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Juin 17 2019

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le viol – Laetitia Cavagni

Il faisait sombre

Elle tentait d’échapper

À toutes ces mains sur elle

Juste des ombres

Menaçantes et enfiévrées

S’acharnant comme un appel

Elle a dit non

Elle s’est levée

Elle qui était à genoux

Un pénis dans la bouche

Un autre dans son vagin

Il l’a retenu Reprenons

Mais elle s’est extirpée

Elle qui était en-dessous

Un sexe qui la pousse

Un autre qui déploie de grands moyens

Elle vous a dit non

Elle s’est relevée

Il s’est érigé

L’a bousculé

Elle s’est presque évadée

L’un est part

Criant contre cette pute

Qu’il payait pourtant

L’autre l’a suivi

Toujours en rut

Il allait la mater cette enfant

Une porte claqua

Celle donnant sur l’extérieur

Une autre se ferma

Un son destructeur

Au début son enjôleur

Il n’était pas beau

Petit comme un pourceau

Mais il était fort

Il la protégeait soi-disant contre des porcs

Elle n’avait jamais vu

Jamais perçu

Que de sa fragilité il se servait

Que de son corps il se jouait

Il se jouait de sa jeunesse

De ses faiblesses

Elle tente de se souvenir

Elle tente d’y revenir

Mais il n’y a que cette obscurité

Lorsqu’il la jette sur son lit

Sa colère déchainée

Envahit par ses envies

Un homme

Un mâle

Il l’assomme

Elle a mal

Il serre ses mains

Au-dessus de sa tête

Il est costaud c’est certain

Il l’étrangle de son autre main

Il s’entête

Il la force

La pénètre

La viole

Il s’appuie sur sa gorge

La crève

La vole

Elle ne bouge plus

Combien de temps

Long court en arrière en avant

Il a conclu

Les images sont vives

Les souvenirs sont flous

Elle ne voyait plus la rive

Elle était face à un fou

Juste se rhabiller

Où étaient ses vêtements

Juste s’exfiltrer

Elle n’en peut plus de ses halètements

Viens je te raccompagne

Viens dans ma voiture

Pourvu qu’ensuite il s’éloigne

Elle monte avec cette ordure

Il est toujours en colère

Il se sent humilié

Mais il dit je le tolère

Tu feras mieux la prochaine fois

Il est si énervé

Elle n’a plus de voix

Vite vite

Rentrer

Please please

Assez

Et après

Oublier

Et après

Se lever

Y aller

Chaque matin

Se réveiller

Sans être une catin

Elle voyait de l’amour

Là où il ramassait de l’argent

Elle voyait du glamour

Là où il n’était qu’un marchand

Et ensuite

Elle a prit la fuite

Des milliers de kilomètres

Oublier ne pas se reconnaître

Et vivre

Vivre dans cette peur

Devenir une proie

Va-t-il la poursuivre

Elle ne voit que des leurres

Se retourner à chaque endroit

N’avoir jamais été humaine

Avoir été une aubaine

Pour cet homme

Pressée à son maximum

De la baise

Du fric

Mais chut chut

Elle ne sait rien

Rester un fin stratège

Lui créer un monde féérique

Alors chut chut

Elle ne voit rien

Ma jolie pute malgré elle

20.05.2019

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