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Fév 24 2015

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La vraie histoire de la création – Jean-Claude Gaïd

En ce temps là régnaient les Ténèbres. Nulle lumière, nul reflet, pas la moindre étincelle. Et cela dans tout l’ Univers. Savez-vous ce que c’est l’ Univers ? Un vaste désert, sans limite. Vous pouvez vous y déplacer aussi vite que vous le voudriez, jamais vous n’en atteindrez la frontière. Il restera toujours devant vous une noire immensité. De plus comme justement il y fait très noir, vous ne verrez rien, n’aurez aucun point de repère, aucune orientation, et vous pourriez repasser mille fois au même endroit sans vous en douter.

 Et dans les Ténèbres, seul, Dieu…

Et, seul, Dieu s’ennuyait à mourir. Mais, étant Dieu, il ne pouvait pas mourir et s’ennuyait encore plus. D’autant que cela faisait des milliards de milliards d’années, même bien plus puisque Dieu a toujours existé. Le Temps, c’est comme l’univers, il n’y a pas de commencement, il n’y a pas de fin. Imaginez remonter loin dans le temps. On pourra toujours remonter en arrière, et jamais on n’arrivera au bout. Pareil dans le Futur.

 Dieu décida donc de se divertir. Et ces ténèbres étant très démoralisantes, il eut l’idée de créer la Lumière. Usant de ses pouvoirs, qu’il n’avait jusque là jamais utilisés, il jeta dans l’espace des millions de tonnes de gaz différents qui, en se rencontrant et en se mélangeant, produisaient d’ immenses feux d’artifice. Tout cela giclait, fusait, éclatait, dans des éclairs de toutes les couleurs, dans un vacarme étourdissant… Dieu était un grand chimiste et un grand physicien. Il fit en sorte que ces gaz et ces feux produisent de la matière, et ces boules de feux devinrent des étoiles, qui brûlèrent durant des milliards d’années. A l’époque, la notion d’année n’existait pas encore, et ce qui pour nous parait durer une éternité, cela paraissait durer en ce temps là quelques heures seulement, voire quelques secondes.

Et Dieu s’amusait comme un petit fou. Et lorsqu’il estimait qu’il y avait suffisamment d’étoiles dans son coin, il organisait cet espace de façon à ce que les étoiles produisent des planètes, qui refroidiraient en quelques milliards d’années, puis que tout cela disparaisse un jour et que d’autres étoiles naissent. Et ainsi de suite, pour  que la Lumière soit éternelle.

Puis, tout étant réglé, il se déplaçait vers un autre coin de l’univers encore dans les Ténèbres, et il recommençait..

Et ainsi de suite…

Il créa une infinité de galaxies, toutes différentes, de formes variées, aux couleurs intenses.

Puis il se rendit compte qu’il ne pourrait pas continuer ainsi indéfiniment, puisque l’ Univers est interminable ! Je ne sais jusqu’où il a créé ses étoiles , et combien il peut y en avoir, tout ce que je sais, c’est qu’il finit pas se lasser, et chercha une autre occupation.

Il avait remarqué, au cours de ses pérégrinations, une étoile qui lui paraissait plus sympathique que les autres. Cette étoile brillait de mille feux, sa surface était bouillonnante, des jets de matière en fusion s’élançaient brusquement dans l’espace, à des hauteurs que j’ai du mal à imaginer. Ce Soleil dégageait une chaleur intense, un rayonnement extraordinaire, et Dieu se dit qu’il y avait quelque chose à faire avec ça. En observant bien autour du Soleil, il remarqua diverses petites planètes qui tournaient en orbite. L’une d’elles lui paraissait ni trop près ni trop loin de l’astre principal, il la trouva très belle, et il décida de l’aménager. Car à cette époque, les planètes étaient jeunes, et étaient encore des boules de feux impétueuses qui refroidissaient très lentement. Et sur cette planète, qu’il baptisa « Terre », c’était le chaos. Partout des volcans crachaient leur lave, le sol bougeait partout en d’effrayants tremblements de terre. Avec tous ces gaz qui s’échappaient du centre de la planète, l’air y était irrespirable, plein de poussières jaunes, rouges, noires, une chaleur abominable nous y aurait cuits immédiatement…

Alors Dieu arrosa la Terre et la pluie fit tomber la température.

