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Juin 18 2017

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Lettre au Grand Orient de France – Dominique Capo

** Exemple de récit publiable par un éditeur si celui-ci n’était pas une lettre.

Monsieur,

Je vous écris sans trop d’espoir. Car je suis conscient que vous êtes une personnalité très sollicitée. Vous êtes, je ne l’oublie pas, le Grand Maitre de l’Orient de France. Pour ma part, je ne suis qu’un anonyme parmi des milliers d’autres qui tentent de vous contacter. Et il est plausible que ce récit ira rejoindre les myriades de lettres non dépouillées.

Vous ne lisez pas tous les courriers qui vous sont adressés, c’est évident : des collaborateurs les parcourent, les filtrent, les archivent. 95 % d’entre eux ne sont donc pas portés à votre connaissance. D’autre part, vous n’avez que très peu de temps à consacrer aux 5 % qui, par miracle, aboutissent entre vos mains. Néanmoins, si minces soient les chance que vous lisiez ce texte, je vous l’expédie tout de même. Puisque de nombreuses semaines m’ont été indispensables pour vous proposer cette centaine de feuillets.

Je me nomme Dominique Capo. Et je suis né le 22 Octobre 1969. Je suis doté d’une hémiplégie partielle du coté droit. Mais jadis, le coté droit de mon corps était totalement paralysé. Longtemps, j’ai pratiqué des séances de kinésithérapie intensive. Aujourd’hui j’ai récupéré un usage partiel des capacités motrices de ma jambe, de mon bras, et de ma main. Une tâche de vin apparaît également sur une fraction de mon visage. Elle agit comme une éponge à l’intérieur de mon crâne. Constituée de myriades de vaisseaux sanguins, elle est rivée à mon cerveau. Et son action provoque parfois de petites crises de convulsion. Je parviens néanmoins à les gérer aisément. Les spécialistes appellent ces troubles « maladie de Sturge-Weber ».

Je mène une existence la plus « normale » possible. Je ne travaille pas, à proprement parler. Mais autrefois, j’ai exercé divers emplois. Les plus déterminants sont ceux que j’ai rempli dans l’Éducation Nationale ou à la Bibliothèque Nationale. Pour autant, mon parcours professionnel a été assez chaotique. Aujourd’hui, je suis écrivain. En tant qu’auteur, mon Art m’aide considérablement. Et il s’apprête à vous éclairer sur les raisons de ma démarche auprès de vous.

Pour moi, lire est une véritable passion. Chaque soir, je lis entre deux à trois heures. D’aussi loin que je me souvienne, j’ai toujours eu un livre à portée de la main. Mes parents ont toujours beaucoup lu. Les différentes habitations qui ont été les nôtres ont constamment recelé des bibliothèques abondement garnies.

La plus récente de nos habitations est un presbytère érigé dans un discret village sarthois. L’édification de sa tour centrale remonte au XVe siècle. Tandis que ses extensions ont essentiellement été assemblées au XIXe siècle. Ce presbytère est gratifié d’une bonne vingtaine de pièces. Et comme nos précédentes résidences, la plupart de ses murs sont habillés de rayonnages où s’amoncellent des milliers de volumes.

Les parois de l’appartement que j’occupe ressemblent amplement à celles de ce presbytère. Ils sont constellés de gradins. Une multitude de collections de livres s’y entasse. Comme j’en achète régulièrement – en début de mois, je visite le site Web de la Fnac pour y scruter l’actualité littéraire -, je suis occasionnellement contraint d’en transférer chez mes parents. Par bonheur, la salle juste à coté de ma chambre là-bas est vacante. Il m’est possible d’y emmagasiner les ouvrages que je ne peux plus conserver chez moi.

Mon père est décédé en 2015 d’un cancer du poumon. Il avait pour coutume de fumer jusqu’à deux paquets de cigarettes par jour. Il a été inspecteur divisionnaire au Ministère de l’Intérieur. Il a appartenu aux Renseignements Généraux. Et sa spécialité a été la surveillance des réseaux terroristes islamistes. C’était entre la fin des années soixante-dix et le milieu des années quatre-vingt-dix. En gros, de la Révolution Islamique en Iran à la vague d’attentats de l’Été 1995.

Il faut l’avouer, les agissements de ces cellules ne faisaient pas encore quotidiennement la une des médias. Toutefois, mon père a, entre autres, initié l’organisation des premiers groupes d’agents destinés à les surveiller. Beaucoup de ses notes concernant leur élaboration ont atterri sur le bureau du ministre de l’Intérieur. A la fin de sa carrière, mon père a aussi présidé des conférences un peu partout en France ; voire, à l’étranger. Elles ont appris aux polices et gendarmeries locales de quelle manière constituer leurs propres cellules de filature ayant pour but de démanteler des filières djihadistes.

Mon père a été doté d’un véritable talent rédactionnel. D’après ceux et celles qui s’intéressent à mes manuscrits, j’en ai sûrement hérité. Tout comme moi, il aimait l’Histoire. Je me souviens qu’il m’en a raconté maints épisodes alors que j’avais une dizaine d’années.

Ma mère, femme au foyer – elle, est toujours de ce monde -, a effectué des études de Droit. Mais, elle a renoncé à toute idée de carrière professionnelle au terme de ses études. Car, peu après ma naissance, ma déficience a surgi brutalement. Et elle a décidé de consacrer toute son énergie à consulter des experts susceptibles de restaurer mon état de santé. Parallèlement, ma sœur est née un an plus tard.

La lignée de mon père a vécu plusieurs générations en Algérie. Et comme beaucoup d’autres, l’exode de 1962 a été un véritable déchirement pour elle. Les mœurs de mon père ont été ceux d’un pied-noir. Il a considéré que le rôle de ma mère devait se borner à l’éducation des enfants. Et que le sien était de pourvoir aux besoins matériels du ménage.

Après la Seconde Guerre Mondiale, les parents de ma mère se sont expatriés au Sénégal une vingtaine d’années. C’était pour le compte d’une multinationale aux ramifications s’étendant à l’ensemble de l’Afrique de l’Ouest. Laquelle était spécialisée dans le forage de gaz, de pétrole, et d’eau. Ils fréquentaient un cercle hippique. Née à Dakar, ma mère y a toujours possédé des chevaux. Elle y participé à des concours équestres. Quand elle est revenu en France, et après avoir épousé mon père, elle a persévéré dans cette discipline.

Il n’est d’ailleurs pas anodin si ma sœur a emprunté cette voie. Celle-ci a suivi un enseignement dans le milieu agricole. Puis, elle a fondé son club équestre. Ma sœur le dirige encore. Et il prospère modestement. Ma mère l’y aide en y dispensant des cours d’équitation, et vérifiant scrupuleusement sa comptabilité.

J’ai brièvement évoqué la scolarité de ma sœur. La mienne a été tout à fait différente. Bébé, puis enfant, j’ai effectué de fréquents séjours à l’hôpital. Les crises de convulsions découlant de mon hémiplégie partielle y ont été analysés. Des médications devant réduire leur fréquence m’ont été prescrites. D’abord de la Dépakine, ensuite du Tégrétol. J’en prends toujours. Il en diminue la fréquence et l’intensité. Des séances de kinésithérapie m’ont été octroyées. Elle m’ont permis de recouvrer l’usage de mes membres. Elles ont aussi eu pour but d’affiner régulières leur dextérité.

En conséquence, ma scolarité a souvent été entrecoupée de mois entiers d’absence. Et elle a été un facteur d’isolement. Elle a aussi été un motif de rejet : j’ai souvent été moqué, humilié. J’ai été traité comme un étranger ou un pestiféré. Mes camarades me grimaçaient. Lorsqu’ils me croisaient, ils s’essuyaient immédiatement le fragment de vêtement qui m’avait frôlé.

Mon cursus en a pâti. Il m’a obligé à me replier sur moi-même. D’autant que durant cette période, des amis, je n’en n’ai eu que très peu. Les livres ont donc été mon seul refuge. Mon cartable en a caché plus d’un. Aux récréations ou dans le bus, je m’asseyais das un coin tranquille. Je m’y plongeais. J’ai dévoré les ouvrages d’Henri Troyat ou d’Alexandre Dumas. J’ai englouti les collections Rouge et Or de ma mère. Et à travers eu, j’ai découvert nombre de classiques.

Pourtant, au départ, j’ai davantage été attiré par la Bande Dessinée que par la littérature. Je rêvais d’en faire mon métier. Je me suis quotidiennement exercé à cet Art. Des heures durant, j’ai reproduis des illustrations d’héroic-fantasy, ou de science fiction. Adolescent, je me souviens en avoir accroché quelques-unes sur le fronton de mon lit.

Mais, à la fin de ma Troisième, mes parents et moi avons rencontré un conseiller d’orientation. Il a estimé que mon handicap était incompatible avec cette profession. Il a insisté sur l’inhabilité de ma main droite. Il m’a fortement « suggéré » de choisir une qualification différente. Et il m’a poussé vers des études d’A.C.C. comme cela était appelé alors – « Administration Commerciale et Comptable ».

Je dois admettre que ce choix s’est avéré être catastrophique. Mon parcours estudiantin en a été profondément altéré. J’ai passé plus de temps à recouvrir mes cahiers d’esquisses qu’à y retranscrire mes cours. Je n’ai que très vaguement écouté mes professeurs. Et je me suis souvent demandé ce que je faisais là. Je n’attendais qu’une chose : les récréations. Me terrer dans mon coin, et me plonger dans le livre qui se mêlait à mes classeurs ou mes cahiers. En fait, je n’aspirais qu’à ces quelques dizaines de minutes de quiétude.

