Juin 17 2019

Vies parallèles Cath Lefebvre

Vies parallèles, ouvrez vos ailes !
Sur d’autres cieux, pour que nos yeux
Puissent entrevoir notre beauté
Par nos âmes entrelacées.
Que le vent apporte la gaieté
Et le goût de nos larmes salées.
Que la pluie laisse glisser
Un doux parfum à fleur de peau
Sur notre cœur éploré.
Que la mer amène un bateau
Jusqu’à la rive d’un nouveau ciel,
Que les nuages puissent transposer
Nos rêves vers un arc-en-ciel
Et que le soleil inonde
De lumière, nos ombres.

© Cath Lefebvre

 

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Juin 17 2019

le viol – Laetitia Cavagni

Il faisait sombre

Elle tentait d’échapper

À toutes ces mains sur elle

Juste des ombres

Menaçantes et enfiévrées

S’acharnant comme un appel

Elle a dit non

Elle s’est levée

Elle qui était à genoux

Un pénis dans la bouche

Un autre dans son vagin

Il l’a retenu Reprenons

Mais elle s’est extirpée

Elle qui était en-dessous

Un sexe qui la pousse

Un autre qui déploie de grands moyens

Elle vous a dit non

Elle s’est relevée

Il s’est érigé

L’a bousculé

Elle s’est presque évadée

L’un est part

Criant contre cette pute

Qu’il payait pourtant

L’autre l’a suivi

Toujours en rut

Il allait la mater cette enfant

Une porte claqua

Celle donnant sur l’extérieur

Une autre se ferma

Un son destructeur

Au début son enjôleur

Il n’était pas beau

Petit comme un pourceau

Mais il était fort

Il la protégeait soi-disant contre des porcs

Elle n’avait jamais vu

Jamais perçu

Que de sa fragilité il se servait

Que de son corps il se jouait

Il se jouait de sa jeunesse

De ses faiblesses

Elle tente de se souvenir

Elle tente d’y revenir

Mais il n’y a que cette obscurité

Lorsqu’il la jette sur son lit

Sa colère déchainée

Envahit par ses envies

Un homme

Un mâle

Il l’assomme

Elle a mal

Il serre ses mains

Au-dessus de sa tête

Il est costaud c’est certain

Il l’étrangle de son autre main

Il s’entête

Il la force

La pénètre

La viole

Il s’appuie sur sa gorge

La crève

La vole

Elle ne bouge plus

Combien de temps

Long court en arrière en avant

Il a conclu

Les images sont vives

Les souvenirs sont flous

Elle ne voyait plus la rive

Elle était face à un fou

Juste se rhabiller

Où étaient ses vêtements

Juste s’exfiltrer

Elle n’en peut plus de ses halètements

Viens je te raccompagne

Viens dans ma voiture

Pourvu qu’ensuite il s’éloigne

Elle monte avec cette ordure

Il est toujours en colère

Il se sent humilié

Mais il dit je le tolère

Tu feras mieux la prochaine fois

Il est si énervé

Elle n’a plus de voix

Vite vite

Rentrer

Please please

Assez

Et après

Oublier

Et après

Se lever

Y aller

Chaque matin

Se réveiller

Sans être une catin

Elle voyait de l’amour

Là où il ramassait de l’argent

Elle voyait du glamour

Là où il n’était qu’un marchand

Et ensuite

Elle a prit la fuite

Des milliers de kilomètres

Oublier ne pas se reconnaître

Et vivre

Vivre dans cette peur

Devenir une proie

Va-t-il la poursuivre

Elle ne voit que des leurres

Se retourner à chaque endroit

N’avoir jamais été humaine

Avoir été une aubaine

Pour cet homme

Pressée à son maximum

De la baise

Du fric

Mais chut chut

Elle ne sait rien

Rester un fin stratège

Lui créer un monde féérique

Alors chut chut

Elle ne voit rien

Ma jolie pute malgré elle

20.05.2019

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Juin 17 2019

À Petits Pas – Richard Dufour

                               À Petits Pas

Des poèmes de tous les jours, des poèmes d’amour.

Des poèmes, en toute simplicité, déposés avec mon cœur accroché.

À Petits Pas,

Tout doucement. À petits pas. J’avance. Je me concentre. Je fais en sorte que le poids de mes pieds soit léger.

Tout doucement. Au ralenti. Je descends. Je me concentre. Aucun bruit. Pourvu que l’escalier ne craque pas.

Je marche sur des œufs. A tâtons. J’imite, comme je peux, le papillon. J’essaie d’être aérien, moi le Terrien.

Je suis en bas. Ce matin est beau et doux.

Tout doucement, les bras chargés d’un café, je reprends l’escalier. À pas de chat, j’avance et entre.

L’odeur est forte. Elle ne se réveille pas. Je me glisse à nouveau dans les draps.

Elle pose sa main sur moi, d’un geste délicat.

Les Cahiers,

Chez moi il y a des cahiers

Des cahiers de brouillon

Des cahiers à spirales

Des cahiers à musique

Des cahiers de chansons

Des cahiers à feuilles blanches

Des cahiers de notes

Des cahiers à dessins

Des cahiers à carreaux

Des cahiers à rectangles

Des cahiers en accordéon…

Il y a tant. Milles et uns cahiers entassés les uns sur les autres. J’ai décidé de les escalader.

Armé d’une corde, de piolets, de mousquetons, je commence l’ascension.

C’est une drôle d’impression de grimper une pile de cahiers. Je me sers des plus grands comme des barreaux d’une échelle.

J’aperçois des phrases griffonnées puis laissées. C’est une drôle d’impression de monter à l’envers. Certains ont des pages cornées. Je continue de monter.

D’autres ont des feuilles arrachées. C’est une drôle d’impression de grimper vers son passé. Au fur et à mesure de ma montée vers Hier, je redécouvre des moments égarés.

Sur celui-là il y a des ronds de tracer. Je devais rêver.

Puis je me mets à pleurer. Sur ce cahier ci mes enfants ont dessiné des cœurs et noté : «  nous t’aimons papa adoré ».     J’avais oublié.

Très vite je descends d’Hier.

Je vais leur téléphoner.