Alors, des lacs et des mers apparurent, l’herbe les arbres et les fleurs levèrent, les nuages s’espacèrent, l’air devint pur et le ciel bleu…

Dieu était content. Il avait fait là du beau travail et il était fier de son Œuvre. Il trouva la Terre magnifique, et il décréta que la Terre serait sa planète préférée. Et il la laissa Unique, les choses rares étant les plus belles.

Aucune autre planète n’eut les privilèges de la Terre. Les unes étaient trop chaudes, d’ autres trop froides, d’autres encore trop gazeuses ou trop sèches ou trop humides. Bref, la Terre demeura Unique.

Mais sur cette merveille, tout était quasiment immobile, à part l’eau qui coulait, le vent qui soufflait et les nuages qui passaient.

Dieu créa alors les animaux pour donner de la vie à cette Terre. Il les créa par deux, un mâle et une femelle, pour qu’ ils puissent s’aimer et se reproduire,et différentes espèces, pour que les unes mangent les autres pour se nourrir et pour réguler leur prolifération sans qu’il aie à s’en occuper.

Et la Terre devint vivante et gaie.

Tous ces animaux étaient pacifiques, vivaient ensemble, et ne tuaient et ne mangeaient l’herbe que pour se nourrir, pour que les animaux épargnés soient plus forts et l’herbe plus verte.

Ainsi allait la vie.

Dieu était content. Il avait encore fait là du beau travail et il était fier de son Œuvre.

Mais son travail terminé, il recommença à s’ennuyer. La Terre tournait toute seule, les animaux vivaient leur vie. Mais, à son idée, ces animaux avaient une vie bien réglée, sans surprise , sans fantaisie. Et il eut envie de créer un être parfait, à son image, avec lequel il pourrait avoir une relation privilégiée.

Dieu, qui savait sculpter, (Dieu sait tout faire sans avoir besoin qu’on lui explique. D’ailleurs, il n’ y avait personne pour lui expliquer. Il fallait donc bien qu’il se débrouille tout seul), donc Dieu prit sur la Terre une poignée d’ argile, et il façonna un être magnifique ! Il le dota de quatre mains pour qu’il puisse se déplacer facilement dans les arbres et sur terre, le fit tenir debout pour qu’il puisse voir loin,lui fit une ossature solide, des muscles puissants, une grande bouche expressive, et un regard absolument craquant.

Dieu venait de créer le Bonobo ! Et pour que le Bonobo ne s’ennuie pas, il lui préleva une côte qu’il avait fait en trop (on peut être Dieu et être étourdi!) et il lui donna une compagne issue de cette côte.

Et ces deux là s’aimèrent follement. Ils passaient leur temps à se bisouiller, à se caresser, à se faire l’amour, à gambader dans les prés, et à refaire l’amour.

Dieu les baptisa Adam et Eve.

Dieu était content de son travail et fier de son Œuvre. Il bavait de plaisir en les regardant faire. Et pour les remercier d’être ainsi, il créa un jardin merveilleux où la vie ne serait que bonheur. Il appela ce jardin le Paradis et les y installa.

Au milieu de ce jardin, il planta un arbre magique. Celui qui mangerait un fruit de cet arbre deviendrait aussi intelligent que Dieu et aurait tout son Savoir. Aussi, pour éviter tout conflit et éviter qu’un être mal intentionné ne profite de ces avantages pour connaitre le Bien et le Mal et s’en servir à son profit au détriment des autres êtres de la Terre, Dieu interdit que quiconque y touche.

