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Oct 18 2018

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L’enfant autiste pendu – Hubert Clolus

Les vanneaux à l’automne

Se posent dans les champs.

Ailes noires ailes blanches

Repartent au printemps.

Ciel gris, ciel blanc

O,  les songes d’enfant

Tu n’étais pas un homme

Tu n’étais qu’ un oiseau

De passage seulement

Petit vanneau  souffrant

Ciel gris, ciel blanc

Avec  tes songes d’enfant

Dans un rectorat mort, un niais dans un bureau

Moi – reçoit  un appel  ,  vilain  cri de corbeau ,

Pendaison à Gisors , il n’avait pas douze ans .

Veu-/illez- no-tifi-/er -un -mes/sage- aux- pa/rents

Ciel gris, ciel blanc

A quoi songeas-tu, enfant ?

Des songes de loriot

Des songes de passant

Des rêves  de sanglots

De tes onze printemps

Cieux gris ,cieux blancs

Tu plongeas, enfant .

Toi qui volais si haut,  vanneau virevoltant,

Toi qui  aux nues planais  , malheureux, qu’as-tu fait ?

Au pied d’un escalier, tu as tué tes parents.

Ailes grises ,ailes blanches

Ont emporté  l’enfant.

A l’école pas bien, l’école mauvais sires,

Tous les jours , les choucas venaient pour te détruire

Ciel noir, ciel blanc,  tes songes  graduellement

S’obscurcirent.

Tu  parlas  aux parents, tu voulus le leur dire.

Avec tes pauvres mains, le langage des cygnes.

Mais eux ne pouvaient rien , ils voulaient qu’on t’enseigne

A devenir  comme eux : normal et même pire.

Ciel gris, ciel blanc

La mort à onze ans

Ciel gris, ciel blanc

Tu songeas  au néant

Ciel brun, ciel noir

Apparut  le freux

De la Mort un soir

Ainsi s’en va l’autiste, triste sansonnet,

Un soir qu’il réalise qu’il n’était pas fait

Pour un monde d’humains, lui, le vanneau fugueur,

Il lui faut succomber à l’appel des hauteurs.

Ciel gris, ciel blanc

Accueille l’enfant

Alors,  l’hiver venant,

Quand je vois , tout là-haut,

Au carreau de mon bureau,

Planer les vanneaux

Allant revenant

De passage seulement

Comme toi , enfant

Je sais que les grands oiseaux du Nord au vol  lent

Reconnaissent leur  frère mort au champ dolent,

L’infirme qui était rossignol  au-dedans,

Qu’ils signalent entre eux , qu’ils saluent en volant

La tombe de l’ami , passereau chancelant.

 

Hubert Clolus

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