J’y ai également été confronté à de nombreuses désillusions amicales ou amoureuses. Quelle jeune femmes aurait désiré fréquenter un garçon comme moi ? Je n’allais pas en discothèque. Je ne buvais pas d’alcool à outrance. Je ne fumais pas ou ne me droguais pas. Je n’étais pas sportif. Je n’étais pas violent, ni dans mes paroles ni dans mon comportement. Je ne riais pas aux blagues salaces de mes camarades.

J’ai malgré tout essayé de me mêler à mes camarades de classe. Je me suis efforcé de prêter l’oreille à leurs conversations. Effectuant un effort sans précédent, j’ai même organisé quelques « boums » dans le but d’attirer leur attention. Je n’en n’ai récolté qu’échecs cuisants et humiliations. Je me suis aussi enquis de leurs préoccupations. Or, ces dernières me sont vite apparues ineptes, futiles, sans saveur. Je suis donc finalement retourné à mes livres.

Ces années ont, en outre, été douloureuses sur le plan familial. Mes parents se sont séparés dix-huit mois, et pas dans les meilleures conditions : mon père a failli se suicider. Imbibé d’alcool et saturé de médicaments, il a manqué de mettre le feu à notre habitation. Peines et réconciliations n’ont cessé de se succéder. Cris et larmes ont alterné avec récriminations et violences. Je me suis autant senti abandonné et perdu au lycée que chez moi.

J’ai raté mon examen de BEP A.C.C. Puis, j’ai décidé d’arrêter mes études. Je ne savais pas quel serai mon avenir professionnel. A vrai dire, ça ne m’a pas tourmenté.

Durant deux à trois ans qui ont suivi, je n’ai fais que végéter. J’ai travaillé quelques mois par ci par là. Rien de bien sérieux. J’ai enduré plusieurs opérations de chirurgie esthétique. Leur but a été de tenter d’atténuer une fraction substantielle de ma tâche de naissance. Nous n’en étions alors qu’aux balbutiements de ces pratiques. Des ballons ont été placés sous la peau de ma joue et de mon front. Ils ont généré de l’épiderme supplémentaire. Lequel a été utilisé par mon thérapeute pour masquer mon angiome. Hélas, mon visage a dès lors été couturé de cicatrices. Et si, avec le temps, elles se sont édulcorées, elles ne se sont jamais véritablement estompées.

Mon désir de me couper du monde en a été accentué Car ces expériences ont fini de me dégoutter de moi-même.

Puis, en 1991, mes parents ont déménagé. Ils ont émigré de la banlieue parisienne à la Sarthe. Moi, je ne les y ai pas suivi. Leur maison de Seine et Marne tardant à se vendre, je l’ai occupé seul un an. N’y subsistait que ma chambre. Et c’est en 1992 que je me suis installé dans le 19e arrondissement de Paris.

Entre 1992 et 1995, j’ai été Aide-Bibliothécaire au sein de cette noble institution qu’est la Bibliothèque Nationale. Cette expérience a constitué l’un des grands tournants de mon existence.

A ce moment-là, j’envoyais des curriculum vitae un peu partout. J’y ai donc postulé, tout en n’en n’espérant rien. Quelques jours plus tard pourtant, quelqu’un m’a téléphoné pour m’apprendre que ma candidature était retenue.

L’Arsenal, où j’ai été désigné « Aide-Bibliothécaire », est l’un des quelques édifices annexés à la Bibliothèque Nationale. Il se trouve Boulevard Sully. Pour l’anecdote, c’est en longeant cette artère que Ravaillac a assassiné Henri IV le 14 Mai 1610.

En travaillant à l’Arsenal, j’ai eu une sorte de « révélation ». Et je vous assure que ce terme n’est pas exagéré. Ma vie a littéralement basculé du jour au lendemain. Ça peut paraître incroyable, mais je m’y suis senti « chez moi ». J’ai côtoyé des personnes extrêmement compréhensives à mon égard. Mes employeurs ont tenu compte de mon handicap. Il n’a pas été un motif de raillerie ou de blâme. Au contraire, ils ont tout fait pour aménager mon ministère. Jamais je n’aurai pu espéré mieux. Et en aucune occasion, je n’ai pas recouvré d’emploi aussi captivant. Je serai éternellement reconnaissant à mes supérieurs de m’avoir accordé ce privilège…

J’ouvre ici une brève parenthèse : j’écris depuis que j’ai l’age de seize ans. Lycéen, mon espoir de faire carrière dans la bande dessinée s’était volatilisé. Mais, en même temps, j’étais immergé dans une série d’ouvrages médiévaux-fantastiques qui m’enthousiasmait. Une fois terminée, j’ai cherché à entretenir le plaisir incroyable qu’elle venait de me procurer. La quitter me rendait triste. Une seule solution s’est imposée à moi : rédiger des « nouvelles » prolongeant cette saga.

Aujourd’hui, ces nouvelles me paraissent ridicules. Cependant, en ce temps-là, à mes yeux, elles étaient admirables. Elles étaient constellées de fautes de français ou de malfaçons. Toutefois, elles m’ont permis de me lancer. A force de ténacité et d’entraînement, j’ai amélioré mon orthographe, ma grammaire, mon vocabulaire… J’ai restreint les lourdeurs et les altérations lexicales agrémentant mes récits. Même si j’estime que ce que j’écris à l’heure actuelle est loin d’être parfait. Qui a assez de vanité pour prétendre à la perfection ?

De la fin des années quatre-vingt au milieu des années quatre-vingt-dix, l’écriture de nouvelles m’a autorisé à élaborer maints univers littéraires. Leur narration a coïncidé avec l’émergence d’un divertissement qui n’est désormais plus que l’ombre de lui-même : les jeux de rôles.

Ce sont les « livres dont vous êtes le héros » qui m’y ont initié. D’accès facile, ils étaient partout disponibles. Chaque supermarché contenant un rayon librairie en proposait. Je m’en suis acheté un. Puis, deux ou trois, ensuite, la plupart, et enfin, systématiquement. Un jour de désœuvrement, j’en ai même écrit un. Plus tard, des coffrets sont apparus à leurs cotés. Ils réclamaient le concours de plusieurs lecteurs. Accompagné de quelques « copains de classe », j’ai commencé à y jouer. A quelques mois de là, mon père m’a entraîné dans une boutique spécialisée dans la vente de jeux de rôles et de figurines. Localisée au pied du ministère de l’Intérieur, c’était l’une des toutes premières du genre. Il m’en a offert un. Je me souviens qu’importés directement des USA, leurs livrets étaient rédigés en anglais. Il faudra des années avant qu’ils ne soient traduits en français ! J’ai aussi obtenu un périodique consacré à l’actualité des jeux de rôles. Ce soir-là, je l’ai avidement compulsé. J’y ai surpris deux petites annonces « locales ». L’une d’un jeune homme habitant non loin de chez moi, l’autre de membres d’une association s’adonnant à ce hobby. Je les ai contacté. Je ne me suis alors pas douté que j’entamais une des pages les plus singulières de mon existence.

Cette période a duré une dizaine d’années. J’y ai croisé beaucoup de passionnés. Le week-end, je ralliais divers groupes dispersés aux quatre coins de la capitale. Leurs parties endiablées se terminaient généralement au petit matin.

Or, contrairement à leurs intervenants, mon plus grand plaisir n’était pas d’incarner un héros. Non, ma plus grande joie était de ciseler des scénarios surprenants. Mes acolytes me poussaient d’ailleurs constamment en ce sens. Ayant repéré mon « talent », ils ne cessaient de me réclamer des synopsis ou des intrigues de mon cru. Je les animais au cours de séances riches en rebondissements. Mes univers littéraires se sont imprégné de références considérables. Et je les ai partagé avec ces férus de jeux de rôles qui ne demandaient qu’à les explorer.

J’ai fréquenté ce milieu jusqu’aux alentours de 1998. Cependant, son apogée s’est située entre 1992 et 1995. Plus exactement à l’époque où j’ai été employé en tant qu’Aide-Bibliothécaire à l’Arsenal.

Une fois, en 1993, j’ai visionné un film passé totalement inaperçu. Il s’intitulait : « Louis, enfant-roi ». Celui-ci m’a sur le champs enthousiasmé. Il dépeignait la Fronde – cette guerre civile ayant déchiré le royaume de France pendant la jeunesse de Louis XIV. Or, par mes lectures, je savais qu’il s’agissait là d’une page d’Histoire assez méconnue du grand public. Ce film m’a, de fait, donné l’idée d’écrire un scénario totalement différent de ceux que je soumettais à mes joueurs normalement. Fini la science-fiction. Place à la grande Histoire, me suis-je dit en creusant les diverses péripéties du milieu du XVIIe siècle !

Mes supérieurs hiérarchiques de l’Arsenal ont soutenu et encouragé mon initiative. Au grand dam de plusieurs de mes collègues, qui ne voyaient aucun attrait aux livres qu’ils maniaient. Je me suis donc aménagé un espace exclusif : une table, une chaise, quelques stylos et quelques feuilles de papiers appelés à annoter les ouvrages utiles à mes recherches. Cet espace se nichait dans un renfoncement de la salle d’accueil de l’Arsenal. Je me suis mis à explorer ses couloirs et ses salles. Puisqu’y était entreposé près d’un million de livres. J’y ai cherché des textes sur les années 1650. Au gré de mes pérégrinations, j’ai constitué une liste de de recueils incontournables. Elle en a compté des centaines. Je les ai étudiés ? décortiqués, analysés. Mais, plus je les ai auscultés, plus j’ai couvert mes fiches d’appréciations, plus de pistes de réflexion se sont offertes à moi.