Et tous les êtres vivants de la Terre respectèrent cette consigne.

Alors, Dieu estima que son Œuvre était terminée. Il était très fatigué par cet énorme chantier qu’il avait mené à terme, et il décida de se reposer une journée. C’était un dimanche.

En fait, de tout temps, Dieu n’était pas vraiment seul dans l’ Univers. Il partageait l’espace avec un être hautement malfaisant : le Diable, qu’on appelle aussi Satan. Son but à ce Malin, c’était de corrompre tout le monde, de rendre méchant tout être vivant. Mais comme il n’existait encore personne, il n’avait rien à faire et prenait son mal en patience. Il se fit donc très discret, et Dieu finit par oublier son existence.

Quand Dieu commença sont travail, Satan frémit d’aise et sentit son heure arriver. Il se tapit dans ce qui restait de Ténèbres, et échafauda moult plans pour nuire à Dieu.

Un animal plus évolué que les autres lui fournit cette occasion. C’était une belle bête que Dieu avait créée juste avant le Bonobo. Il était beau, fort, sa femelle svelte et parée de douces courbes. Des poils surtout sur la tête, deux pieds et deux mains. Il se tenait debout (ce qui avait donné à Dieu l’idée de donner cette faculté au Bonobo). En fait cette bête était l’ébauche que Dieu avait faite pour réaliser le Bonobo. Dieu leur avait donné pour appellation l’ homme et la femme.

Le Paradis était ouvert à tous. Et la femme aimait s’y promener seule. Elle flânait un peu partout, mais elle aimait bien se reposer à l’ombre de l’arbre magique. Cet arbre l’intriguait beaucoup, sans qu’elle sache pourquoi. Elle aurait bien aimé goûter à ses fruits, mais Dieu l’avait interdit.

Satan avait bien remarqué l’attirance de la femme pour le fuit défendu, et il s’en pourléchait les babines. Il prit l’apparence d’un joli serpent, se lova sur une branche de l’arbre, et attendit patiemment.

Dans l’après-midi, quand le Soleil chauffait la Terre au maximum, la femme vint se reposer à l’ombre des branches de l’Arbre de la Connaissance. Elle gardait les yeux ouverts et admirait les fruits magnifiques. On dit que c’étaient des pommes. Mais je n’en suis pas sûr. Elle rêvassait nonchalamment et se laissait bercer par une brise doucement parfumée à la pomme…(alors oui, si ça sentait la pomme c’est que ça devait être des pommes)

Le serpent, ou plutôt Satan, vit son heure arrivée! Il poussa quelques sifflements pour attirer l’attention de la rêveuse, et lui chuchota :

  •  Bonjour séduisante créature ! Que tu est belle, rayonnante ! Qui es-tu ?
  • Je ne sais pas ! (elle ne savait pas parler, mais Satan avait le pouvoir de se faire comprendre de tous les animaux et de comprendre leurs pensées). Je crois que je suis une femme et mon mâle un homme…
  • Vous êtes tous deux magnifiques ! Et vous paraissez plus doués que tous les autres animaux de la Terre.
  • Non, je ne crois pas. Ce sont les Bonobos Adam et Eve qui ont la préférence de Dieu.
  • Fichtre ! C’est incroyable ! Tu as vu la tronche de Eve ? Et le faciès ridicule d’ Adam ? Tout ce qu’ils savent faire, c’est grimper aux arbres ! Et baiser à tour de bras !

Vous, vous marchez légèrement, avec grâce, en ondulant sensuellement, vous faites l’amour plus rarement mais avec plus de raffinement! Vous êtes plus élégants et bien plus beaux que les Bonobos. Votre voix est plus suave et mélodieuse que ces êtres primaires.