La pièce dérobée,

Dans ma maison il y a une pièce. Une pièce cachée.

Pas une pièce de monnaie. Non !

Un espace bien présent mais secret.

Je l’ai confié à mon voisin. Il m’a regardé, étonné.

Je l’ai surpris le jour dernier, comme je l’avais invité. Il cherchait.

Extérieurement, rien ne laisse deviner. Intérieurement, tout semble bien délimiter. Une cuisine, un séjour, une salle à manger. À l’étage, trois chambres et un endroit pour se baigner.

Pas de trappe. Pas de cave. Pas de grenier. Où peut-elle bien se cacher ?

Dans ma maison il y a une pièce. Une pièce dérobée.

C’est un jardin secret où j’aime me réfugier.

C’est une bulle de poésie où j’aime me prélasser.

Un espace rien qu’à moi qui me permet de rêver.

La lessive,

C’est une astuce de grand-mère. Un tour que m’a donné une vieille personne il y a quelques années.

Les couleurs de la vie sont intensément jolies, qu’il faut pour les garder pouvoir sélectionner. Pour que les couleurs restent belles, ne pas tout mélanger et savoir isoler :

Les grincheux, les fâcheux, ceux qui sont hargneux. Les râleurs, les moqueurs, ceux qui parlent de malheur. Les critiques, les moustiques, tous les trucs qui piquent. Les grognons, les cochons, ceux qui ne sentent pas bon.

Le linge trié, je regarde autour de moi. Il ne reste que des êtres épatants, éclatants de joie.

Le poème de ma Vie,

On se fâche parfois. On s’embrasse tendrement.

On discute, on échange. On se dispute également.

Chaque matin, chaque soir, elle est à côté de moi.

Elle n’est pas toujours d’accord. Je la réchauffe quand elle a froid.

Elle connaît tous mes défauts et mes quelques qualités.

Je connais ses petits maux, toute sa sincérité.

Mais malgré les années, nos quatre vérités, des insultes pardonnées, des départs précipités.

Malgré le temps qui passe et ses contrariétés. Malgré nos désaccords et quelques méchancetés.

Certains autours de nous peuvent peut-être en douter.

Comme des racines ancrées en chacune de mes veines. Une sève qui s’écoule partout dans mon sang.

Elle est ma vie.

Ma destinée.

« Il faut qu’on se parle »

C’est ainsi que ma nièce a séduit son mari.

Une phrase jetée après des regards échangés.

Une phrase puissante. Plus qu’une simple amitié.

Un titre qui en dit long sur toutes ses intentions.

Lui, subjugué. Les dés étaient joués.

« Il faut qu’on se parle » l’avait totalement transporté.

Tout de suite il a su que ça allait durer.

« Il faut qu’on se parle » ne se conjugue pas au passé.

Maintenant ils sont mariés.

« Il faut qu’on se parle » c’est désormais leur journalier.

« Grâce à soi »,

Je n’ai pas toujours consacré le temps que j’aurais dû.

Je me suis laissé tenter parfois par des envies coupables.

Par manque de ténacité, j’ai laissé tomber.

Tout n’est pas réussi.

Quelquefois maladroit, il m’a fallu du temps, de l’énergie, du courage.

Faire certains choix. Faciles ou pas.

Mais je suis content de ce que j’ai bâti.

Tout n’est pas réussi.

C’est une locution qui n’existe pas. Pourtant « grâce à soi »ont fait bien des choses.

Je n’ai pas à rougir de ce que je suis.

Je suis heureux de ce que j’ai construit.

L’autre moi,

C’est ma boulangère qui m’a alerté la première :

«  Il y a dans la ville quelqu’un de semblable à vous »

Un ami, croisé au supermarché m’en a aussi parlé :

« Une réplique, un peu plus jeune »

Une connaissance m’a dit qu’il m’a vu, jeudi dernier, en pleine après-midi dans la ville d’à côté.

Qui est donc celui qui me ressemble ?

Le plus insolite dit mon voisin :

«  Ce sont ses vêtements, identiques aux tiens »

Un collègue de travail me l’a aussi répété :

« Des lunettes pareilles, la même façon de marcher »

Quelqu’un que je connais me la raconter :

«  J’ai cru que c’était vous qui déambulé »

Qui est donc ce sosie, ce jumeau parfait ? Cherche-t-on à voler mon identité ?

Avec toutes ces indications, je l’ai vite démasqué.

Les années qui passent, je ne peux le nier. C’est vrai qu’il me ressemble, mon garçon adoré.

Le «  pestacle »

Je me souviens très bien de cette belle soirée.

Sans vraiment connaitre sa durée, nous étions invités à une représentation.

Une unique soirée. Pas annoncée. Pas de publicité. Aucun journaliste invité.

Aucun prix à payer. C’est toujours ça de pris.

Deux places nous étaient réservées. Deux places confortables dans notre canapé.

Les enfants riaient. Ils se préparaient.

Je vois encore ma dernière se précipiter et se mettre à crier :

« Le pestacle va commencer ! »

Tous les trois déguisés, ils se mirent à chanter, à danser une chorégraphie trop peu répétée.

Quelques minutes de bonheur, de rires triomphants, de chauds applaudissements, de rafales de baisers.

J’ai connu depuis d’autres spectacles. Toujours spontanés. Rien n’a été filmé.

Des moments de joie, de rires partagés. Un Instant de Paradis.

Pour rien au monde j’aurais vendu ma place. Jamais je n’ai souhaité être remboursé.

Maintenant que le temps a passé.

Je donnerais cher pour entendre encore crier : «  le pestacle va commencer !»

L’accord,

Je me suis longtemps demandé à quel Temps je vivais. Désormais je le sais je vis à l’Imparfait

Ni le Passé Simple ni le Passé Composé et encore moins le Plus-que-parfait.

Ce moment du Passé juste avant Aujourd’hui, qui est achevé sans être tout à fait fini.

Je vis en réflexion dans un monde Présent .C’est comme ci je n’atteints pas d’être Maintenant.

Une lacune de l’Instant. Un manque Actuel

Un oubli du Moment, une imperfection du Réel.

Désormais je le sais je suis Imparfait.

