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Juin 06 2018

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L’enfant autiste pendu – Hubert du Clos Lus

Les vanneaux à l’automne

Se posent dans les champs

Ailes noires ailes blanches

Repartent au printemps

Ciel gris ciel blanc

O les songes d’enfant

Tu n’étais pas un homme

Tu n’étais qu’ un oiseau

De passage seulement

Petit vanneau  souffrant

Ciel gris ciel blanc

Avec  tes songes d’enfant

Dans un rectorat mort, un con dans un bureau

Moi – reçoit  un appel  ,  vilain cri de corbeau

Pendaison à Gisors , il n’avait pas douze ans

Veuillez notifier un message aux parents

Ciel gris, ciel blanc

A quoi songeais-tu, enfant ?

Des songes de loriot

Des songes de passant

Des rêves  de sanglots

De tes onze printemps

Cieux gris cieux blancs

Tu plongeas, enfant

Toi qui volais si haut,  vanneau virevoltant

Toi qui  aux nues planais  , malheureux, qu’as-tu fait ?

Au pied d’un escalier, tu as tué tes parents.

Ailes grises ailes blanches

Ont emporté  l’enfant

A l’école pas bien

 L’école mauvais sires

Tous les jours , ils venaient vers toi pour te détruire

 

Ciel noir ciel blanc

Tes songes  graduellement

S’obscurcirent

Tu  parlas  aux parents, tu voulus le leur dire

Avec tes pauvres mains, le langage des cygnes

Mais eux ne pouvaient rien , ils voulaient qu’on t’enseigne

A devenir  comme eux : normal et même pire

Ciel gris ciel blanc

La mort à onze ans

Ciel gris ciel blanc

Tu songeas  au néant

Ciel noir ciel noir

Apparut  le freux

De la Mort un soir

Ainsi s’en va l’autiste, triste sansonnet

Un soir qu’il réalise qu’il n’était pas fait

Pour un monde d’humains, lui, le vanneau fugueur

Il lui faut succomber à l’appel des hauteurs

Ciel gris ciel blanc

Accueille l’enfant

Alors  ,l’hiver venant,

         Quand je vois très haut

Au carreau de mon bureau

Passer les vanneaux

Allant revenant

De passage seulement

Je pense  à toi enfant

Je sais que les grands oiseaux du Nord au vol  lent

Voient bien leur petit frère mort au champ dolent

         L’infirme qui était rossignol au-dedans

Qu’ils signalent entre eux , qu’ils saluent en volant

La tombe de l’ami  passereau chancelant.

***

© Hubert du Clos Lus – 2018

 

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Né en Bretagne, à Combourg 35.

Joueur d'échecs compulsif. Grand lecteur.

Père d'une enfant handicapée mentale et génétique.

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