«

»

Mai 05 2019

Imprimer ce Article

Les geôles de Cherbourg – Patrice Fougeray

Le bourdonnement des consommateurs, rempli l’estaminet

De la rue, des bruits leur parviennent, estompés, désuets

La pluie mouille les toits et couvre de nuit la ville

Les trottoirs reflètent les lumières vacillantes des lampadaire à huile

Les flaques noient les chaussures, emportent dans leurs vagues

Des rêves de pieds marins, pieds aux plantes submergées, en divague,

Noyées dans leurs prisons, comme aux jours de tempête

Les prisonniers de la digue entendant sur leurs têtes

La mer se déchaîner.

Se déchaîner!

Eux, portant leurs fers, hurlent au fond des geôles!

Leurs cris se mêlent encore aux hurlement du vent

Aux plaintes de la pierre martelée par les vagues.

L’eau par les ouvertures déverse ses casseroles

Transperce et les paillasses et tous les vêtements

Déjà usés et et percé et si vagues

Eux pourtant se blottissent au coin le plus profond

A l’abri des embruns, cherchant  de la sécurité, l’illusion.

..Illusion!

Devant Barfleur s’éventrent le pêcheur

Ou l’insubmersible liner

Drossés par les courants sur les sombres étocs

Où se déchirent leurs coques

Manne tant espérée, des naufrageurs

De toute époque.

Puis lorsque le vent et les vagues acceptent les marins

Dans la paix de la mer, l’on retrouve au matin

Les épaves échouées aux récifs de Barfleur

S’égouttant comme ruisselants de pleurs

Et à Cherbourg les noyés de la digue

Dont on rejette les os en chantonnant “La Digue”

 

Patrice Fougeray

2+

Lien Permanent pour cet article : https://www.plume-de-poete.fr/les-geoles-de-cherbourg-patrice-fougeray/

Optimization WordPress Plugins & Solutions by W3 EDGE