Le code secret,

Douzième

Neuvième

Deuxième

Cinquième

Dix-huitième

Vingtième

Cinquième ……é

C’est un code facile pour un mot important.

Et pour ceux qui ne l’ont pas deviné, il s’agit des lettres de l’alphabet.

Le potager,

Ces derniers temps je néglige mes cultures. Un coup de jeune n’est pas une gageure.

Les poireaux phasent sur des pissenlits.

Les salades ont des vues sur les radis.

Les tomates se donnent des uppercuts.

Le pied de rhubarbe, lui, est glow up.

Les courgettes semblent me faire la tête.

Ca crush entre le thym et la ciboulette.

Quelle genance ! Je n’attends pas.

En deuspi j’arrange mes plantations. Je mets sur le téco ce qui n’est pas bon. Ca manque cruellement d’eau dans mon potager. Je dois installer dans le turfu un robinet.

Le jargon de mes ados est un peu compliqué. J’espère avec ces mots, une culture intercalaire et un peu de nouveauté.

L’impact,

C’est un espace où j’adore amerrir.

C’est une piste où j’aime atterrir.

Comme un exilé qui embrasse la terre natale

Depuis ma tour je guette cette destination finale.

Il est parfois coloré de rouges éclatants, de carmins ondoyants, de roses étourdissants.

Quand mes lèvres se posent à cet endroit précis, mon esprit me dit : en Corps aussi.

C’est un lieu que je vise chaque jour.

L’Arc de Cupidon me garantit l’amour.

Contemplation,

Assis au bord du Temps, je le regarde passer.

Le cargo, au loin, ne semble pas avancer.

Un goéland glisse dans le lit du vent.

Les coccinelles près de moi m’invitent à les compter.

Tout respire lenteur.

Assis au bord du Temps, je le regarde flotter.

Le soleil semble s’être arrêté.

Le cargo au loin n’a pas beaucoup avancé.

La course des oiseaux est affectionnée.

Le flot des vagues se fait avec douceur.

Assis au bord du Temps, je le regarde bercer.

Des rayons ardents sont là pour me réchauffer.

Le cargo au loin semble avoir stoppé.

J’admire l’océan dans toute sa beauté.

Tout est bonheur.

Je regarde ma montre et il est 18 heures.

Cela fait trois heures que je l’avais oublié.

Je quitte la falaise avec quelques regrets.

Des rêveries en poche, il faut maintenant rentrer.

Le Temps reprend dans toute sa grandeur.

Attends,

La porte est entrouverte. Ce soir ma fille ainée va rejoindre son fiancé. Elle est devant moi, prête à partir.

Oh, je t’en prie, ne t’enfuis pas trop vite. Je ne suis pas pressé. Attends.

Fais un pas en arrière. Reviens vers mon besoin.

Tu peux venir sur mes genoux comme quand tu étais petite. Je te raconterais des histoires comme quand tu étais enfant. Tes livres préférés, je les ai tous gardés. Attends.

Elle est devant moi, prête à partir.

Je ne parviens pas à la toucher. C’est une jeune femme maintenant. Attends. Je veux encore te porter dans les bras.

Je n’ose rien dire. Le cœur étranglé. Je n’ose rien faire.

Elle s’en va.

Fête en l’Air,

Moi, par Voix je suis en Chant té.

Des Paroles résonnent dans ma tête légère.

Une Chanson atmosphérique commence à ronronner.

Sans explication je me mets à Fredonner.

Un Tube dépassé, de la Bonne Fréquence.

Des aéros Sons entendus à la Radio

Une Mélodie récente, une Rengaine d’enfance.

Un Air de famille, un texte dans le Vent.

Des Musiques courtes, des Clés élastiques.

Des Notes qui sonnent de manière arti’Disque.

Un Rossignol interne qui donne des ailes.

À un Refrain entendu seulement au matin.

De la Bonne Humeur Vocale, un Orchestre solitaire.

Des La La La intimes, des Pom Pom Pom lunaires.

Un boomerang de Fa Sol Majeur, une Partition particulière.

Oui, par Voix je suis en Chant té.

La rencontre,

C’était un jour de mélancolie. Assis sur un banc, c’était l’après-midi. Puis tout à coup ils sont arrivés : les parents, les enfants. La sieste était terminée.

Très vite le parc se mit à vibrer. Toute une vie se mit à bouger.

Là, des empereurs géographiaient des centimètres carrés de gravier.

Ici, des impératrices tentaient d’escalader des animaux sur ressort déguisés.

Des jeux, faits comme il faut, résistaient de leur mieux aux multiples assauts.

Des parents épiaient leur progéniture quand celle-ci s’en allait en villégiature.

Plus loin des ballons étaient échangés.

Une file se constituait près de l’unique toboggan de ce jardin clôturé.

Puis elle est arrivée. Elle s’est approchée. Enlevant sa tétine, elle m’a regardé et m’offrant un grand sourire d’une unique dent de lait, elle s’en est allée.

Ma mélancolie enfuit, je suis reparti.

Ah ! Les grands de cette terre peuvent tonitruer, tambouriner, faire du vent. Rien n’est plus important au monde que le sourire des enfants.

Rêve,

Une de mes connaissances, Mr Sélénite est un architecte peu ordinaire. Sa maison est pleine de singularités.

Pas de Porte d’Entrée mais une Porte de Sortie où tintinnabulent des rêveries.

Toutes les pièces sont à l’envers. La Cave à l’étage, le Grenier au rez-de-chaussée.

Un Couloir biscornu mène à une Cuisine Légère dont les meubles sont attachés pour ne pas s’envoler.

À côté, un Séjour à l’Etrangeté.

Le Plancher est en Voute ant, les Murs a Treille ant.

Des Fenêtres en cr’Oisillons pour entendre les pinsons.

Un Corridor superflu conduit à un Salon de Conversations avec une cheminée Sauf-conduit si nécessité d’évasion.

Il y a d’autres excentricités :

Un espalier jamais-vu emmène dans une Chambre Claire. Là où dort le propriétaire.

Une Salle des Pas cifique pour y prendre le bain. Des Cabinets Hors du Commun en cas de besoin.

