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Août 01 2017

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Mémoires, pages 20 à 21 / 311 par Dominique Capo

De fait, ma chambre a été un des premiers lieux à être plus ou moins complètement aménagé très tôt. Et ce recoin a fait parti de ces améliorations apportées par mon père dès notre arrivée. Et c’est une demi-douzaine d’étagères qu’il y a posé les unes au-dessus des autres. Ces étagères qui ont bientôt été remplies de romans. Et comme je les avais déjà tous dévoré depuis longtemps, ce sont eux que j’ai dégagé pour que mon père puisse y entreposer ceux qu’il portait à bout de bras.

Évidemment, cet événement n’a duré que quelques minutes, tout au plus. Ce n’est pas très long de transporter quelques dizaines d’ouvrages d’une étagère à l’autre ; puis de ranger les nouveaux à leur place. Et j’avoue que, sur l’instant, ces minutes ne se sont révélées qu’anecdotiques pour moi. Une fois alignés, j’y ai jeté un coup d’œil sans y prêter véritablement attention. Du fait que je ne connaissais pas la collection « Folio Junior » malgré mon jeune age, je ne m’y suis pas mesuré. D’un autre coté, comme j’avais toujours une bonne demi-douzaine de titres d’avance entassés à coté de ma table de chevet – c’est d’ailleurs toujours le cas, sauf qu’aujourd’hui, ce n’est plus par demi-douzaines, mais par douzaines -, l’arrivée de ces inédits m’est très vite sorti de la tête. Je suis immédiatement retourné à mes activités quotidiennes après avoir remercié mon père. Et lui est retourné aux siennes qu’étaient le bricolage afin d’améliorer l’état de notre domicile ou le jardinage.

Cette situation a duré plusieurs semaines ou plusieurs mois, je ne sais plus vraiment. Entre le collège et les brimades régulières que j’y subissais, entre les désaccords grandissants de mon père envers ma mère et vice-versa, entre mes jeux d’enfant, seul ou en compagnie de mon benjamin, cet incident s’est effacé de ma mémoire.

Ce n’est que bien plus tard, par hasard, m’apprêtant une énième fois à franchir le pas de ma porte de chambre, que mon regard s’est plus longuement que d’habitude attardé sur eux.

En effet, à chaque fois que je sortais ou que je rentrais, j’étais heureux de contempler fugitivement les étagères de livres que je croisais. Là aussi, aujourd’hui, cette attitude de ma part n’a pas variée comme je l’ai indiqué plus haut. Mais à cette date, ce comportement était beaucoup moins accentué. En tout cas, je prenais plaisir à admirer leurs tranches, leur disposition, la façon dont les différentes collections y étaient étalées. Mes doigts les frôlaient, les caressaient. Car déjà cet objet était, pour moi, symbole de quelque chose de plus grand que moi. Il me fascinait, et m’ouvrait les portes vers des horizons, certes nébuleux, mais riches de promesses.

Cette fois là, je ne sais pas pourquoi – peut-être avais-je deux ou trois minutes à n’avoir aucune occupation en cours ? -, mon regard s’est figé plus longuement qu’à l’accoutumée devant cette série de Folio Junior. J’ai lentement décrypté leurs tranches, me disant qu’ils ne me semblaient pas intéressants. La plupart étaient des récits contemporains, un peu de Science-Fiction aussi. Mais la Science-Fiction ne m’attirait alors pas en littérature. J’aimais énormément le cinéma de Science-Fiction. J’étais un fan de la saga Star Wars, de Star Trek, et de toutes les autres productions hollywoodiennes du même genre. Je visionnais souvent des séries comme « les Envahisseurs », « Galactica », « Buck Rogers », « Cosmos 1999 » ou « la Quatrième Dimension » ; emblématiques du milieu des années quatre-vingt. Par contre, à l’écrit, je ne parvenais pas à appréhender et à imaginer mentalement les visions fantasmagoriques de l’auteur.

A suivre…

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