Toutes m’ont stimulées. Toutes m’ont fait pénétrer de multiples aspects de notre Histoire. Toutes m’ont enrichi de connaissances diverses et variées sur ce thème. Et je dois avouer que je n’en n’ai jamais été rassasié. Du XVIIe siècle, j’ai entrevu les perspectives des siècles précédents ou suivants. J’ai fini par prospecter les Ages les plus proches ou les plus lointains de notre civilisation.

Étudier l’Histoire m’a permis de toucher à des savoirs qui ne m’étaient que peu familiers. Ma scolarité ne les avaient que succinctement abordés : Religion, Philosophie, Sciences, Sociologie, Psychologie, Mythologie, Astronomie, Littérature, etc. Plus je les ai creusé, plus ils ont ouvert mon intellect à des connaissances dont je ne soupçonnais pas l’existence. Ils m’ont « cannibalisé ».

J’ai, bien entendu, écris mon scénario de jeux de rôles se déroulant durant la Fronde. Je l’ai ancré entre le 23 Mai et le 21 Juin 1650. Et les événements découlant de l’emprisonnement du Prince de Condé à Vincennes ont été au cœur de son intrigue. Car c’est là que le jeune Louis XIV l’avait embastillé au mois de Janvier précédent. Mon scénario s’est centré sur la rébellion d’une fraction de la noblesse en faveur du détenu. J’y ai mis en lumière ses exactions. J’ai généré près de trois-cents pages autour de ce canevas.

J’ai présidé aux sessions dédiées à mon scénario. Et ceux qui y ont participé les ont appréciés. Des années plus tard, ils s’en souvenaient toujours. Quant à moi, j’ai retranscris son synopsis sur ordinateur dès que j’en ai eu un à disposition.

Toutefois, j’ai vite été dépassé par mes dissections historiques. Elles ne m’ont plus été suffisantes. J’ai donc pris sur moi d’obtenir une audience auprès du directeur général de l’Arsenal.

Contre toute attente, cette entrevue m’a été accordée. J’ai immédiatement avoué son but au directeur général de l’Arsenal : à titre individuel, je désirais entreprendre des investigations poussées en Histoire. Agréablement surpris, il m’a souligné qu’aucun Aide-Bibliothécaire ayant mon statut n’avait effectué une telle démarche auprès de lui auparavant. « Aucun d’eux n’a perçu l’ampleur du patrimoine culturel dont il a la charge », a-t-il affirmé, amer. J’en ai convenu, tout en lui rétorquant que ce n’était pas mon cas. Et je lui ai dévoilé deux ou trois de mes pages de notes.

Je crois que c’est à cet instant précis que ma raison d’être s’est totalement révélée à moi. Le directeur général de l’Arsenal m’a donné un laissez-passer. Lequel m’accordait la primauté d’être considéré comme un « lecteur-chercheur ». Il m’offrait aussi le droit de m’installer dans n’importe quelle salle de lecture rattachée à la Bibliothèque Nationale. Y compris à l’Arsenal. De ce jour, j’ai pu y revenir après mes heures. Mais j’ai également pu me rendre rue de Richelieu, à Sainte-Geneviève, etc., pour y entamer une œuvre colossale. Les textes qui suivent ce courrier en sont extraits.

De ce jour, mon emploi du temps en a été profondément bouleversé. Je rejoignais à l’occasion mon renfoncement à l’Arsenal pour y poursuivre mes prospections historiques. Quand j’avais des congés, c’était dans la salle de lecture que je m’installais. Entouré d’universitaires, d’érudits, de lettrés, j’y disposais mes feuillets. M’étaient amenés les livres que je souhaitais consulter. Et je me concentrais avec passion sur les enseignements que j’en tirais.

A 17h, l’Arsenal fermait ses portes. J’allais donc ensuite à la Bibliothèque Sainte-Geneviève. Car elle accueillait le public jusqu’à 22h. Et combien de fois l’ai-je quitté tandis que ses ultimes lecteurs la désertaient ? Parfois enfin, je me suis rendu rue de Richelieu. Je m’y suis transporté avec une amie dont j’ai fais la connaissance à l’Arsenal. Elle y venait épisodiquement pour y éplucher des écrits dans le cadre d’une thèse. Nous avons sympathisé parce que nous étions fasciné par les mêmes savoirs. Nous en avons profité pour déjeuner ensemble, et pour disserter autour d’eux des heures durant. Et, des fois aussi, c’est rue de Richelieu que nous nous sommes rencontrés. Nous y somme demeuré des journées à y vérifier les assertions de documents assujettis à nos compositions respectives.

J’ai quotidiennement compulsé jusqu’à trois publications : une lors de mes trajets en métro, une seconde à l’Arsenal, une troisième à Sainte-Geneviève. Je n’y inclus pas les romans alloués à mes heures de détente. En parallèle, j’ai dévoré énormément de biographies. Je me souviens des titres de certaines : Mazarin, Clovis, Saint-Louis, Richelieu, Louis-Philippe, Catherine d’Aragon… Il y a eu l’Histoire de l’Alimentation, l’Histoire de la Colonisation, la découverte et la conquête des Amériques… J’ai absorbé des tomes tels que « les Rois qui ont fait la France », de Georges Bordonove. J’ai été emballé par « le Journal de la France ». Cette série, que j’ai décortiqué une demi-douzaine de fois, inventoriait année après année l’Ère Moderne. Elle débutait à l’aube de la Révolution, pour se conclure au terme de la Seconde Guerre Mondiale. Je me suis référé aux dizaines d’ouvrages répartis sur les étagères de la bibliothèque de mon père.

Il a résulté de ces deux ans de recherches intensives plus de 1800 feuillets couverts d’annotations. Synthétisés, corrigés, modifiés, améliorés, de 1994 au tournant des années 2000, ceux-ci sont désormais classés dans des dossiers en permanence à portée de mes doigts. Ils portent, entre autres, sur les civilisations égyptienne, celte, maya, mésopotamienne, hindoue, chinoise… Leurs traditions, leurs religions, leurs mythes, de leurs dieux. Ils décryptent les grandes religions monothéistes : leurs textes fondateurs, leur histoire, leurs interprétations et leurs courants théologiques. Les influences hétéroclites qui leur ont servi de supports. Ils parlent des mystères du Graal, de l’Arche d’Alliance. Le Cycle Arthurien, la symbolique des lettres ou des nombres, sont évoqués. Evidemment, les décryptages ésotériques, occultes, ou hermétiques de ces représentations sont retracés. Les énigmes autour des Templiers, des Cathares, des Bâtisseurs de Cathédrales, etc. aussi. Néanmoins, s’ils le sont, c’est avec le regard de celui qui cherche à comprendre leur signification allégorique plutôt que leur réalité. Enfin, je leur ai adjoint des articles sur la dérive des continents, sur l’Évolution des espèces, sur la cosmologie.. Ce sont des sujets qui m’ont toujours fasciné, et sur lesquels j’ai toujours désiré en apprendre davantage. Bien entendu, il ne s’agit-là de que de quelques thèmes parmi des dizaines d’autres.

Entre 1992 et 1995, je me suis inscris à deux reprises au concours de Bibliothécaire. Il m”aurait permis d’être titularisé. Et ainsi, j’aurai pu continuer ma carrière professionnelle au sein de cette institution. J’aurai consacré ma vie à un métier en des lieux où j’étais heureux et épanoui. C’est à ma deuxième tentative que j’ai été reçu. J’ai été incorporé à la liste d’attente au cas où quelqu’un ayant un score de deux ou trois points – sur cent – plus élevé que le mien se désisterait. Hélas, ça n’est jamais arrivé. Les postes étaient trop rares, les candidats trop nombreux. Et ma carrière d’Aide-Bibliothécaire s’est brisée net après ce revers de fortune.

En 1995, le cœur meurtri, j’ai dû quitter la fonction que j’occupais depuis trois ans. Retour à la case départ. Je me suis de nouveau mis en quête d’une situation stable. J’ai effectué un ou deux stages dans des bibliothèques municipales. Mais rien de probant. Je dois avouer qu’il s’agit-là de l’une de mes plus grandes déceptions. J’en garde, aujourd’hui encore, un goût amer. Comme un sentiment de rendez-vous raté…

Quoiqu’il en soit, dès lors, je n’ai plus cessé de m’informer sur les sujets que j’ai passionnément étudié pendant mon séjour à la Bibliothèque Nationale. J’ai poursuivi en autodidacte ma formation intellectuelle de manière intensive ; c’est toujours vrai.

En 1996, j’ai émigré à Laval. Et je me suis inscris à l’Université de cette ville. Mon objectif a été d’y décrocher un DAEU en Littérature. J’ai assisté à des cours du soir deux fois par semaine. J’ai coopéré à des conférences et des débats. A l’issue de neuf mois de préparation, je l’ai obtenu. J’en ai été très fier. J’ai aussi adhéré à des stages de remise à niveau en comptabilité et en secrétariat. Dans ce cadre, j’ai fréquenté la bibliothèque municipale de la ville. J’ai été intérimaire dans un magasin de jeux de rôles. Là, je me suis amicalement lié avec d’autres passionnés de jeux de rôles. J’ai enfin contribué à des « soirées philosophie » dans un bar de mon quartier.