Un meuble en contre-pied pour y ranger les souliers.

Sur le toit des panneaux extras solaires

Tout y est saugrenu.

C’est vraiment un endroit extraordinaire. J’aime y être invité.

Les fautes d’orthographe,

Au lieu de téléphoner et perdre son temps, il faut s’occuper ou alors réviser.

Mais comment en vouloir à celle ou celui qui écrit :

« je t’me de tt mon cœur »

C’est une occupation jolie d’écrire des mots gentils.

« je te fé de gros bizous »

Ecrire en abrégé. Mal orthographié.

Est-ce une faute d’écrire un mot d’amour ?

La main,

Elle marche à côté de moi.

Enervée, agacée par quelque chose qu’elle n’a pas souhaité

Elle refuse de me donner la main.

D’un coup je suis désemparé.

Nous avançons l’un à côté de l’autre sans parler.

Ma paume ouverte serre un vent froid.

Tenir tes doigts représente tout pour moi : notre histoire, ce que l’on est.

C’est ce que je voulais quand je j’ai rencontré.

C’est ce que l’on a fait quand je t’ai épousé.

Tends ta main vers moi, s’il te plait.

Permet moi de la toucher.

Je suis désespéré. Je continue d’avancer. Les phalanges tétanisées. Quelques pas.

Je sens quelque chose s’approcher de moi.

Un battement de cil,

Des poches. Des paupières fatiguées et des sourcils chiffonnés. Son regard qui s’est durci en quelques heures

Les yeux rougis par les pleurs.

Elle se maquille.

La vie est plus belle en l’eye-liner.

Je t’aime,

Comme un naufragé au milieu de l’océan, j’ai fini par toucher la terre d’Amour. Une terre où ruisselle mon cœur maintenant. Un amour qui rime avec tous les jours.

La nature y est pleine de baisers. Tout ce qui existe est tourné vers toi. La matière est habitée, constituée d’ »Etre avec toi »

Mais mon amour est plus que passionnel. Il est devenu Loi Universelle. Un Monde où prolifère un bonheur surnaturel.

Rien désormais ne peut le stopper. Il est l’essence même d’exister. Le Temps non plus ne peut l’arrêter.

Car si tout venait à se taire, on l’entendrait encore vibrer, un fluide venu de galaxies lointaines, continuant à parcourir l’Univers. Mon amour pour toi ne s’éteindra jamais.

Assez,

Je suis là. Tout discute autour de moi. Chacun raconte, certains demandent. Un aller venu incessant de vie. On s’intéresse à moi et pourtant.

Parfois à ce moment là, je voudrais une parenthèse insonore. Un instant où chacun évolue en cinéma muet. Une période de paix.

M’autoriser une absence locale tout en étant physiquement là. Une halte temporaire dans tout ce brouhaha.

Excédé par ce tout qui n’est responsable de rien. Le souhait d’une respiration salutaire pour se reprendre en bien.

Désuet,

J’aime faire des mots fléchés. C’est un passe-temps qui me plait.

J’aime prendre de l’avance pour continuer ceux des magazines abandonnés dans les salles d’attente.

C’est dans cette humeur que j’entre chez mon coiffeur avant l’heure. Un nouveau salon inauguré quelques jours plus tôt.

Une décoration soignée, un fauteuil confortable m’attendent dans un coin du local commercial.

Un stylo dans la poche je regarde en vain, à droite à gauche : pas un seul périodique, aucune revue à prendre en main.

J’interroge ?

C’est la faute des smartphones, des téléphones mobiles   s’il n’y a plus dans ce salon aucun magazine.

«  À quoi bon dépenser du papier quand chacun préfère regarder son écran particulier. »

Le monde change. Mais moi parfois, je préfère être un peu désuet.

Peiné,

Un nuage est venu dans ma vie ensoleillée.

Un jour que l’on souhaite ne jamais arriver.

Un jour d’impuissance, de cœur cassé.

Un jour de pluie même quand le soleil brille à midi.

Je relève mon col et je m’en vais. Dans le cimetière se termine un au revoir attristé.

Raison,

Dans ma rue habite un drôle de couturier. Un modiste du papier. Un costumier des lettres.

Muni de deux grandes épingles a tricot qu’il trempe dans des encriers, il habille de belles robes les lettres de l’alphabet.

C’est son métier. Il fait des croquis, il dessine des vêtements pour vêtir les lettres et constituer des mots élégants.

Pour écrire de belles choses il faut des syllabes agréables, des lettres arrangées par un grand couturier.

Au fond de la boutique il y a son atelier. C’est là que j’ai trouvé un ouvrage secret.

Des tas de mots empilés. Des mots croisés, des mots mêlés. Des mots pas ordinaires, des mots à l’envers, des mots de travers. Des jeux de mots infinis. La peur ne pas avoir assez de feuilles blanches. La peur de ne pas avoir écrit.

Les mots sont sa folie.

Au restaurant,

Dans le Menu du Jour il y a de l’amour. Mais comme on ne peut pas vivre que d’amour et d’eau fraîche, il y a aussi des raviolis.

Des baisers sont cachés dans le Buffet des Entrées.

Et sur le comptoir en partant il y a des bisous dans les Roudoudous.

Si Aimer cesse d’être répéter alors c’est l’Humanité qui cesse d’exister.

Epanadiplose :

Aimer c’est une douceur car rien n’est plus doux que de se sentir Aimer.

Aimer c’est un firmament doré car la finalité de la vie c’est d’aller vers Aimer.

Aimer c’est de l’éternité car le temps ne compte pas quand il s’agit d’Aimer.

Aimer c’est le verbe parfait car rien n’est plus grand que de T’Aimer.

Et quand j’aurais usé tous les mots de cette terre pour te parler d’amour, j’irais en chercher d’autres dans l’univers pour que T’Aimer rime avec toujours.

 

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Juin 17 2019

Le vacher et le berger – Christian Satgé

Petite fable affable
 
Revenus de leur prés, fort loin de leur village,
Un jeune vacher disputait à un berger
Le droit d’être fier de son office par l’âge,
De prime, mais aussi parce qu’il ménageait
Vile piétaille grouillante et suintante
Et non nobles et forts bestiaux dont la chair
Nourrirait le seigneur du lieu. Irritantes
Raisons qui justifiaient qu’il prenne de grands airs.
 
