », je stance, en effet et pour toute cause, à tout propos, essayant de trouver un équilibre entre "le beau", "le bon" et "le bien", en attendant la cata'strophe finale. Plus "humeuriste" qu'humoriste, pas vraiment poétiquement correct, j'ai vu le jour dans la « ville rosse » deux ans avant que Cl. Nougaro ne l'(en)chante. Après avoir roulé ma bosse plus que carrosse, je vis caché dans ce muscle frontalier de bien des lieux que l'on nomme Pyrénées où l'on ne trouve pire aîné que montagnard.

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