Puis, comme je ne trouvais malgré tout aucun emploi, ma mère suggéré de m’enrôler dans les rangs de l’Éducation Nationale. Son concours était conciliable avec mon handicap. Au cours de mon entraînement, ma détermination a été telle que lorsque je ne comprenais pas un exercice, je m’acharnais au point de m’y épuiser physiquement et nerveusement. Résultat : je l’ai réussi. Qui, alors, aurait pu croire que j’avais mis le pied dans un piège qui allait sous peu me broyer ?

Le poste où m’a dépêché l’Éducation Nationale était en région parisienne. Trois ans après m’en être éloigné, c’est là-bas que j’étais réexpédié. De Laval, j’ai été précipité à Saint-Denis. Car c’est à l’orée de cette agglomération que j’ai été affecté au sein de l’Université Paris XIII.

Aussitôt, les tâches qui m’ont été attribuées ont été particulièrement épuisantes, stressantes, difficiles. Rattachées au secrétariat de la Présidence du campus, elles étaient physiquement inadaptées à mon handicap. Dans la foulée, mon collègue de bureau devant me servir de tuteur a été muté. Il a été remplacé par une jeune femme au statut de vacataire. Laquelle m’a soumis à une pression permanente. Au travers de ce rythme intensif, son but a été de transformer sa mission temporaire en poste permanent.

Je n’ai pas été capable d’endurer la cadence qu’elle m’a imposé. En mai 2000, elle a donc émis un avis défavorable à ma titularisation. Elle a aussi suggéré que je sois transféré dans un autre établissement. Selon elle, je devais acquérir plus d’expérience pour prétendre à une titularisation. L’ironie du sort a voulu que le contrat de cette arriviste ne soit pas reconduit ! Le choc encaissé, j’ai été expédié à l’Université Paris VIII.

Érigée aux abords de la commune de Saint-Denis, je m’y suis présenté en Septembre. Seulement, là aussi, le poste que l’on m’a confié n’était pas ajusté à mon handicap. En fait, il était composé de deux mi-temps répartis dans deux immeubles opposés. Mes charges y étaient disparates. Au point qu’en haut lieu, au mois de janvier 2001, on s’en est rendu compte. Et on a résolu de m’excentrer pour la troisième fois en moins de deux ans. J’ai tout de suite réalisé qu’on cherchait à me limoger.

Cette annexe de l’Université Paris VIII était un local où se géraient les dossiers d’inscription au CNED. J’y ai sué sang et eau. Et je n’y ai eu qu’un seul dessein : être titularisé.

Fin Mai, mon supérieur m’a convoqué dans son bureau. Je m’en souviens comme si c’était hier. Car cette date a marqué un tournant décisif dans mon existence. Il m’a annoncé ma non-titularisation dans l’Éducation Nationale. Pour lui, je n’étais pas apte à soutenir la cadence intensive qu’on y exigeait. Il m’a confié que bien qu’ils ne soient pas payés en heures supplémentaires, et que leur planning se terminait à 17h, mes collègues ne partaient jamais avant 18h ou 19h. Il m’a révélé que certains corrigeaient mes défaillances dans mon dos. C’est pour ça, m’a t-il confessé, qu’il lui était impossible d’agréer à ma titularisation.

K.O., j’ai rejoint mon ordinateur. L’énergie morale, et physique, ma combativité, se sont soudain violemment dissout. Mon cerveau s’est déconnecté. Je me suis effondré.

Plus tard, on m’a raconté que j’avais été la proie d’une grave crise d’aphasie. C’est la première fois que j’ai été victime de ce genre de symptômes. J’ai surtout eu l’impression de me scruter de l’extérieur. J’ai toisé les personnes évoluant autour de moi. Celles-ci tentaient de me faire réagir Mais, incapable de me mouvoir ou de prononcer un mot, une unique pensée a investi mon intellect : mon parcours professionnel était disloqué. Malgré tous les efforts que j’avais déployé, tout était fini.

J’ai progressivement rallié la réalité. On m’a renvoyé chez moi pour me reposer. C’est la dernière fois que j’ai mis les pieds à Paris VIII.

Mon père est monté à Paris dès le lendemain. Mes bagages collectés, il m’a ordonné de l’accompagner en Sarthe. J’ai obtempéré. Et très vite, j’ai effectué deux séjours à l’hôpital. La cause : une fatigue extrême. On m’y a prescris des cures de repos. Et il m’a fallu près d’un an pour recouvrer un semblant de vitalité. Néanmoins, à l’issue de cette crise majeure, je n’ai plus jamais été le même.

J’ai pris conscience que le monde de l’entreprise ne cesserait de me meurtrir. Si ce n’est lors de mon escale à la Bibliothèque Nationale, il m’a souvent détruit. Par ailleurs, depuis cette époque, tous mes loisirs, ou presque, ont été voués à l’écriture. Il en a résulté des centaines de pages de textes. Mais, j’ai été pressé de maintenir ce potentiel en sommeil. Toute mon énergie a été focalisée sur des emplois qui m’ont maintes fois rejetés.

Certes, mon handicap a été un frein. J’en ai souffert ; car je l’ai vécu comme une injustice. D’un autre coté, ma vocation d’écrivain ne s’est jamais éteinte. Beaucoup de gens que j’ai croisé à la Bibliothèque Nationale et ailleurs m’ont encouragé à la faire fructifier. Pourquoi donc s’entêter à suivre un chemin qui n’est pas le mien, me suis-je interrogé ? Surtout lorsque l’évidence s’impose à moi !

Ma famille n’a pas été ravie de ma décision, je dois l’avouer. A ses yeux, écrire n’était qu’un hobby. Il pouvait éventuellement générer quelque complément de ressources. Or, pour ça, faudrait-il que je sois édité un jour !!!

Elle a dès lors entrepris de me décourager. Je ne devais pas voir cette occupation comme un travail à plein temps. Puisqu’il ne générait aucun salaire, et que ses royalties étaient trop aléatoires. De même, elle a insisté sur le fait que mon Allocation Adulte Handicapé ne me suffirait matériellement pas.

La bataille a été rude, longue, douloureuse. Toutefois, j’ai tenu bon. Tous les arguments de ma famille se sont heurtés à ma détermination. Depuis quinze ans, cette vocation était ce à quoi j’aspirais. J’étais désormais résolu à m’y consacrer à 100 %.

Au bout de treize pages de texte, vous devez certainement vous demander où je veux en venir ? Vous allez comprendre ! Ces pages résument mon parcours. Elles font allusion à des épisodes importants de ma vie. Pour autant, maints autres mériteraient d’être étoffés. Qui sait si, un jour, je ne les confesserai pas ? Avec les 800 feuillets englobant mes « Mémoires » et mes « Souvenirs fragmentaires », ça me serait aisé. Et pour les publier, relecture et correction sont fondamentaux. Dans quelques années peut-être…

Ceci-dit, ces pages ont un but : que vous cerniez l’à-propos de cette missive. Car si ces pages se sont attardé sur la période où j’ai arpenté les couloirs de la Bibliothèque Nationale, ce n’est pas seulement pour camper ma trajectoire singulière.

En 1994, le hasard a voulu que j’entre en rapport avec une jeune femme dont l’amitié est partiellement le ferment de cette lettre. C’est grâce à un site de petites annonces sur minitel que je l’ai rencontrée. Car, elle comme moi cherchions alors l’amour. Et nous y avons posté un avis dans cette intention. Seulement, Caroline – tel est son prénom – habitait Perpignan. Et moi, j’étais domicilié à Paris. Compte tenu de la distance, nous sommes vite tombé d’accord : tout rapprochement sentimental s’avérait difficile ; voire utopique. Je lui ai suggéré que, si elle le souhaitait, nous pouvions débuter une correspondance conviviale. Plutôt que l’amour, pourquoi pas l’estime et la sympathie ? Avec appréhension, j’ai tout de même avoué à Caroline que j’étais handicapé. Qu’une fraction de mon visage était pourvue d’une tache de naissance. A mon grand soulagement, ça ne l’a pas choqué. Elle ne m’a pas repoussé, et ne s’est pas moqué de moi.

Cependant, j’ai été enclin à la méfiance. « Chat échaudé craint l’eau froide », comme dit le proverbe. J’ai proposé à Caroline de répondre à son courrier lorsque j’en réceptionnerais un d’elle. Pas avant. Elle y a souscrit.

Pour moi, il était clair qu’il n’y aurait aucune suite. Quelle n’a pas été ma surprise lorsque j’ai décacheté son premier pli. Je lui ai aussitôt expédié une réponse. Quelques semaines plus tard, j’ai obtenu d’elle un nouveau récit. Peu à peu, un échange épistolaire s’est établi.

Caroline m’a raconté qu’elle. potassait un examen pour obtenir un diplôme d’infirmière. Elle a échoué. Mais elle s’est juré de le retenter l’année d’après. Pour patienter, elle s’est procuré un emploi dans une agence immobilière. Elle en a gravi les échelons. Un homme a conquis son cœur. Elle a emménagé avec lui. Comme prévu, elle s’est efforcé de repasser son concours. Sans résultats parce que trop concentrée sur son métier… Moi, je lui ai divulgué les péripéties de mes amours et de mes amitiés passionnés. Mais, surtout, contrariés. Je lui ai livré mes désillusions les plus intimes et les plus consternantes. Je lui résumé mes combats intérieurs les plus cinglants. Je lui ai précisé quel était ce hobby – les jeux de rôles – qui confisquaient tous mes week-ends. Je lui ai décris mes recherches sur l’histoire des civilisations, des religions, de la mythologie, de l’ésotérisme, etc. Nous avons partagé bien des choses par billets interposés.