Et le vacher ajouta, sûr de son affaire :
« Car on aura beau dire et faire avec broutards
On gagne autant à les garder qu’à s’en défaire,
Ne valant pas tripette sauf pour plèbe ou routard !
 
– Vraiment ?!… Moi je n’appête guère à pécunes
Que je ne verrai mie : mon maître, comme le tien,
Profite de sueurs, sans vergogne aucune,
Qui lui coûtent peu et gardera serré son dû. Chrétien
Sait que charité bien ordonnée commence…
Et cela en château, en chaumière ou manse.
 
– Tu as bon bec, comme fille d’étable. Mais, fi,
Moi, je vais seul sans que partout ne m’accompagne
Un chien, pour faire un ouvrage auquel je suffis,
Mangeant la moitié des sols que je gagne !
 
– Mon fidèle Médor m’évite de m’aigrir 
Sur mon triste sort et vaut bien d’aucuns hommes
Venant sans fin, dans mon labeur, me secourir.
 
– Tu resteras les pieds crottés, comme pomme
Que je sais, à raisonner comme nos vieux !
 
– J’en serai heureux, Bouseux, si je ne me paonne
Jamais de ce que le Hasard ou, au mieux
Un Autre, m’a fait ce que je suis ni si, âne
Parmi les ânes, je ne mets plus bas que boue
Qui vit com’ moi mais se voit, plus que je, debout. »
 
© Christian Satgé – décembre 2018
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Juin 17 2019

Il a voulu me prévenir ….- Ilef Smaoui

Il a voulu me prévenir qu’il sera le dernier beau souvenir…….

Août deux mille dix-huit était très agité
On dirait qu’il s’est précipité d’nous quitter
Ou voulait-il m’dire c’est le dernier été
Où tu sentiras gaité avec ta fille à tes côtés

Il a apporté tant de noirs orages si dangereux
On dirait que cet Août était malheureux 
Ou voulait-il crier c’est ton dernier été heureux
Le prochain sans ta princesse sera affreux

Août deux mille dix-huit a gâché mes vacances
On dirait qu’il me préparait à baisser la lance
Ou voulait-il me dire c’est votre dernière danse
Y’aura pas une autre tu n’auras plus cette chance

Cet Août à HAMMAMET a failli m’tuer me noyer
On dirait qu’il laissait le vrai chagrin m’foudroyer
Ou voulait-il hurler qu’il sera le dernier à festoyer
Car durant les Aoûts à venir mon cœur sera broyé

Il a même transformé fin de fête en tempête
On dirait qu’il savait que ma joie serait muette
Ou voulait-il battre tambour et trompette
Pour m’annoncer que c’est le dernier Août avec ma fillette

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Juin 17 2019

Le Passé Blanc – Dorian Bilquart

Le passé est un temps que certains souhaitent revivre,
Tant de choses, tant d’événements que l’on soit effacer,
L’absence, le départ, l’approche de la mort, tout cela nous ivre,
Parfois j’aimerais sauver toutes ces âmes perdues, j’ai tant de regrets.

J’aurais aimé voir Gainsbourg poser son pastis et ses gitanes.
J’aurais été voir Brel, lui dire de se reposer et de stopper l’aéroplane.
J’aurais été dire à berger de ne surtout pas jouer au tennis.
J’aurais aimé dire à Balavoine de quitter l’hélico avant qu’il ne ternisse.

J’aurais été dire à Coluche de se méfier et de prendre un bus.
J’aurais aimé dire à Bourvil de ne monter sur aucun vélo.
J’aurais aimé voir de Funès vaincre son troisième infarctus.
J’aurais été voir Devos, lui dire qu’il cesse ses jeux de mots et reste au chaud.

J’aurais aimé voir Brassens ne pas casser sa pipe.
J’aurais aimé dire à Cloclo de lutter et donc de ne pas toucher l’ampoule.

J’aurais été voir Dalida, la soutenir dans cette vie qui la chamboule.
J’aurais été dire à Piaf de ne rien regretter elle et son équipe.

 

DB

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Juin 16 2019

Nos hiers vus d’aujourd’hui – Christian Satgé

Au bon temps de nos folles avoines
Nos amours n’étaient que blé en herbe
Instants volés et moments idoines
Pour faire fleurir nos cœur superbes
Soudain pour les étoiles cueillir
Leur lueur fragile recueillir
Pour supplanter le vain en verbe

Au temps de l’herbe folle des sens
Aux printemps des sentiments des vertes
Années où vivaient à contresens
Tous « les autres » on allait alertes
Fretin fretailler quand jà la nuit
Se promenait pour chercher fortune
Ou courir dans l’ombre d’autres lunes
Et nous laisser seuls tromper l’ennui

C’était l’avril de nos amours où tendres
Nous dévidions le fil fou d’un temps
Où on pense inutile d’attendre
Où tout est frémissant palpitant
Nous ne savions pas qu’il condamne
Ces baisers qu’on ne laissait dormir
Ces frissons qui ne peuvent calmir
À devenir regrets en lianes

Mes mots renouent là avec ce temps
Mais l’hiver jà sème son haleine
De souvenirs usés inconstants
Sur nos vies devenues mornes plaines
Nos cœurs se glacent à leur candeur
Qu’accrochent les griffes de l’oubli
Que givrent des vouloirs affaiblis
Que gèlent des pouvoirs sans grandeur

© Christian Satgé – décembre 2018

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Juin 16 2019

Hommage à tous les papas – Fattoum Abidi

Hommage à tous les papas

 

Hommage à tous les papas

Du monde vient féliciter

Les pères de la ronde.

Ils ont donné la vie

À tous les enfants de la terre,

Ils ont travaillé pour nourrir les bouches,

Ont inculqué des valeurs qui font mouche,

Ont étouffé les maux farouches.

 

Ô ! Pères du monde

Bonne fête

Ne vous en faites

Pas, on pense à vos besognes vedette,

Vos nobles vertus

Sont inculquées dans nos mémoires,

Emmagasinées dans nos cœurs,

On vous aime tant.