  • Ca n’est pas ce que Dieu pense !
  • En effet, mais il vous lèse. C’est vous qui méritez les avantages des Bonobos !
  • Vraiment ?
  • Mais bien sûr! C ‘est vous qui devriez être à la place des Bonobos… Ce ne sont que des singes…

Et la femme devenait fébrile…Elle se voyait déjà chassant les créatures préférées de Dieu, elle s’imaginait les regarder de toute sa hauteur…elle croyait déjà dominer tous les animaux de la Terre.. ; se réserver les meilleurs fruits, occuper les endroits les plus confortables…

  •  Comment faire, joli serpent ?
  • Rien de plus simple ma jolie. Tu vois ces beaux fruits, si appétissants, si désirables ?
  • Oui, je les vois bien…
  • Et bien, prends en un… et mange le !
  • Tu n’y penses pas ? Dieu l’a interdit ! Et ses mains tremblaient, et se tendaient malgré elle vers la branche la plus basse…
  • C’est vrai… Dieu l’ a défendu…Mais que fait-il Dieu, pendant que les Bonobos te prennent ton dû ? Il dort ! Et toi tu souffres !
  • Oui, mais…
  • Il ne te voit pas, il dort dans une autre galaxie ! Dépêche toi avant qu’il revienne !

Et la femme, encore hésitante, tendit un peu plus ses mains vers le beau fruit tant convoité…

  • Que sera-t-il quand il s’en apercevra ? dit-elle en tremblant…
  • Il ne s’apercevra de rien ! Tu auras pris le nom de la Bonobo !

Et elle se décida vivement, arracha le fruit à sa branche, et y planta les dents .

Le jus coula délicieusement sur son menton, un goût incomparable inonda sa bouche,un parfum subtil envahit son esprit,elle se senti si légère qu’elle crut s’envoler !

  •  Tu vois ? Je te l’avais dit, et désormais, tout sera possible pour toi. Tu pourras voler plus vite que le vent, voyager aussi vite que l’éclair, filer vers les autres étoiles… On pourra t’entendre pardessus les océans, Tous les animaux t’ obéiront…

 Et au fur et à mesure que Satan lui parlait, elle sentait son esprit s’ouvrir, son intelligence se développer… Elle compris que ce qu’elle faisait était Mal ! Mais c’était si bon… Et elle croqua encore dans le fruit…

  • Bonobos ! Cria-t-elle, (elle découvrit qu’elle pouvait parler!) Je vous chasse ! A partir de cet instant, Eve, c’est moi !

Les Bonobos la regardèrent, étonnés de ces cris, et s’en allèrent paisiblement jouer ailleurs.

Croyant avoir en raison d’eux, la nouvelle Eve, frétillante et toute excitée, courut vers son mâle, une

moitié de pomme (je crois que c’est une pomme) à la main.

_ Adam, Adam ! Tiens, manges ! (et le serpent rigolait), goûte, c’est délicieux !

Adam la regardait, étonné, lui faisant comprendre par ses mimiques et ses grognements qu’il ne fallait pas toucher à ce fruit !

– Si, manges, tu verras, c’est merveilleux !

Mais l’homme se recula, effrayé, et Eve (puisque c’est elle désormais) s’accrocha à lui, langoureuse, croquant dans la pomme d’un air effronté, se collant à lui, le caressant de tout son corps…et Adam (car se sera bientôt lui) fondait, se liquéfiait de désir, n’en pouvait plus de ces attouchements qu’elle lui prodiguait pour la première fois, et il voulut la serrer dans ses bras, la jeter au sol pour une étreinte fougueuse, mais Eve s’esquiva, et lui planta le fruit devant la bouche.

– Si tu me veux, croque !

Et Adam croqua !

Et il compris le langage de Eve.

Et il vit qu’il faisait mal et que Dieu serait mécontent.

Et il vit qu’il comprenait soudain plein de choses.

– Bravo Adam ! Maintenant, nous serons les maîtres du monde !

Et ils firent l’amour comme il ne l’avaient jamais fait.