Caroline est la seule qui a lu mon scénario se déroulant durant la Fronde. Alors qu’il était retranscris à la main sur des feuilles de classeur, je le lui ai photocopié. Je le lui ai envoyé par la poste ; elle l’a dévoré. Plus tard, dans une lettre, elle m’en a félicité. « J’en ai savouré son ampleur, son originalité », m’a t-elle avoué. « j’ai été enthousiasmée par ses rebondissements, par les mystères qui y sont développés, par les mythes qui y sont caressés, par les détails contextuels qui y sont incorporés. » a-t-elle enchaîné. « J’affectionne cette frontière où on ne sait plus où est l’évidence et où commence le doute. », l’ai-je éclairé.

A cette occasion, j’ai composé une maxime toujours valable : « Il y a un instant magique où la réalité n’existe plus que pour être emportée par le souffle d’une légendaire épopée. ». Elle est d’ailleurs appropriée à l’intégralité de mon œuvre littéraire.

Au bout d’à peu près deux ans, Caroline et moi avons convenu que notre confiance mutuelle était assez solide. Nous nous sommes mis à nous téléphoner. Une à deux fois par mois habituellement. Nos dialogues duraient entre une demi-heure et quatre heures. A quelques reprises, j’ai dû raccrocher parce que la batterie de mon combiné était vide. Nous avons débattu sur l’actualité, de philosophie, de science, d’histoire, de littérature…

Caroline m’a aussi secouru au cours des heures les plus noires de mon existence. Mon petit frère est décédé le 25 Juillet 1998. Un accident de voiture l’a fauché à l’age de dix-huit ans. C’est donc à Caroline que j’ai confié mon chagrin. En 2004, mes parents ont divorcé. Des secrets de famille enfouis depuis des décennies ont soudainement remonté à la surface. L’homosexualité refoulée de mon père a fait exploser leur couple. Réalisant le choc qui était le mien, Caroline m’a aussitôt invité à séjourner deux semaines à Perpignan. Ces vacances m’ont fait beaucoup de bien. Elles ont été parmi les plus heureuses que j’ai goûté.

En 2002, Caroline m’a dévoilé qu’elle appartenait à une loge maçonnique. Elle m’a dit de ne pas divulguer cette information. Seules ses « Sœurs », et les plus proches membres de sa famille en étaient instruits. J’ai été surpris. Je ne la voyais pas appartenir à cette confrérie. Car j’étais alors persuadé que celle-ci n’était réservée qu’aux hommes. C’est Caroline qui m’a appris qu’elle s’ouvrait aux femmes depuis les années quatre-vingt.

Je lui ai attesté que j’avais découvert l’histoire de la Franc-Maçonnerie pendant mes recherches à la Bibliothèque Nationale. « Selon mes sources, lui ai-je dit, la Franc-Maçonnerie avait été fondée au début du XVIIIe siècle. Des légendes font remonter son instauration plus tôt : au Moyen-Age, au cours du règne de Salomon, pendant l’érection de la première pyramide à degrés par Imhotep, etc. En France, existent deux courants dominants : le « Grand Orient » et la « Grande Loge ». Des philosophes des Lumières, des noms emblématiques de la Révolution Américaine et de la Révolution Française en ont été des initiés éminents. Jadis, comme aujourd’hui, des lois fondamentales – IVG, l’abolition de la peine de mort… – ont été défendues par des maçons. Des hommes de Pouvoir étoffent ses rangs. Des signes distincts leur permettent de se reconnaître entre eux. Ils se réunissent dans leurs loges pour y mener des débats, pour y ébaucher des « planches »…

Caroline m’a révélé que ses réunions avaient lieu un jeudi par mois. Elle m’a précisé que, désormais, des observateurs de condition plus modeste sont admis en loge. Tous ceux et toutes celles qui sont désireux d’honorer leurs idéaux philosophiques y sont les bienvenus. Elle m’a rassuré parce que, jusqu’alors, je ne l’envisageais qu’en tant que cercle élitiste. Un corps réservé à des notables, et de fait inaccessible puisque ne se mélangeant jamais avec le « bas peuple ».

« Si je t’ai soufflé ceci, m’a expliqué Caroline, c’est que ta démarche intellectuelle et spirituelle s’apparente aux idéaux embrassés par la Franc-Maçonnerie. Ton insatiable curiosité, tes interpellations didactiques, vont dans ce sens. Depuis des années, tes prospections historiques, religieuses, culturelles, en sont d’ailleurs la preuve. Comme tes interrogations sur le devenir de l’Humanité ou de notre civilisation. Tout ça s’accorde parfaitement avec les enseignements franc-maçons. ».

Caroline m’a aussi stipulé qu’il serait peut-être intéressant que je prenne contact avec le Grand Orient de France. Je lui ai timidement bafouillé que « je n’y avais pas une seule seconde songé ». Puis, ai-je digéré, si ce n’est Caroline, je ne connais aucun franc-maçon. Ou, s’il y en a dans mon entourage, je n’en suis pas informé. « Or, il est obligatoire d’être coopté, ai-je amèrement répliqué à Caroline. Comment pourraient-ils approuver ma candidature dans ces conditions ? En plus, mon handicap et mon tempérament uniquement tourné vers l’érudition seraient inévitablement des obstacles. » Caroline m’a tout de même demandé d’y réfléchir. J’ai enfoui ce conciliabule dans un coin de mon esprit. Il y demeuré en sommeil jusqu’à ce que récemment, un événement fortuit le ranime.

A ma décharge, je dois souligner que d’autres péripéties m’ont occupé jusqu’à ce que ce fameux événement ne surgisse inopinément : en 2000, je me suis inscris dans une agence matrimoniale. Spécialisée dans les rencontres avec des jeunes femmes natives de pays de l’ancien bloc communiste, cette solution m’a paru adéquate. Je suis parti d’un postulat simple : mon nouvel emploi dans l’Éducation Nationale était un gage de sécurité pour mon avenir professionnel. Je pouvais désormais chercher à combler mon cœur en mal d’amour. Hélas, pour l’un comme pour l’autre, les répercussions engendrées par ces expériences ont été incalculables.

Cette entreprise s’est soldée par un échec monumental ; que ce soit sur le plan financier ou sur le plan sentimental. Je me suis déplacé jusqu’en Russie pour y rejoindre une dénommée Galina. J’étais entré en relation avec elle par le biais de cette agence matrimoniale. Nous nous étions tout d’abord écrit en anglais durant des mois. L’objectif était de nous apprivoiser, de nous découvrir, de nous sonder. Plus tard, je l’ai invité près de quatre semaines en France. Au final, elle m’a signifié qu’elle ne ressentait rien pour moi. Elle est reparti dans son pays.

C’est pour témoigner de ce triste dénouement que j’ai écris à « Femme actuelle ». J’ai rédigé une lettre à son courrier des lecteurs. J’y ai énuméré mes tribulations. J’y ai montré à quel point ce « rêve russe » m’avait ravagé. J’y ai aussi annoncé que je me détournais un temps des mirages de l’amour.

Quelle n’a pas été ma stupéfaction quand une bonne centaine de missives m’ont été renvoyées. Elles provenaient de femmes de tout age et de toute condition entendant me gratifier de leur soutien. J’ai répondu à plusieurs d’entre elles. Une forme de sympathie est née entre ces femmes et moi Toutefois, elle n’a pas duré. En fait, une seule est sorti du lot. Et c’est à elle que j’ai rendu visite au mois de Septembre 2004. Un rendez-vous qui allait modifier durablement ma destinée, puisque ses conséquences se font toujours sentir en 2017 !!!

Treize ans se sont écoulés depuis, et Vanessa – tel est son prénom – est toujours ma compagne. Nous nous sommes pacsés en 2012. Et, comme moi, elle est handicapée.

Vanessa a, en effet, une légère atrophie du cervelet. Et cette invalidité l’entrave. Sujette à des pertes d’équilibre momentanées, Vanessa est maladroite. Elle endure des troubles de la mémoire immédiate. Les médicaments qu’elle ingère matin, midi et soir éclipsent ses légers tremblements de tête. Mais, surtout, en 2012, Vanessa, sa famille et moi avons été alerté sur le fait qu’elle était atteinte d’une sclérose en plaques. Les mois et les années qui ont suivi cette révélation ont été très éprouvants. Ils ont induit une profusion de déboires ; autant pour Vanessa que pour moi. Mais, comme je l’aime, je me voue en permanence à elle. J’en prends soin, je l’aide, je l’écoute, je la réconforte. Je suis l’épaule sur laquelle elle peut invariablement se reposer.

La MDPH – ou « Maison Départementale des Personnes Handicapées » – lui a accordé le statut d’handicapée. C’est moi qui me suis acquitté de son dossier. Elle est chaperonnée par un neurologue de renom exerçant à Cherbourg. Elle consulte un urologue au CHU de Caen. La sclérose en plaques perturbe le bon fonctionnement de ses reins et cause occasionnellement des fuites urinaires. Une aide-ménagère payée par la mairie pourvoit l’entretien de notre appartement. Vanessa suit encore des séances de kinésithérapie deux fois par semaine. Journellement, elle se livre à des activités physiques à la maison…

De fait, tout est fait pour que Vanessa soit prise en charge le plus efficacement possible. Or, depuis 2012, il est incontestable qu’elle décline progressivement. Elle marche péniblement, en titubant parfois. La lenteur de ses gestes est de plus en plus flagrante. Et s’il est avéré que son affliction n’est pas mortelle, il est probable qu’elle terminera tôt ou tard dans un fauteuil roulant. Et une assistance médicalisée lui sera vitale.