 

Ô ! Pères du monde

Vous êtes nos lumières,

Vous êtes nos savoirs,

Vous êtes notre être,

Vous êtes notre paraître,

Vous êtes la source de la vie,

Vous êtes dans nos trames,

Vous  êtes nos âmes lumière.

 

© Fattoum Abidi – 16.6. 2019

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Juin 16 2019

L’Alliance des Pélicans Sans Ailes – Broken KA

Si un idiot te bassine
Et ressert son étreinte
Si une piaillerie divine
Vient te parler des Saintes

Fais appel à l’Alliance
Des Pélicans Sans Ailes
Ne fais pas de résistance
Et rejoins l’Archipel

Tu seras l’ivresse et son substrat abrasif
Tu seras ma cirrhose et mon remède palliatif

Flèches de fer, cibles arbitraires
Faciès austères, rires éphémères
Flèches d’argiles, artilleurs fébriles
Liesse infantile, stratégie en péril

Tu as prié en hébreux
Pour troubler l’indigène
Tu t’es montré injurieux
En modifiant la Cène

Tu n’as pas dessiné Dieu
Illuminant l’éden
Car ils sont tombés amoureux
D’une forme inhumaine

Tu seras l’ivresse et son substrat abrasif
Tu seras ma cirrhose et mon remède palliatif

Flèches de fer, cibles arbitraires
Faciès austères, rires éphémères
Flèches d’argiles, artilleurs fébriles
Liesse infantile, stratégie en péril

Lustrer, purger ou immoler les thèses infertiles
Ruiner, souiller et scarifier la foule qui défile
Lustrer, purger ou immoler les thèses infertiles
Ruiner, souiller et scarifier la foule qui défile

Flèches de fer, cibles arbitraires
Faciès austères, rires éphémères
Flèches d’argiles, artilleurs fébriles
Liesse infantile, stratégie en péril

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Juin 16 2019

elle est encore malgré tout… – Laetitia Cavagni

Cheveux au vent

Ouverte aux éléments

Mains en sang

Couverte d’excréments

Je l’ai croisé un matin

Elle remontait son pantalon

Elle avait trop bu c’est certain

Les ongles cassés

De trop de compagnons

Fêtes sur la plage

1 2 ou 3

Bienséance qu’elle s’arrache

1 2 ou 3

À plusieurs

Ou à elle seule

À leur hauteur

Rester un puzzle

Rencontres

Relations

Se corrompre

Ou désolation

Proche de ce feu

Elle cherchait une chaleur

Elle a accepté ce jeu

Sans se douter

Alors elle a joué

Ôté ses vêtements

Elle a acceptée d’être baisée

Pour régler son endettement

Sa tête ailleurs

Son corps en bataille

Son âme a-t-elle de la valeur

Et eux font ripaille

Sa peau est une nappe

Ses doigts des entrées

Son vagin une escale

Sa bouche a des effets

D’envies

De désirs

De plaisirs

De soucis

Je l’ai croisé ce matin

J’ai posé

Ma main sur sa joue

Je l’ai apaisé contre moi

Je lui ai dis tu restes jolie

Elle n’a pas sourit

Elle s’est écroulée à genoux

Ses épaules tremblaient

Ses larmes dévalaient

Je l’ai enveloppé

Je l’ai rencontré aimé

Elle s’est endormie

Son chemisier ouvert

Elle avait encore froid

Ses forces ont faibli

Son cœur s’est offert

Elle est morte dans mes bras

Petite femme sans visage

Inconnue

Petite femme sans rivage

Éperdue

J’ai été son attache

Je l’ai veillé

Quelques heures

Avant qu’elle ne trépasse

Je l’ai aimé

Avec douceur

Et sur cette plage

À jamais

Son ancrage

Ravagée

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Juin 15 2019

…Bien avant.. (part A) – Delloly

.

Bien avant que l’aube ne se lève
nous étions les trois frères, assis en cuisine
pour ce petit-déjeuner de l’heure divine
nous en connaissions son privilège
pour ces vingt-deux kilomètres à vélo
que nous devions parcourir assez tôt
Obterre et son étang, devions les surprendre
comme leurs carpes, locataires à prendre ;
aussi se lever tôt décourageant le sommeil
d’une courte nuit, d’un bardas posé la veille
se devait être parfait de son presque
marquant cette vie de jeunesse comme fresque

Bien avant que l’aube ne se lève
vérifiâmes le bardas posé sur vélos
de ses cannes et sacoches et autre sève
à ne jamais rien oublier comme nécessaire,
à ne jamais regretter ce jour telle misère,
à ne pas se poser la raison de se lever sitôt ;
jeunes étions, d’un courage amusant mère
qui, même, ne venant à vélo d’un désespoir
(jamais ne sut en pratiquer, de légende !) 
se levait pour son baiser, si doux de l’espoir,
comme pour se rassurer que point de galère
ne vienne troubler la balade de son Monde

Bien avant que l’aube ne se lève
Armand, Francis et moi-même Olivier
Nous amusâmes contant vers de La Fontaine
de nos souhaits, prévision de l’aubaine
bord de cet étang près d’Obterre, au lever
d’un moment de pêche sorti d’un rêve
d’une balade à vélo de son exploit du temps
tant et tant étudié les jours précédents
un peu redouté du fait de ses côtes aiguisées
pour des ados chantant la douceur et alizés
jusques au moment où partîmes d’Yze à l’heure
sur le doux regard voilé de Mère en demeure

..

Oli ©Bien avant.. (part A)
©(P)12/07/95 … à Francis & Armand, mes frères

(1èr récit de cette histoirecomposé de  5épisodes )

.

