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Mar 24 2019

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Les babines de la babouine – Christian Satgé

Petite fable affable
 
Dame Babouine grince et couine.
Depuis quelques jours, la voilà sur les dents
Qu’elle avait fort longues… et la langue en pendant :
Ses crocs lui font donc la mine chafouine
Tant elle en souffre, hélas. C’est bien évident.
Et,  de jour comme de nuit, très obsédant.
Pour l’heure, tous les gros mots n’étant point d’aide,
Elle voudrait aux grands maux les grands remèdes.
 
Pleurant sur ses chicots que Luís, lui, chantait*,
Elle emporta ses pleurs chez sa voisine, 
Avec qui, parfois, elle baragouine.
Le gosier gourd et les mots qui chuintaient,
La face fripée, froissée, presque marsouine,
Elle dérangea lors cette rabouine,
Menteuse comme une arracheuse de dents,
Qui, tout miel, s’offre à l’aider cependant.
 
De mots doux, la voisine l’embabouine,
Quoi qu’elle ait le cœur aussi dur que la dent.
La camuse profita de l’incident,
En usant de mille ruses de fouine
Pour faite perdre à l’autre tout ce mordant 
Qui souvent lui avait fait serrer les dents,
Et en un tournemain, ses crochets décroche
Même ceux sains et durs comme de la roche !
 
Le dentier sagouiné en entier –
Ratiches à ras et gencives en sang, mâchoire
Mâchée, lèvres affaissées, de bleus fort noires,… –
Notre édentée sourit comme un gargotier :
Elle ne souffre plus. Et on peut l’en croire,
Même si elle peine, mal provisoire,
À desserrer ces dents-là qu’elle n’a plus,
Elle a les quenottes en menottes au surplus.
 
Mais depuis lors, quoi qu’elle glisse en sa glotte,
Elle s’étiole, se tait, s’éteint, songeant
Que les bêtes de la Jungle, en nous singeant,
N’ont pas plus de méninges sous la calotte :
N’ayant plus de chaille, c’est intelligent,
Elle ne peut en croquer sans quelque agent
Quand notre bête a, justement, la dent. Mince,
Souffrance que sa rage d’hier, Mon Prince !
 
Il en ainsi de ces solutions
Qu’on veut radicales, prises dans l’urgence
Surtout si pour cela, on fait allégeance,
Au premier qui est tout élocution !
 
 
© Christian Satgé – janvier 2017
 
* Les singes sont, on le sait, mélomanes. L’allusion à la chanson de Luís Mariano : « Mes Chicots, Mes chicots,… ! » n’étonnera pas le lecteur soit-il d’ici ou d’ailleurs dans le « mon dentier » !
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Obsédé textuel & rimeur solidaire, (af)fabuliste à césure… voire plus tard, je rêve de donner du sens aux sons comme des sons aux sens. « Méchant écriveur de lignes inégales », je stance, en effet et pour toute cause, à tout propos, essayant de trouver un équilibre entre "le beau", "le bon" et "le bien", en attendant la cata'strophe finale. Plus "humeuriste" qu'humoriste, pas vraiment poétiquement correct, j'ai vu le jour dans la « ville rosse » deux ans avant que Cl. Nougaro ne l'(en)chante. Après avoir roulé ma bosse plus que carrosse, je vis caché dans ce muscle frontalier de bien des lieux que l'on nomme Pyrénées où l'on ne trouve pire aîné que montagnard.

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Béatrice Montagnac
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Ouah j’ai cassé mon dentier ben mince chat alors quel singe est passé par là pauvre de moi sourire
J’ai adoré cette fable animal et sauvage hé c’est la jingle qui veut
Bravo Christian de cette plume sur les dents
Douce soirée bises !

Anne Cailloux
Membre

C’est fait pour moi ça? A partir d’aujourd’hui je me souviendrais de votre proverbe..
J’adore vos fables. étant plus proche des animaux que des êtres humains..
Bravo Christian
Anne

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