Et le serpent se faufila dans l’herbe haute…

A cet instant, Dieu revint de sa sieste. Il vit le trognon de pomme au pied de l’Arbre, et sa colère fut immense! Il appela Adam et Eve, et ceux qu’il vit apparaître n’étaient pas ses Créatures préférées. Et sa colère redoubla ! Des éclairs fusaient de partout ! La foudre tombait aussi dru que la pluie, des nuages noirs tourbillonnaient plus vite que le vent !Et Dieu hurlait d’une grosse voix retentissante :

– Traitres ! Vous avez osé violer mon interdit ! Vous avez usurpé la place de mes Bonobos!Vous vous croyez intelligents maintenant ? Et bien cette intelligence vous perdra ! Votre savoir vous tuera ! Vous aviez ici une vie heureuse ! Cela ne vous a pas suffit ! Je vous chasse ! Fichez le camp!Débrouillez vous avec vos nouvelles connaissances ! Vous n’avez plus besoin de moi !

Et Eve et Adam, tremblants de peur, baissèrent la tête, et s’enfuirent aussi vite qu’ils le purent.

Et Dieu arracha l’Arbre puisqu’il ne pouvait faire confiance à ses ouailles. Et il rasa le Paradis pour que les hommes ne puissent y revenir. Il en ouvrit un ailleurs, dans un endroit tenus secret pour y loger ses Bonobos à l’abri de la convoitise des hommes .Et il rendit la Terre hostile, avec des tempêtes, des animaux féroces… Et les hommes eurent la vie dure, et leurs poils poussèrent autant que ceux des animaux pour leur tenir chaud..Et il se recroquevillèrent sous les assauts des cyclones. Et ils ressemblèrent de plus en plus à des singes…Adam et Eve luttèrent pour survivre. Ils apprirent à chasser, à se défendre contre la nature. Et ils eurent des petits.. . Qui eux aussi se reproduirent entre eux, ce qui participa aussi à leur dégénérescence. Ce sont les restes de ces hommes là que retrouvent parfois les archéologues.

Des milliers d’années passèrent…

Les hommes étaient plus nombreux, il y avait moins de consanguinité, et peu à peu il retrouvaient leur superbe. Leur intelligence se développait. Mais au fond de son âme, l’homme était resté lui-même, un être avide de richesses et de pouvoir. Et les peuples se déchiraient, s’assassinaient… Les uns envahissaient les autres et les réduisaient en esclaves… Les Bonobos, eux, convolaient tendrement. Ailleurs, les guerres se succédaient, et Satan rigolait… Son Enfer était surpeuplé et il dut procéder à des agrandissements. Mais Dieu ne pouvait supporter que le Diable aie l’avantage. Il se rappela donc à la mémoire des hommes en leur envoyant quelques messagers qu’il avait préalablement sévèrement éprouvés. Mais les hommes n’en eurent cure. Dieu se fâcha encore, déclenchant de tels ouragans que la terre fut noyée, éliminant quasiment toute vie, n’épargnant qu’une sélection d’animaux et quelques hommes triés sur le volet. Ce fut le « Déluge », avec le Père Noé comme héros.

De nouveaux hommes peuplèrent la terre, craignant Dieu un moment, puis retrouvant peu à peu leur arrogance et leur cupidité. Dieu avait beau leur lancer des avertissements, ils étaient incorrigibles. Ils voulurent prouver qu’ils étaient aussi intelligents et forts que Dieu, et décidèrent de construire une tour si haute qu’ils atteindraient le Ciel à la hauteur du Créateur. Mais Dieu les divisa par la langue et ils échouèrent. Et ainsi les hommes continuèrent de le défier et chaque fois ils le payèrent très cher. Et l’Enfer n’était jamais assez grand.