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Juin 15 2019

La Vérité vs la Réalité – Christian Satgé

Petite fable affable
La Vérité, la Réalité rivalisaient
Pour avoir primeur et primauté au cœur des Hommes.
La première se sentait fort flouée, lésée
Même, d’être sacrifiée par ces vains gnomes
Qui, à l’ordinaire, se mentent à eux-mêmes autant
Qu’ils leurrent autrui à longueur de temps.
L’autre se disait bafouée, voire insultée
Parce qu’on refusait, las, de la voir en face
Chez ces pommes qui préféraient se colleter
Avec leurs rêves ou leurs chimères, fallaces
Qui les faisaient félices plus que le réel.
Pour eux, hélas, l’idéal étant l’idéel !
Leur triste état le voulant, elles se disputent :
Leur humeur rebelute et leur honneur froissé
Les disposent hélas à une navrante lutte
À mort se peut, pour ne pas – ou plus – s’effacer
Quand il suffirait de montrer ses croupières
À qui veut vous les tailler, l’allure fière.
À dextre, à senestre ce sont buffes baillées
Et soufflets reçus, coups bas et viles ruades
Cambrements et écarts et ce sans louvoyer,
Piétinement, à coups, battements, platissades,…
Devant un adversaire ne craignant pas débours
De temps, ni heurt, ni coup. Non. Bien le rebours !
À tant se botteculer, les duellistes
Se discréditèrent et faillant tout autant
À se départager tombèrent, comme kystes,
Dans un ce monde existant depuis longtemps
Où survivent des mots au sens perdu qu’on encense :
On y tient tous ceux que, las, l’on ne veut plus voir
Et ceux qu’on aurait préféré ne pas savoir
Se satisfaisant de leur seule connaissance !
© Christian Satgé – Décembre 2018
2+

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Juin 15 2019

Cueillez le temps les instants … – Ilef Smaoui

Ne soyez pas bref
Prenez plus de temps 
Dans l’astronef
Du sourire si content

.

Ne mettez jamais joie en bouteille
Elle a un délai très court 
Buvez –la pour se sentir à merveille
Respirez la paix et l’amour

Chérissez vos enfants
Chérissez vos parents
Flamboyez vos lumières à fond
Gardez vos cœurs transparents

Le temps n’appartient à personne
Alors aimez tant qu’il y a du temps
Mettez à chaque jour une belle couronne
Plantez sur vos chemins l’beau printemps

Demain appartient à dieu
Aujourd’hui il l’a mis entre vos mains
Remerciez-le avec sourires mélodieux
Multipliez vos gestes humains

Faites-en sorte que chaque jour compte
En l’accueillant comme il se doit 
Pour qu’il laisse un souvenir qui raconte
Que vous avez su cueillir ses joies

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Juin 15 2019

Un an sans Elle – Lawrence Frel

Le jour se lève et révèle ses prometteuses effluves

Le lac soudain apparait, soulevant quelque brume
L’eau est calme aujourd’hui et avec le ciel tellement accordés
Un pêcheur en barque au loin élance sa canne affamée
Vers le large sombre humide qui regorge de mystères
Je regarde assommé ce paisible tableau clair

Je repense au passé quand je voyais avec Nadja
Cette même scène paisible, là où tout commença
Avec cet amour si fort qui nous rendaient si dépendants
Inondés tous les deux de son fort parfum grisant
Nous sortions alors, d’une longue nuit d’amour
Comme toujours épanouis souriants et heureux

Aujourd’hui ce tableau sous mes yeux  tellement beau

A d’autres malheureux, à d’autres gens normaux

Ravive en moi cette torpeur perpétuelle
Cette tristesse que je pense éternelle

Inlassablement ,
Je suis tellement triste sans elle

Lawrence Frel

3+

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Juin 15 2019

Rose des sables – Gojif Fouad – Poète fou.

Inspire-moi un début de poème.
Pour que la rose trouve son eau fraîche,
Si la nuit sans lumière est un problème,

L’amour dans le désert se prêche.
Voilà pourquoi on se promène,
Main dans la main, rien ne m’en empêche,

Face au mal, c’est bien là paix qui l’emmène,.
Je t’aime alors allumes la mèche.
Il faut suivre l’étoile dans le ciel.

Je suis libre et s’ouvre en mon cœur une brèche.
À force du soleil l’abeille fait son miel
Souffre de soif, j’hydraterai tes lèvres sèches.

67 “Rose des Sables” fou.

 

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Juin 15 2019

Mon âme….- Jeanine Chatelain

Sandrine Bodiguel Peintures.

Mon âme.

Ô mon âme, quand tu t’habilles d’un voile bleu,
Tu colores mon ciel, d’une douce mer qui étale,
Un étendard de rêverie, posé sur une mer fatale,
Où des rochers acérés, saignent le coeur en deux,

À l’horizon de mes pensées, une aurore se lève,
Jaillissant de l’eau trouble, d’une vague intérieure,
Dans la lumière diaphane, d’une mauve couleur,
Où le ciel se reflète, à la basse marée intérieure,

Ô, céleste imaginaire, mon île respire tranquille ,
Parsemée de lapis-lazulis, sur un tulle diaphane,
Tu emmènes mon esprit, vers des rivages calmes,
Loin de ce monde cruel, et de ses guerres serviles,

Arbre de vie, élevant de suaves et divines couleurs,
Aux branches qui s’étalent, près des nuages bleutés,
Dans une aube de rose, que la cime vient toucher,
Près des étoiles d’un songe, à l’ombre du bonheur.

Ô mon âme, quand tu t’habilles d’un voile bleu,
Tu colores mon ciel, d’une douce mer qui étale,
Un étendard de rêverie, posé sur une mer fatale,
Où des rochers acérés, saignent le coeur en deux,

Jeanine Chatelain, le 15 juin 2019.

“Dans ma veste de soie rose
Je déambule morose
………
Peut-être un beau jour voudras-tu
Retrouver avec moi
Les paradis perdus” .

Christophe, les paradis perdus.

 

1+

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Juin 14 2019

Le petit oiseau jovial – Fattoum Abidi

Le petit oiseau jovial

Se perche, sur le journal ,

Valse une sonate rare,

Se bascule comme

Un bébé chétif,

Se dirige vers moi, marche picote.

Mon  âme se réjouit de la présence

 De la magie, auprès  de  la petite

Créature je sirotais

Mon succulent café,

Mes yeux se sont déshabillés,

De leurs lunettes se sont libérés.

 

Mes lunettes de soleil

Ont pris un répit  de repos,

Le sifflement du timide vent

Plaît au cerf-volant,

Circule haut mon oiseau,

Garde ton équilibre, chante la liberté.

