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Jan 28 2019

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La pluie et le beau temps – Bernadette Laroze

 

Maman fabriquait  la pluie et le beau temps

Les jours de pluie étaient tempêtes

Suivie d’ouragans si violents

Qu’ils arrêtaient brusquement toute fête.

.

La rage venait d’un mot issu

D’une phrase, d’une expression,

D’une histoire qu’elle avait entendue

Ou une simple idée qui lui servait d’explosion.

.

Les tempêtes n’étaient pas toujours brutales

Mais elles  s’étendaient

Elles commençaient un matin sans raison véritable

Et lentement s’éteignaient.

.

Mêmes plaintes, tous les jours

Presque sans arrêt

Sans exception, jour après jour après jour.

Et sans rien dire il fallait supporter.

.

Papa de son flegme qui me subjuguait

Ne disait que mot, il attendait simplement

Que graduellement la tempête s’apaise

Et  un jour le vent d’insanité cessait, infailliblement.

.

Nous étions heureux les jours de soleil

Maman riait de tout, racontait des histoires  

Parlait beaucoup et nous faisions pareil

En nous gardant espoir.

.

Et puis venu de nulle part

Sans comprendre pourquoi

Un jour la colère revenait

Furieuse, incontrôlable, et tout recommençait.

.

Après de longues années de réflexion

J’en arrivais à la conclusion que maman

Était envahie par je ne sais quel démon

Dont j’ignore la cause mais qui revenait, inlassablement.

.

J’imagine qu’elle souffrait de ces sauts d’humeur

Qu’elle ne pouvait  ni contrôler

Ni comprendre et qui lui enlevait le bonheur

De trouver la paix.

.

J’y pense aujourd’hui avec beaucoup de chagrin

Si j’avais pu donner une sujétion elle aurait refusé;

Et c’eût été une guerre sans fin

Je ne l’ai pas aidée, je n’ai  même pas essayé.

.

À mon époque on ne disait pas que sa mère n’était “pas bien”

Les aliénés étaient dans les maisons enfermées

Et nous continuions notre vie, mine de rien

Et toutes ces âmes perturbées restaient ignorées.

.

©Bernadette Laroze

 

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Je suis née en Bourgogne.

Je me suis mariée avec un pied-noir d'Algérie
(ce qui 'était presque un crime en 1963.) avec qui
j’ai donné naissance à un garçon.

Nous sommes ensuite partis au Canada où nous
sommes restés un peu plus de trois ans. Nous avons
vécu dans un petit village minier au nord de la Province de Québec et ensuite nous sommes allés à Montréal puis Toronto.

Nous avons ensuite émigré aux États-Unis à Fort Lauderdale en Floride où nous nous sommes ancrés à vie. Mon deuxième fils est né en Floride.
J’ai fait de nombreux voyages en France, et tout a cessé
lorsque mes parents sont décédés.

Merci de me lire.

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