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Jan 24 2019

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La Marelle – Philippe X

 

   Dans un jeu de marelle classique le type des sauts est défini une fois pour toutes : il ne doit y avoir qu’un seul pied par case.

   Lorsque la case est seule l’enfant doit sauter à cloche pied, et lorsque deux cases sont côte à côte, il saute en posant un pied dans chaque case.

   Tracé à la craie à même le sol, ce parcours est initiatique pour l’enfant qui l’emprunte.

   La première case représente la terre.
   La dernière représente le but à atteindre, le ciel qui dissimule le paradis.

   Pour y parvenir le prétendant se paye le trajet façon “lowcost” c’est à dire à cloche-pied.

   Cette façon de se déplacer cahin-caha rappelle la démarche que nous employons pour traverser notre vie, un coup dans le zig un coup dans le zag, un pas à droite et une enjambée à gauche.

   Attention à la case surprise, elle est à éviter, c’est celle de l’enfer le but suprême étant d’arriver au paradis

   Mais à l’âge où l’enfant saute, le paradis est dans ses bagages, ce n’est que bien plus tard qu’il perdra ses illusions et découvrira que l’enfer était pavé de bonnes intentions.

   L’enfer et le paradis font-ils encore recette de nos jours, après avoir occupé, durant des siècles, une place centrale dans l’univers mental des chrétiens occidentaux.

   Les différentes façons de communiquer, prises en otage par les acteurs du monde moderne, et diablement matérialistes, ont su s’approprier divers concepts pour traduire nos espoirs et nos angoisses.

   On retrouve cet univers présent dans :

   Le discours des politiques : l’Amérique est devenue le “grand Satan.”(Avec un horrible jeu de mots dont j’assume la paternité : Satan-Bush un coin )

   Ben Laden, pur produit de “l’Eden américain CIA”, appelle chaque musulman à attaquer les troupes américaines et leurs alliés les “démons”

   BUSH instaure les axes du mal  et LE PEN nous reprochent, encore une fois, de le diaboliser.

   Les scientifiques : le docteur FAUST vend son âme à MEPHISTOPHELEpour qu’en échange, il lui fasse connaître toutes les jouissances de la vie. 

   FAUST devient l’archétype du chercheur scientifique qui signe un pacte avec le diable pour devenir une sorte de Monsieur Plus.

   La musique : dans les années 60, le thème du paradis sur terre est associé au mouvement hippie, fustigeant la morale bourgeoise, il prône l’Amour Universel, confondant l’ouverture des chakras avec celle des braguettes.
   Le Rock et le Blues choisissent le diable par provocation .

   Robert JOHSON, fondateur du blues moderne raconte avoir vendu son âme au diable pour avoir le don de jouer de la guitare comme  “un Dieu”. Les Rolling Stones interprètent “Sympathy with the devil” et choisissent les “Hells Angels “pour assurer la sécurité de leurs concerts.

   Les pubs : les abris bus, les couloirs de métro, la télé, les magasine, regorgent d’images proposant les paradis sous forme d’îles tropicales ensoleillées où règnent sur l’amour, la gentillesse, l’insouciance, réservée aux élus et aux nantis de la réussite du dieu FRIC.

   Les anges associés à la beauté et au calme, l’innocence à la pureté, vantent les mérites des lessives et des parfums.

   Les alcools sont les acteurs préférés du diable et de la tentation, vins et bières jouent bien leurs rôles.

   Les jeux vidéo : le diable y fait recette, car les jeux permettent de se glisser dans la peau de monstres surpuissants et   d’évoluer dans des décors cauchemardesques.

  Les peintres : faut être diablement possédé pour passer sa vie à peindre le dos de ses frères…. Je fais allusion à RIPOLIN condamné depuis 1912.

   L’idée de génie d’Emile est d’avoir inventé un trio de peintres en bâtiment, les Frères Ripolin, à qui le public a donné des petits noms affectueux.

   Citons-les : il y a Riri d’abord, Polo ensuite et Lino à la fin.

   En très gros, le nom de la marque, en caractères moyens «Peinture laquée » et en plus petit ensuite en dessous « S’emploie…, Métaux, Plâtre, Bois et Ciment.”. C’est RIri  qui se trouve en dessous de RIpolin, Polo en dessous de RiPOlin et LINo pour la fin de RipoLIN. Diabolique non ?

   Les artistes : vous sentant prés de l’asphyxie, et du mea-culpa, je vous laisse le soin d’imaginer ce que serait le monde terrestre sans votre présence, vous les poètes… Un enfer de tristes réalités et de communication terre-à-terre.

   Nous ne clocherions plus sur un pied, mais les deux pieds dans la merde….  Poètes il faut que vous fassiez entendre vos voix, c’est la seule voie de salut.

   Devant votre présence, “il y a quelqu’un qui m’a dit “ que le diable s’est fait ermite !….. quand nous jouions à la marelle cerisiers roses et pommiers blancs……

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© Philippe X – 24/01/2019

 

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'' nul n'est prophète en son pays''...c'est pour cette raison que je voyage.
''Convier quelqu’un, c’est se charger de son bonheur pendant tout le temps qu’il est sous notre toit.''...vous êtes mes invités, au banquet de la littérature....

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