Je m’y suis mentalement préparé. J’en suis très malheureux, même si j’essaye constamment d’être fort. Cependant, c’est harassant et dévastateur, nerveusement, moralement, et psychiquement. De son coté, consciente de son déclin, Vanessa est inconsolable. Elle a l’impression d’être inutile. Elle croit être un poids mort. Paradoxalement, Vanessa et moi avons bâti un couple d’une solidité stupéfiante. Il est, certes, souvent bousculé. Il est malmené par les impondérables associés à sa sclérose en plaques. Mais il est indiscutable que nous sommes heureux ensemble.

Pour l’essentiel, notre vie est plutôt calme, sereine, paisible. Nos Allocations Adulte Handicapé sont modestes. Elles nous autorisent malgré tout à être indépendants financièrement. Nous recourons à Internet afin de pallier à notre inaptitude à nous déplacer en dehors de notre domicile : nos courses alimentaires sont commandées sur la Toile. C’est notre aide-ménagère qui va les retirer au supermarché. Nous nous procurons nos livres, DVD, bandes-dessinées, etc. de la même façon.

Nous nous sommes adaptés à notre situation. Puisqu’autrefois, nous allions de temps en temps nous balader. Nous nous aventurions parfois à Cherbourg. Nous y prospections ses rues commerçantes. J’affectionnais ses librairies et son officine de la FNAC. Nous allions volontiers au cinéma. En 2007, nous sommes montés à Paris pour se délecter du spectacle musical « Cléopâtre ». En 2011, nous avons visité l’Egypte…

Cette modification de notre ordinaire ne me gène pas. La plupart des gens en seraient atterrés. Ils seraient déprimés de ne plus pouvoir se déplacer. Ils seraient chagrinés de ne plus pouvoir aller dans leur famille, chez leurs amis, etc. Ce n’est pas mon cas. Mes revers du début des années 2000 me font apprécier cette routine. Elle a des inconvénients – l’aggravation de la sclérose en plaques de Vanessa est le principal -, mais elle a aussi ses avantages. Et ceux-ci sont loin d’être négligeables. Notre sécurité financière et matérielle, sont des choses que nous avons toujours convoitées.

Ne voir quiconque est un manque, j’en conviens. Épisodiquement pourtant, des membres de ma famille ou des membres de la famille de Vanessa viennent chez nous. Mais c’est exceptionnel. En Été, ou lors des fêtes de Noël et du la Saint-Sylvestre, ma mère nous accueille chez elle. Tout y est organisé pour que Vanessa et moi nous y détendions. Tout est orchestré pour que nous nous y reposions.

Ça me convient. Car, depuis lors, je concentre la quasi-totalité de mon énergie intellectuelle à mon métier d’écrivain. Je persévère dans mes investigations littéraires, philosophiques, ou historiques. Je médite sur les soubresauts politiques, économiques, sociaux, culturels, ou religieux de notre civilisation. Je disserte vis-à-vis de ses convulsions chroniques au gré des débats, des reportages, des documentaires, ou des informations, télévisés. Ma curiosité les concernant ne cesse de croître. Elle s’ajoute à ma passion pour les disciplines dont je me suis jadis instruit lors de mon séjour à la Bibliothèque Nationale. Quant à Vanessa, son « train-train » la satisfait et la rassure. Aussi humble soit-il, il l’épanouit.

Depuis 2004, je n’ai cessé d’écrire. De plus en plus, pour être franc. Et sur des thèmes de plus en plus diversifiés : j’ai continué la rédaction de mes articles sur la naissance des civilisations. Sur plus de 2000 feuillets, j’ai couvert l’évolution de l’Humanité, de la Préhistoire à l’aube de ce Troisième Millénaire. Je les ai étendus à la naissance des mythes et des religions. J’ai exploré leurs liens et leurs influences vis-à-vis des trois doctrines majeures actuelles. Mes pages de notes issues de mon escale à la Bibliothèque Nationale m’y ont aidé. Elles ont été – et sont encore – réactualisées régulièrement ; augmentées et affinées. Les textes qui leur sont agrégés n’en sont que plus fouillés et plus pertinents.

Jusqu’en 2008, je n’ai fais que conserver ces manuscrits. Stockés sur le disque dut de mon ordinateur, les milliers de pages qui les composent y sommeillent. Ils y sont protégés. Poèmes, nouvelles, essais, s’y côtoient. Ma campagne de jeux de rôles se mêlant à l’Histoire du milieu du XVIIe siècle y est archivée.

L’idée selon laquelle mes écrits n’ont de la valeur que pour les passionnés de jeux de rôles remonte loin. Les concepts que j’y insère sont trop complexes, trop singuliers, trop teintés d’imaginaires. Les membres de ma famille m’en ont assez souvent fait le reproche. Les réflexions philosophiques que j’y associe sont trop abstraites. Ils me l’ont également assez objecté. « Tes écrits sont trop en décalage avec le modèle de société qui est le notre. », m’ont-ils allégué. « Tes perceptions anti-conformistes sont trop en rupture avec la superficialité des opinions de la majorité. », ont-ils surenchéri.

A cause de tout cela, adolescent, puis adulte, j’ai souvent été moqué, blessé, ou rejeté par mon entourage proche ou lointain. J’ai donc résolu de les cacher afin de ne pas être l’éternelle cible de la vindicte populaire.

Or, en 2008, la mode était aux blogs. Littéraires, culinaires, sur le bricolage, rendant compte de voyages, d’animations sportives, de passions hétéroclites, il y en a eu pour tous les goûts. La presse, la télévision, ont fait la promotion des plus populaires ou des plus surprenants. Fasciné par l’informatique et ses dérivés depuis mon adolescence, ma curiosité à leur égard en a été décuplée. J’ai dès lors décidé de créer un blog qui me ressemblerait.

Les débuts ont été laborieux, je le concède. C’était un univers qui m’était hermétique. J’étais familier avec l’utilisation d’Internet depuis l’aube des années 2000. Mais la construction d’un blog était tout à fait différente. Elle a été maladroite. Et plusieurs tentatives m’ont été nécessaires pour la conclure. Pas un instant à l’époque, je n’ai pensé que cette initiative imprimerait pour longtemps sa marque au fer rouge sur ma condition d’auteur.

Pendant quatre à cinq ans, ce blog n’a été pour moi qu’un simple divertissement. Je ne lui ai pas consacré une réelle opiniâtreté : j’y ai publié des résumés des romans fraîchement dévorés. J’y ai commenté les quatrièmes de couverture de livres dont vous êtes le héros. Après m’être lancé dans mes collections de figurines historiques – j’en ai plus de 3000 actuellement -, j’y ai posté des bulletins les décrivant. Mais sa fréquentation n’a été que très médiocre ; les hommes et les femmes qui s’y sont aventurés n’ont pas été séduits par ses rubriques.

Qu’aurais-je pu présumer d’autre de mon incursion dans la blogosphère ? Il m’a vite été évident que je ne percerai pas. J’en ai malgré tout profité pour ausculter nombre de sites ou de blogs analogues. Comme moi, mes confrères littérateurs y écrivaient qu’ils rêvaient d’être édités. Les leurs étaient néanmoins infiniment plus visibles que le mien. Quelques-uns étaient même jugés comme incontournables. Moi, ils m’ont paru communs parce qu’ils évoquaient des canevas sans cesse rebattus. Pour autant, leur succès était incontestable. « Pourquoi ? Comment ? », me suis-je interrogé. Ces questions m’ont copieusement hanté.

Déçu, chagriné, j’ai failli baisser les bras : « Je devrais peut-être me réfugier dans la solitude d’où je n’aurai pas dû m’extraire », me suis-je figuré. « J’ai peut-être été un excellent créateur d’aventures naguère, mais c’est peut-être fini aujourd’hui. Ces aventures ont peut-être jadis fait vibrer tes compagnons de séances de jeux de rôles. Mais c’était il y a des années. Ma carrière d’écrivain n’a peut-être pas d’avenir », me suis-je enquis.

J’en ai été meurtri, impossible de le nier. Néanmoins, avant de trancher, j’ai consenti à un ultime effort. Mème si cette obscurité et cette quasi-clandestinité m’étaient coutumiers, j’ai eu du mal à me résigner à les réintégrer. C’est pour ça que j’ai adhéré à un réseau social en pleine ascension au seuil des années 2010 : Facebook.

Dépité par le fiasco de mon blog, je n’en n’ai rien attendu. Je me suis contenté d’explorer les myriades de possibilités en matière de contacts qu’il offrait.

J’ai rectifié mon profil une demi-douzaine de fois. Il était fondamental qu’il corresponde à l’image de moi que je désirais véhiculer. Puisque c’est elle qui se rapproche le plus de qui je suis véritablement. Puisqu’elle n’a rien de commun avec le corps et le visage disgracieux qui la mutile. Puis, j’y ai affiché des illustrations andines : des photos domestiques. Des descriptions de mes tâches journalières. Des critiques de livres, de films, de musiques, de bandes dessinées dérivées de sagas telles que « le Seigneur des Anneaux », « Star Wars », « Dragonlance », « Conan », « Cthulhu »…

Or, les retours que j’en ai eu n’ont été que minimes. Qui ces notes ou ces dessins homériques et de science fiction pouvaient-ils attirer ? A part ma famille ou mes proches, éventuellement ! Et comme ceux-ci ne fréquentent que sporadiquement Facebook, mes quotes-parts se sont égaré parmi les millions d’autres qui proliférent sur le Web.