 

Mes sourcils ont nagé,

Dans un parfum sauvage

Ont rêvé,

Attrapé une douce brise

D’un lac, l’imaginaire

Se marie avec ses vœux exaucés.

 

© Fattoum Abidi 13.6..2019

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Juin 14 2019

La Fête des Pères – Philippe X

 

 

    Comme autrefois la vérole s’abattait sur le clergé  (maintenant l’emploi du préservatif est indiqué c’est moins risqué ), les commentaires du LOUPZEN ne vont pas tarder à dégringoler.  

   Je crains le pire, qui reste à venir.

   Après ses railleries sur la fête des mères, voici venu le temps des rires méchants,  dans son univers c’est pas toujours le printemps, ne pouvant se contenter de peu, en plus de railler il défouraille.. si vous saviez pourtant ce qu’est la vie du rail !

   C’est un gars curieux, il a une drôle de tête dans laquelle trotte une roulotte ; un jour il repartira sous d’autres cieux. Il a un air malicieux, pourtant il n’ a pas les yeux bleus,  et les seuls  bleus que je lui connaisse, c’est à l’âme et à la boutonnière qu’il les porte.

   La fête des pères…mais Bon Dieu, mais oui mais c’est bien sûr, comme le disait BOURREL (pour les Anciens of course!), le voilà son brûlot.

   C’est sous forme d’une supplique qu’il s’adressa jadis à ses descendants :

« Si vous êtes les fruits dont je suis l’arbre,

Ne passez pas le temps en vaines palabres,

Vous m’avez fait Beau-père ce qui a eu lieu de me plaire,

Qu’attendez-vous alors pour que je sois Grand-père.

   Aussi tôt dit, aussitôt fait… neuf mois après.

   Fêtes des paires, il les enchaîne par deux le vilain, de quoi satisfaire son goût pour la procrastination, de faire au jour d’huis ce qu’il n’ avait pas pu faire les autres jours, être père et papa à la fois.

   Dans sa tanière, traînait dernièrement un manifeste sur la slow-life, tranquille qu’il prophétise le canis, pas trop vite le matin, doucement l’après midi.

   Pour sûr il va nous sortir la fête des « pères lents » je sens venir la vanne.

   Dans son univers, blessé par la défaite d’un père en qui il cherchait un papa, il aura su donner ce que la vie ne lui offrit pas : l’opportunité aux autres de mettre un pas dans les pas d’un père qu’ils ne connaissent pas.

   Bonne fête aux pères présents en cet instant.

 

©Philippe X – 14/06/2019

 

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Juin 14 2019

…Ce Chemin Cévenol – Delloly

Suivre ensemble ce chemin cévenol
au gré de gambades de Roederer
au-dessus des Tourelles
prendre le vent en brise d’un peu d’air
de toutes les senteurs taisant l’émoi
de tous ces chants de cigales
vous annonçant comme étranger parfois
vous irritant de ne les voir fatales
vous reposant les limbes de mots
vous arrêtant le temps loin des maux

Suivre ensemble ce chemin cévenol
d’une Séranne Vous conviant à vous perdre
Ô non pour que nomade ne Vous atteigne
juste d’un soupçon d’abeilles en vol
deveniez un poète aimant la poésie
de tous ses paysages paraissant endormis
d’autant en été sous la chaleur
grisant la nature de son humeur
même au bord d’un ru de son filet d’eau
s’écoulant clair chantant comme l’oiseau

Suivre ensemble ce chemin cévenol
grimper jusques au Monts de la Séranne
au son d’un jappement pavane,
de rires et de mots de ce raffol’
vous poussant à aimer ce côté divin
et sauvage ignorant votre état d’âme
est une invitation douce de lin
à s’asseoir et contempler même pictogramme
Vous conviant à comprendre l’étonnement
de sa légèreté fragile vous épousant

Suivre ensemble ce chemin cévenol
entendre l’appel de l’aigle royal
penser l’apercevoir planant tout là-haut
l’imaginer Nous observer bien sot
à croire que nous sommes des sujets
pouvant d’un égarement concevoir
que de si loin sommes beaux objets
Nous entraîne dans un rire plaisant
à l’écho Nous rappelant au miroir
que point de silence est chemin faisant

Suivre ensemble ce chemin cévenol
l’après-midi à travers sentier secret
connu de Vous d’un souvenir madrigal
et de tous ces toutous aimant gambader
me fait oublier les cigales de la Séranne
se moquant il me semble du pas hésitant
glissant même sur plaques en ardoise
tant le regard aime s’aventurer patient
au fil de brise ariette sonnant l’ivresse
à la contemplation grisant la sagesse…

Suivre ensemble ce chemin cévenol
même tard jusques au coucher de belles ombres
assis auprès de Vous, Roederer et comparses
humant les senteurs de ce moment frugal,
qu’il est bien ténébreux de trépasser
loin de cet impromptu ou rêvasser
à tout baladin s’égarant en Cévennes
ne cherchant que gîte tout en pierres ;
osez vous reposer tout en haut de Séranne,
de son ivresse, gagnerez à ressentir belle âme….

..

Oli ©Ce Chemin cévenol
©(P)16/07/98 … Suba

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Juin 14 2019

Le Photographe – Matteo Scarano

Tu délivres de ton objectif

De ton expert, regard attentif

Cet instant précis, que tu saisis

Et juste, au moment que tu choisis

Tu te confonds, avec ce paysage

T’harmonise avec ce visage

Que tu tends, à vouloir sublimer

Comme si tu étais, l’être aimé

 

Tu fixes, tel le gardien du temps

Le présent, comme un vieux charlatan

Qui voudrait, que tout reste éternel

De la beauté, à l’émotionnel

Tu t’en vas, au gré de l’eau, du vent

Sans cesse, t’en allant de l’avant

Au gré de ton inspiration

T’adonner à la création

 

Tu n’es plus, comme tous ces humains

Qui se préoccupent, de demain

Tu profites, de tous ces instants

Avec l’envie, de fixer le temps

Le léger bruit du clique claque

Rappelant, le rythme cardiaque

Unissant homme et matériel

Entre toi et ce bel appareil

 

 

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