Dieu multiplia les tentatives pour calmer les appétits humains, mais rien n’y faisait. Il envoya Jésus, Mahomet, Bouddha, et bien d’autres, mais seuls quelques hommes devinrent sages. Les autres trouvèrent dans les religions de nouveaux prétextes pour s’entretuer, et Satan envoya Hitler, Staline et bien d’autres. Alors Dieu abandonna les hommes à leur sort.

Et depuis, le sang ne cesse de couler, toujours pour les mêmes raisons : le pouvoir, les richesses, les religions… Et la Terre qui était redevenue belle au cours des millénaires, se détériore chaque jour un peu plus pour satisfaire les besoins mercantiles de l’humanité. Même la Terre se rebelle, provoquant des cataclysmes de plus en plus violents, punissant les hommes par où ils l’avaient blessée, les noyant dans des flots gigantesques, les brûlant de laves incandescentes, les écrasant sous des tonnes de gravats. Mais l’Homme est borné et continue ses méfaits.Jaloux des Bonobos qui continuaient à s’aimer dans leur Paradis, ils finirent par les trouver et commencèrent à les éliminer. Une nouvelle race de prédateurs a fait son apparition, les financiers. Ce sont des hommes dont l’avidité n’a pas de limite. Ils veulent toutes les richesses du monde. Rien ne les arrête pour y parvenir. Peu importe les ruines qu’ils provoquent, les malheurs qu’ils engendrent. Peu leur chaut les guerres qui en découlent. Ils amassent… Ils amassent… Ils amassent…Et ils sont jaloux les uns des autres, et raflent les fortunes de leurs semblables… Ils sont de plus en plus riches, détiennent tous les pouvoirs, ils sont malheureux de ne pas encore posséder l’or de leur voisin de palier, et piochent dans le porte monnaie des peuples. Et les peuples s’appauvrissent, meurent de faim, se battent et se tuent pour un quignon de pain.

Bientôt, il n’y aura plus sur terre qu’une poignée de pauvres, errant à la recherche de nourriture, et une ribambelle de riches, enfermés dans leurs forteresses. Et les pauvres, étant pauvres, n’achèteront plus rien. Les usines des riches, entièrement automatisées pour ne plus avoir besoin de main d’œuvre, seront envahies de stocks que seuls les riches auraient pu acheter, mais ils en ont déjà trop ! Et alors, les riches n’auront plus rien à manger à leur tour puisqu’il n’y aura plus de paysans pour cultiver la terre stérilisée. Ils se nourriront quelques temps de leurs dollars et de leurs euros, puis mourront à leur tour sur leurs tas d’or et leurs barils de pétrole…

J’imagine le dernier homme sur terre ? Un riche bien sûr, qui aura su faire quelques provisions pour survivre avec son équipage.Il erre sur l’ océan, sur son yacht à la dérive, faute de carburant. La mer est d’huile…L’atmosphère lourde et sombre, le ciel noir et menaçant. Autour du navire les cadavres de ses équipiers morts de faim font le festin des requins, l’eau rougie bouillonne , et le riche pleure…il pleure car il a jeté par dessus bord tous les corps, alors qu’il aurait pu en garder quelques-uns pour survivre plus longtemps, ce qu’il a fait toute sa vie durant…Et maintenant, il va souffrir, et il pleure sur son malheur. Mais Dieu, quoi qu’on en pense, est miséricordieux, sinon il n’aurait jamais eu tant de patience. Et il eut pitié de cet homme, le dernier…Alors l’Océan se leva en une main gigantesque, enveloppa le yacht dans une immense cataracte, et Dieu jeta l’homme en enfer !

Les Bonobos, pendant ce temps là, continuent leurs ébats. L’homme ne sera plus là pour les exterminer. Ils peuvent désormais s’aimer en paix. Et la terre retrouvera sa magnificence.

Et Dieu, dans un dernier geste de colère, emportera les derniers plants de l’Arbre magique sur une autre planète, dans une galaxie très, très, très lointaine…

Fin.

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