Une fois de plus, j’ai été tout près de rendre les armes. Un jour, cependant, j’ai accolé à mon « mur » trois ou quatre lignes évadées spontanément de mes pensées. Je les ai flanquées d’une aquarelle d’Héroic-Fantasy. Je les ai dupliquées. Je les ai insérées à mon blog. Je les ai agrégé à un site dédié aux pamphlétaires et aux poètes amateurs. Le lendemain, et les jours et semaines suivants, j’ai récidivé. Laissant mon inventivité vagabonder, j’y ai chaque fois pris énormément de plaisir. Ensuite, je ne m’en suis plus préoccupé plus que ça.

Un jour, je me suis rendu compte que plus nombreuses étaient les personnes qui s’en régalaient. Mes billets avaient suscité leur attention. Beaucoup de ces personnes m’ont invitées en tant « qu’ami Facebook ». Hétéroclites, elles ont permis à la notoriété de mon profil, puis à celle de mon blog, de croître. Ces personnes ont aussi publié de généreux commentaires sur mes billets. « Il ne s’agit peut-être là que d’un sursaut éphémère », ai-je songé. Non ! Progressivement, ce mouvement s’est considérablement amplifié. J’en ai été agréablement surpris ; un peu décontenancé aussi.

J’ai, dès lors, écris des textes de plus en plus ambitieux, de plus en plus recherchés. Ils se sont graduellement métamorphosés en hymnes romanesques, transformés en courts chapitres. Puis, en récits de trente, cinquante, cent pages… Je leur ai voué des journées – des semaines – entières. Je leur ai consacré l’ensemble de mes capacités psychique. Je leur ai inclus de multiples sources bibliographiques. Exercice aisé, il a été rare que je les relise et les réforme. Car, dans mon esprit à ce moment-là, ils ne devaient être propagés que sur Internet.

Il y a trois ans, je me suis attelé à la narration de deux nouvelles assez conséquentes. Je les ai intitulées « Chroniques des Semi-Immortels ». Celles-ci sont le préambule d’une saga la fois fantastique et historique dont les épisodes décisifs se trouvent dans mes archives. Il y a un peu du « Pendule de Foucault », d’Umberto Eco ou de « l’Ultime Secret du Christ » de José Rodrigues Dosantos dans ces textes. Mais ces nouvelles sont surtout liées à mes recherches à la Bibliothèque Nationale ou ailleurs : Alchimie, ésotérisme, et occultisme – entre autres -, s’y coudoient. Et les itinéraires symboliques qu’elles empruntent sont souvent méconnus.

Franc succès quand je les ai diffusées sur Facebook, j’ai ensuite édité ces « Chroniques » format papier. Moult efforts et un abondant démarchage m’ont été nécessaires. Non pas que ces nouvelles étaient médiocres ou saturées de coquilles. Le comité de lecture de la firme en ayant acquis leur droits n’en n’a démasqué qu’une. Non, cette firme étant suisse, modeste, et discrète, elle n’en n’a pas fait la publicité. Et il est notoire que sans campagne de promotion, aussi talentueux et surprenant soit-on, aucun résultat n’est envisageable.

Il ne faut pas omettre qu’entre détaillants la concurrence est féroce et impitoyable : les librairies ayant pignon sur rue ou les grandes enseignes préfèrent ne pas se risquer à inonder leurs rayonnages d’auteurs profanes. Ils parient avant tout sur des noms synonymes de bénéfices. Des Guillaume Musso, des Stephen King, des Michael Connelly, des John Grisham, etc. – pour ceux qu’il me plaît d’absorber.

Mes Chroniques ont dès lors sombré dans l’anonymat. Elles n’ont donc été qu’un opuscule parmi d’autres. Et ont rejoint les kyrielles de livres dont la gloire n’a été qu’éphémère… sur les réseaux sociaux. Paradoxalement, c’est de ce fiasco que sont nés deux événements qui ont tout changé.

Mon lectorat sur le Web s’élargissant, mes argumentaires de prédilection se sont diversifiés. Mes « Chroniques des Semi-Immortels » n’ayant mis en avant qu’un versant de mon « talent », je me suis mis à en dévoiler d’autres.

Les gens m’ont réclamé des textes inédits. J’ai ainsi pris sur moi de partager sur mon « mur Facebook » des articles historiques. Portant le nom générique de « De Deiteus Mythica, le Mythe des Demi-Dieux », ils ont suscité l’enthousiasme. En fait, je les avais rudimentairement construits lors de mon passage à la Bibliothèque Nationale. Ils représentent, aujourd’hui encore, la synthèse de mes notes sur l’éclosion de la Civilisation Humaine. Ils se penchent sur la « notion religieuse », de la Préhistoire à nos jours. Ils abordent ses paramètres mythologiques, ésotériques ou occultes. Ils scrutent les trois théologies monothéistes qui en ont éclot. Leurs 1800 pages sont l’aboutissement de deux décennies de fermentation intellectuelle et érudite.

A partir de ce moment-là, la résonance qu’ont eu mes exposés n’a plus été la mème. Elle s’est répandue comme une traînée de poudre. Est-ce parce que j’y approfondissais les civilisations de Sumer, d’Egypte, d’Akkad, de Babylonie, de Chine ou d’Inde ancienne ? Est-ce parce que j’y creusais les cultures primaires nées en Amérique du Sud – Olmèques, Mayas… -, en Europe – Celtes -, en Afrique Noire – Éthiopie -, etc. ? Je ne sais pas. Toujours est-il que mon lectorat officiel sur Facebook a, en quelques mois, dépassé les 1500. Il s’enfle depuis immuablement. Plus de 950 hommes et femmes suivent mon fil d’actualité. Ils sont français, anglais, américains, marocains, chinois, canadiens… Mon « groupe Facebook » baptisé « Mes Univers » a plus de 1900 adhérents. Mes comptes Twitter, Google+ inaugurés en 2016, sont encensés. Mon compte Atramenta, qui encourage la lecture et le téléchargements gratuits, est louangé. Les apostilles que j’y poste sont hebdomadairement récupérés des dizaines de fois. Mon compte LinkedIn, que j’ai ouvert il y a deux mois, lui, m’apporte la caution d’un réseau de plus de 1000 professionnels tous secteurs confondus. Quant à mon blog, il a franchi les 110 000 vues en début d’année.

Je suis cependant lucide : c’est infime comparé aux millions de vues des plus blogs ou autres sites de partages les plus courtisés.

Parfois même, mes articles sont espérés. Une anecdote est susceptible de vous éclairer à ce sujet : tandis que j’étais découragé de voir mes « Chroniques » rallier la masse de recueils dénués de perspective, je me suis demandé s’il ne valait pas mieux que je mette un terme à ma vocation. J’en ai fait état sur mon « mur Facebook ». Aussitôt, une foule de liseurs m’a supplié de ne pas abandonner. De partout, ceux-ci s’en sont inquiété. Comme s’ils étaient sur le point de devenir orphelins. J’en ai été ébranlé.

Cette réaction m’a démontré que j’apportais à ces gens quelque chose d’important. Elle témoigne du préjudice dont je suis victime. Elle démontre qu’il est regrettable de n’avoir que ce vecteur alternatif pour être lu, légitimisé, louangé. Qu’il est préjudiciable que des éditeurs confirmés n’osent pas donner leur chance à des acteurs de la vie littéraire débutants. Qu’il est fâcheux que les médias s’en détournent parce que ces derniers n’ont pas d’accointances parmi eux.

Des célébrités telles que Carole Gaessler – qui s’est muée en véritable amie au fil des échanges -, Laurent Fabius, Franck Leboeuf, Christian Jacq, Christophe Jakubyszyn, Pascal Obispo, ou Douglas Kennedy, se penchent souvent sur mes articles. Carole Gaessler les répercute auprès de ses confrères journalistes du 19/20 dès qu’elle en a le temps. Elle en est très friande. Mon blog, de son coté, est maintenant journellement sollicité par plusieurs dizaines de personnes. Jamais je n’aurai supposé que mes contributions purement historiques puissent provoquer un tel engouement.

Une fois mes relations historiques mises sur les rails, j’ai commencé à rédiger des annales philosophiques : « Qu’est-ce que la Vérité ? », « Dieu et le Big-bang », « Introspection sur le Devenir de l’Humanité », appartiennent à cette catégorie. Deux de ces titres sont rivés à cette lettre. J’ai aussi enchaîné avec des thèses exigeantes affrontant l’actualité la plus brûlante : la crise des migrants, les élections présidentielles aux États-Unis ou en France, les attentats ayant dernièrement secoué notre pays, l’Europe, la montée des extrêmes en politique. Je dois avouer que le fait de dialoguer régulièrement avec Carole Gaessler n’y est pas anodin.

Par leur biais – de deux à trois paragraphes, ces annales se sont vite transformées en essais de dix à vingt pages -, ma connaissance, ainsi que ma fascination pour ces éruditions, se sont développés ; mes questionnements pareillement. L’économie, la géo-stratégie, la diplomatie, etc. attisent ma curiosité. Car ils éclairent avec acuité les soubresauts secouant en permanence notre monde.

Ma culture générale est un outil précieux. Je sais que, mesurée à d’autres, elle est hors normes. Et comparée à d’autres encore, elle est infime. Pour ma part, j’ai l’impression d’être un néophyte. Tant de branches du Savoir humain me sont opaques. Car « Je ne suis qu’un grain de sable isolé parmi des milliards d’autres grains de sable. », ou « Je ne suis que moi, ni plus ni moins. », comme je le répète à l’occasion.

