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Mai 22 2019

Christian Satgé

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Le dindon des cimes et la perdrix des neiges – Christian Satgé

Petite fable affable
 
Alors que la nature entre en son cocon,
Un grand tétras, un de ces dindons des cimes,
Que l’Homme ne croît que coq, dans les flocons
 Tombés, fier de sa livrée chiquissime,
Paradait, le pied sûr : ce blanc manteau
Rendait bien plus beau encor’ ce pataud.

Voulant que chacun partageât, ici même,
 Son admiration pour lui, blasphème,
Il s’en ouvrit à sa cousine perdrix
Qu’on nomme dans ces montagnes lagopède
Qui elle, avait remis, sans clabauderie,
Son plumage de saison sans l’intermède.

Il dit, se prenant pour le Prince Édouard :
« As-tu la témérité d’être couard
En ce temps où chacun n’a que le courage 
De se taire ou, las, de s’auto-flageller ?
As-tu honte des on-dits et des commérages 
Sur tes fades plumes d’été ocellées ? 
Te voilà, bête en tenue de camouflage !

– Hantant nos hauteurs, loin de leurs villages,
Nous arrivent, bon Maître Coq, des chasseurs.
Je me cache pour ne pas finir mortadelle
Dans les mains de ces monstres, fins rôtisseurs,
La peur ne me donnant jamais assez d’ailes.

– Qu’importent ces Humains, sois heureux de vivre
Et de ce que la Nature t’a fait libre !

On le reste pas longtemps, encostumé
Comme tu l’es, quand  le danger est célastre :
Si le fumet du bonheur n’est que fumée,
L’ombre du malheur est déjà un désastre ! »

 
© Christian Satgé – mars 2018
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Au sujet de l'auteur

Christian Satgé

Christian Satgé

Obsédé textuel & rimeur solidaire, (af)fabuliste à césure… voire plus tard, je rêve de donner du sens aux sons comme des sons aux sens. « Méchant écriveur de lignes inégales », je stance, en effet et pour toute cause, à tout propos, essayant de trouver un équilibre entre "le beau", "le bon" et "le bien", en attendant la cata'strophe finale. Plus "humeuriste" qu'humoriste, pas vraiment poétiquement correct, j'ai vu le jour dans la « ville rosse » deux ans avant que Cl. Nougaro ne l'(en)chante. Après avoir roulé ma bosse plus que carrosse, je vis caché dans ce muscle frontalier de bien des lieux que l'on nomme Pyrénées où l'on ne trouve pire aîné que montagnard.

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