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Nov 15 2019

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Maître Pierre – Philippe X

Qu’il fait bon chez vous maître Pierre”
Qu’il fait bon dans votre moulin”

    Pierre était le “patron” de la Librairie des Inconnus.

    C’est parce qu’il croyait que nous avions tous, le pouvoir de nous exprimer de façon littéraire, qu’il avait pris les armes pour porter nos exploits ” d’écrivains en devenir” sur les salons des livres.

    Son cheval de bataille le portait à pourfendre les “ronds-de-cuir” qui phagocytaient les circuits permettant à de jeunes auteurs de se faire connaître, sans pour cela passer sous les fourches caudines des majors-littéraires et librairies transformées en « toutous de l’édition ».

    Son infatigable compagne, Francine MUSQUIN a repris le flambeau de cette victoire méritée, c’est ce bien humble hommage que je lui dédie.

    Hommage à un soldat Inconnu… Pas inconnu de tous.

    Remarquez  que  tous  les ans,  une  gerbe    est  déposée au pied de  l’Arc de Triomphe, et  des                 « souvenez-vous » tremblotants sortent des gorges serrées par une émotion pas toujours susceptible  de vous mettre la chair de poule.

    À en croire les hommages rendus, il semblerait que nos chers hommes d’état descendraient, non plus de la cuisse de Jupiter, mais de cet ancêtre « inconnu » dont la simple évocation fait monter les larmes et les trémolos à Charles, Jacques, François, « Eh Manu ! »” Et les autres.

    Les éloges panégyriques, dans le sens péjoratif d’éloges emphatiques ou exagérés, sont monnaie courante dans certains milieux qui affectionnent les utilisateurs de pommades à base de vaseline.

    Mais cet autre inconnu, libraire de son état et anar de cœur de surcroît, devrait avoir la reconnaissance qu’il mérite.
    Je fais allusion au soldat qu’il était… 

    Soldat, avez-vous dit ? Je suis persuadé que le jour du quatorze juillet, le Pierre restait dans son lit douillet, car la musique qui marche au pas cela ne le regardait pas (avec l’aide jubilatoire de G.BRASSENS)… Je fais allusion à ses combats qui le menèrent sur les barricades de l’Édition Littéraire.

    Emboîtant le pas, mais pas cadencé du tout, de ces combattants de la Libre Entreprise, je me ferai tout petit pour apporter ma pierre à son édifice.

    Ne l’ayant jamais rencontré, je l’enorgueillis de ses coups de gueule à la lecture de mes « réflexions » de l’époque.
Il fallait vraiment que j’aie de l’audace et de l’impertinence, pour oser me mesurer à ces écrivains qui firent la réputation de la Librairie des Inconnus.

La bienveillance de Maître Pierre a fait écho à mon insouciance, mais déjà sa retenue et ses absences de jugement de valeurs à l’encontre d’un lascar en herbe (fanée à la vue de mon âge) ont été des « laisser passer » pour  combattre dans le cirque infernal de la pensée exprimée… Mais à vaincre sans péril… (tiens encore un Pierre !).

    Des chemins tous tracés, j’en ai connu ! Mais l’ordre ne consiste pas à suivre un chemin tout tracé, c’est pour moi un comportement face au désordre qui régnait dans ma vie de rimailleur.

    J’ai appris à contrôler ce « désordre » pour afficher mes pensées de Loup pas toujours zen.

    L’ordre est synonyme de droiture, non forcé ni dicté par la société, par une culture, un milieu, ou par la contrainte ou l’obéissance. C’est cette liberté que j’ai trouvée dans cette Librairie.

    J’ai appris et pour moi, ce fut le début d’une action que je compte bien poursuivre, en n’oubliant jamais ce que furent nos premiers échanges avec vous.

    Depuis FRANCINE, des larmes, de l’eau et des embarcations ont coulé sous les ponts…..

    Ô  combien de capitaines, de rimailleurs et de conteurs en herbe,

    Qui avaient l’argent sur la tête ou le menton imberbe,

    Sont partis joyeux pour devenir poètes ou écrivains

    Dans ce morne horizon des maisons d’Édition se sont évanouis

    Combien ont disparu, dure et triste fortune sans une tune,

    Dans une mer sans fond, par une nuit sans lune,

    Étant certains d’avoir écrit comme l’aurait fait un génie

    Et à qui on a révélé qu’ils avaient publié de la merde….

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    ©Philippe X – 15/11/2019

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'' nul n'est prophète en son pays''...c'est pour cette raison que je voyage.
''Convier quelqu’un, c’est se charger de son bonheur pendant tout le temps qu’il est sous notre toit.''...vous êtes mes invités, au banquet de la littérature....

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Simone Gibert
Membre
Simone Gibert

Bonsoir ! Je vous salue pour avoir écrit ce texte dénonciateur, si sincèrement grinçant et mérité ! Vous me donnez-là, l’occasion de remercier chaleureusement, Mr Alain BONATI, sans lequel je resterais la petite bonne femme inculte que je suis, mais qui a le privilège de publier sur ce site ses élucubrations ordinaires. Mes amitiés.

Anne Cailloux
Membre

Bel hommage à ces hommes qui nous permettre de pouvoir coucher nos mots, nous autres inconnus
connu ni des dents ni aigle, Certains connus n’arrivent pas à la cheville de certains inconnues.
Merci à eux , à toutes ces petites maisons d’édition et à vous Philipe.
Anne

OberLenon
Membre
OberLenon

Un texte où vous faites preuve de reconnaissance envers un homme qui en a aidé d’autres à prendre leurs envols littéraires. Cela fait du bien de penser que l’humain prend encore le pas sur l’intérêt dans cette société. Chacun de vos textes nous fait découvrir un petit bout de votre univers. Avec beaucoup de plaisir

ChanTal-C
Modérateur
ChanTal-C

Vos textes sont tous très beaux Philippe, et celui-ci est tellement bien écrit !!!
Vous avez l’art de griffer et d’égratigner, juste ce qu’il faut, ces gens qui s’octroient le droit de décider si vous « méritez » ou pas, d’être publié.
Comme vous l’écrivez avec justesse, ceux-là sont, parfois, souvent… incapables d’écrire eux-mêmes… ou se pensent en « génies » !
Heureusement, il y a ceux qui nous éblouissent, nous réjouissent, en nous offrant le plaisir et la joie de les lire. Vous êtes de ceux-là Philippe.
Merci pour ces partages, contés de « main de Maître… »
Toutes mes amitiés

Chantal

Christian Satgé
Membre

Magnifique hommage et fantastique éloge de tous ceux qui travaillent d’arrache-pied à s’en écorcher les doigts pour trouver une de ces maisons d’éditions qui voudra bien de leurs écrits alors qu’ils ne sont que des sans-nom, des provinciaux, des plébéiens de la plume,… Salut amical d’un écrivant se rêvant lui aussi écrivain.

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