C’est parce que j’ai divulgué ces essais sur le Facebook que des franc maçons m’ont approché. Croyant que j’étais l’un des leurs, ils m’ont invité à dispenser mes articles au sein de leurs groupes affiliés à ce réseau social. J’en ai été étonné, ravi, et flatté. Mais j’ai également d’abord crains que leurs modérateurs m’en refusent l’accès. Car en aucune circonstance, je n’aurai songé qu’un cercle aussi influent et aussi prestigieux que la Franc-Maçonnerie porte un regard bienveillant sur mes argumentaires. Puis, la Franc-Maçonnerie est une association avant tout « secrète ». Elle n’est que rarement sous le feu des projecteurs. Ses « initiés » sont très discrets. Comment et pourquoi me toléreraient-ils parmi eux ?

Un peu intimidé, très curieux, j’ai publié dans leurs groupes des articles inédits. A ma stupéfaction, ces franc-maçons les ont plébiscités. Ils se sont mis à m’en commander d’autres. C’est ça qui a fait germer en moi le projet de vous écrire. Mais il m’a fallu du temps avant de véritablement oser, je l’admets.

Depuis lors, je ne cesse plus d’accroître mes champs de réflexion. La confiance que ces franc-maçons me dispensent – comme celle de ces centaines ou milliers de personnes qui m’assurent de leur soutien -, est irremplaçable. Moi qui, par les épreuves personnelles que j’ai enduré, n’a qu’une assurance limitée, je suis stimulé par leur foi en mon talent. Désormais, je voue des journées – des semaines – entières à chacun de mes récits.

J’ai qualifié l’ensemble de ces articles de « Brèves Philosophiques ». Elles dénombrent 700 à 800 pages. Elles viennent s’ajouter à tous les textes que j’ai déjà signalé plus haut. A chaque fois que j’élabore une « Brève », je l’imprime. Je la répertorie, et je la range avec les précédentes dans des classeurs. Lesquels s’adjoignent à des dossiers relatant 1000 pages de « Mémoires » ou de « Souvenirs Fragmentaires ». Elles s’additionnent aussi avec plus de 150 pages « d’Itinérances Poétiques ».

Toutefois, ces « Brèves » ne sont qu’anecdotiques à coté du livre dont j’ai entamé la rédaction en Novembre 2016. Il est intitulé : « les Origines idéologiques et ésotériques du Nazisme ». Et j’en ai, pour l’instant, élaboré 175 feuillets. Je pense qu’il en possédera probablement 500. Ce manuscrit nécessite donc encore un copieux travail. Mes notes et synthèses datant de l’époque où j’œuvrais à la Bibliothèque Nationale en sont partiellement le fondement. Les données que j’ai recueilli ultérieurement en France et un peu partout en Europe aussi. Elles sont perpétuellement disposées sur une petite table d’appoint située à proximité de mon ordinateur. Et alors que mes doigts virevoltent sur mon clavier, il me suffit de tendre le bras pour m’en emparer.

C’est un labeur exténuant – physiquement, psychiquement. Mon intellect, ainsi que mes facultés de raisonnement, sont en permanence sollicités. J’étoffe lentement mon manuscrit. Car je dois sans cesse me reporter à mes archives afin de l’alimenter. Deux à trois ans me seront indispensables afin de l’achever.

Mon intention, notamment par le biais de LinkedIn, est de faire publier mes « Brèves Philosophiques » et mes « Origines Idéologiques et Ésotériques du Nazisme ». Je m’y constitue progressivement un tissu de contacts ultérieurement utiles potentiels.

Mon désir le plus ardent est d’y trouver un éditeur respecté et respectable ; un de ceux ayant des relais dans les médias et le commerce du livre. Mais, c’est épuisant, chronophage, un parcours semé d’embûches et de désillusions. Car autrement, je n’ai ni ami ni correspondant dans le milieu de l’édition littéraire. Et si le préambule de mes « Chroniques des Semi-Immortels » a été un échec, c’est partiellement pour cette raison. Il a mis en exergue un point essentiel : ce milieu est quasiment impénétrable à une personne qui n’y a pas d’accointance avec lui. Si ce n’est pour les célébrités ou les auteurs dont le nom est synonyme de rayonnement et de popularité, c’est une forteresse infranchissable.

Pour autant, je ne suis pas quelqu’un qui se démotive facilement. J’ai déjà un peu tâté le terrain sur LinkedIn. Et les extraits de mes « Brèves Philosophiques » et de mes « Origines idéologiques et ésotériques du Nazisme » y ont été plutôt favorablement salués. J’use donc de toutes les possibilités qui m’y sont offertes pour m’efforcer de me manifester auprès de ces décideurs. Je ne suis pas naïf malgré tout : combien d’écrivains amateurs les implorent de jeter un œil sur leurs maquettes ? Un sur mille – moins ? – interpellent ces derniers. Il ne faut pas se faire d’illusions.

La surabondance de textes de toutes sortes explique ce phénomène. La rareté de récits assez originaux, également. Ajouté à cela un débordement de synopsis dotés d’un vocabulaire d’une pauvreté affligeante, parsemés de fautes d’orthographe, de fautes de grammaire, de lourdeurs, de répétitions, il en résulte cette conséquence. Les auteurs qui transmettent leurs textes à des éditeurs ne se rendent pas compte des barbarismes auxquels ils les opposent. Ils les contraignent à ne garder que les plus remarquables et les mieux écrits. J’ai d’ailleurs moi-même constaté à moult reprises, sur Facebook ou ailleurs, à quel point le faible niveau de beaucoup de mes collègues est stupéfiant. Il est inquiétant.

Au final, si je vous communique aujourd’hui cette missive, c’est parce que le destin use épisodiquement de stratagèmes extraordinaires. Ainsi, l’immense majorité des franc-maçons des groupes auxquels je suis affilié sur Facebook est convaincue que j’en suis un. Quand leurs adhérents parcourent un de mes articles, ils voient en moi l’un de leurs frères. Et, lorsque je leur explique que je n’en suis qu’un sympathisant, ils sont à la fois interloqués et consternés. Ils s’indignent du fait que je ne sois pas assujetti à votre Ordre. Ils m’incitent à me faire introniser au sein d’une loge. Et ils me rappellent en cela cette recommandation que m’avait exhorté de suivre mon amie Caroline de Perpignan il y a une quinzaine d’années.

Ces franc-maçons observent des concordances entre mes écrits et la philosophie propre à votre communauté. Comme elle, je suis imprégné de l’Esprit des Lumières. J’ai toujours été, je suis toujours, et je serai toujours, avant tout, un Humaniste. La Connaissance, les débats existentiels qui ont hanté l’Humanité depuis l’Aube de son Histoire, m’ont toujours enflammé. Ma quête de Savoirs me permettant d’entrevoir quelques-unes de leurs réponses, est vorace. Elle est l’un des moteurs de mon intellectualité et de ma mystique. Même si je demeure avisé : je n’aurai pas assez de toute une vie, ou de mille, pour atteindre l’état « d’illuminé ».

En attendant, je le confesse sans peine, l’un de mes désirs les plus ardents est de rejoindre votre corporation. Celle-ci couvre bien des couches de la population française. L’Industrie, la finance, les arts, la politique, les belles-lettres, la politique, etc. sont quelques-unes des disciplines adoptées par vos affidés. Ce sont des thèmes passionnants, enrichissants. En tout cas, c’est comme ça que je les conçois. Ils m’invitent à vous ouvrir des pans entiers de mon existence ou de mon âme.

J’espère pouvoir apporter mon écot à votre Ordre. Aussi modique, aussi suranné, aussi éphémère soit-il, ce que je souhaite avoir l’honneur et le privilège de lui offrir est sincère. C’est paré d’humilité, de respect, d’application, et de soumission, que je me tourne vers lui. C’est avec humanité que je lui livre les valeurs et les espérances qui sont les miennes. C’est avec tout ce qui m’a construit, au travers de mes victoires et de mes défaites, au travers de mes forces et de mes faiblesses, au travers de mes capacités et de mes incapacités, que je me dévoile à lui.

C’est en partageant avec des « initiés » et des « Maîtres » franc-maçons, en étant stimulé par eux que je me découvrirai moi-même, j’en suis convaincu. J’évoluerai alors peut-être – si telle est la volonté du Grand Architecte de l’Univers – vers quelque chose de plus grand et de plus considérable que moi. Je progresserai éventuellement plus avant sur les sentiers du Savoir et de la Sagesse. Si tel est Son souhait, je propagerai autour de moi les Enseignements dont je serai le réceptacle. Si non, Il me conduira là où je Lui serai le plus utile. Et au crépuscule de mon existence, je pourrais définitivement quitter mon enveloppe charnelle en me disant : « Au moins, n’aurai-je pas vécu en vain. »

C’est nanti de cette Vérité que je retranscris ces ultimes mots. Je vous conjure de me pardonner la longueur de cette lettre. Il m’a paru fondamental de porter à votre connaissance tout ce que j’y ai narré.

Je vous remercie de l’attention que vous avez bien voulu me prodiguer. Vous m’avez accordé un peu de votre précieux temps, ce qui n’est pas rien. Je vous prie donc, Monsieur, d’agréer mes salutations les plus distinguées.

Dominique Capo

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Oliver Delabre - (Delloly)
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Bonsoir

sachez que je vais devoir l’imprimer,
il m’est contraire de lire de telles pages sur ordi
cela m’endort ! pOurtant le sujet est remarquable et intéressant.
Sur un computer, la mise en page est essentielle pour accrocher
J’y publie parfois des lettres de ma créatrice et tente de les faire lire.
je pense que sur ce matériel, il faudrait couper en 2 la longueur,
pour être lisible ! Ce, puisque je vais l’imprimer, je le lirais comme une nouvelle!

Merci beaucoup j’ai hâte

OL

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