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Oct 17 2018

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Quand… – Christian Satgé

Quand nos chemins ne seront que de cailloux
Et que nos yeux ne verront plus ses bayous ;
Quand notre cœur se remettra à son compte
Et que notre amour ne sera plus qu’un conte ;
Quand nous vivrons une lourde chasteté,
Nos lèvres ne se goûtant qu’en chicheté,
Nous saurons lors la valeur d’une promesse
D’un serment qui s’est jadis passé de messe.

Quand nos mains ne caresseront plus que du vent
Et qu’hélas nos corps s’assoupiront avant
De s’entraimer entre folie et tendresse ;
Quand nous n’aurons que mots banals en adresse
Pour dire ce qui enflammait auparavant,
Que nous ne serons solides que l’un pour l’autre 
Et que nous ne tiendrons que l’un par l’autre
Nous saurons la vraie couleur des sentiments
Avec des souvenirs pour seul firmament.

Quand nos lignes de vie se liront en rides
Et que nos fronts devenus soudain arides
N’auront plus assez de pensées à partager
Ni de projets d’avenir à ménager,
Nos pas allant ensemble par habitude,
Leur train propre sans que pointe lassitude
Nous connaîtrons enfin la durée des « toujours »
Que l’on s’est dit à l’aube de nos beaux jours.

Quand nos doigts pour s’entrecroiser sans ambages
Ne se trouveront plus, rendus gourds par l’âge,
Mais pas assez pour éteindre feu en nous,
Que nous n’aurons plus d’horizon que nous-mêmes
Oubliés des autres, et de ceux qui nous aiment,
Quand nos voix trembleront comme nos genoux
Et qu’il nous restera l’essentiel – Nous ! –
Nous pourrons nous souhaiter une dernière
Bonne nuit, l’âme à voir notre vie fière…

 

© Christian Satgé – octobre 2018

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Obsédé textuel & rimeur solidaire, (af)fabuliste à césure… voire plus tard, je rêve de donner du sens aux sons comme des sons aux sens. « Méchant écriveur de lignes inégales », je stance, en effet et pour toute cause, à tout propos, essayant de trouver un équilibre entre "le beau", "le bon" et "le bien", en attendant la cata'strophe finale. Plus "humeuriste" qu'humoriste, pas vraiment poétiquement correct, j'ai vu le jour dans la « ville rosse » deux ans avant que Cl. Nougaro ne l'(en)chante. Après avoir roulé ma bosse plus que carrosse, je vis caché dans ce muscle frontalier de bien des lieux que l'on nomme Pyrénées où l'on ne trouve pire aîné que montagnard.

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Simone Gibert
Membre
Simone Gibert

Merci Christian ! Vous parlez de la vieillesse si joliment ! C’est tout à fait ce que l’on doit ressentir… Pourtant je la redoute !

Anne Cailloux
Membre

Un écrit plein de tendresse. Il faut trouver les mots pour d écrire ce qui est et ce qui devient
De l’amour et de la tendresse….
Bravo Christian.
Anne

Stéphane
Membre

Beau texte, plein de vie et de poésie.

Delloly
Modérateur

bel hommage,belle écriture… j’ai vraiment apprécié à le relire une fois la modération parfaite
merci Christian pour ce partage et de son contenu émotionnel
amicalement
Oliver

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