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Juil 07 2019

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La Cuisine des Anges – Philippe X

Pour la première fois de ma vie, j’ai réalisé un reportage photo. 

   Lors de cette aventure, les différentes étapes de la réalisation de la recette vous seront décrites avec des mots simples, compréhensibles par l’ensemble des gens normaux.

   Ce « manger », c’est du quotidien, cela n’enlève en rien à l’exceptionnelle qualité de vie que cela me procure, tant sur la diversité des plats consommés que sur la qualité des produits.

   La cuisinière qui a accepté de se prêter à cet exercice, et par la même occasion de nous prêter ses mains n’est autre que CATINOU.

   Elle m’a pris pour un dingue quand je lui ai déclaré mon intention d’effectuer ce « food moovie ».

   Tout au long de sa vie, avec ou sans soleil dans le cœur, elle a eu la lourde charge de bien nourrir ses enfants, son mari et ses amis.

   Pas question de transmettre la morosité ambiante dans le plat préparé qui servira tout à l’heure à réchauffer l’âme et le cœur de son homme.

   Le seul et unique ingrédient que je lui ai vu mettre dans tous ses plats durant nos 40 ans de vie commune a été : « l’Amour de procurer du plaisir. »

   Mais comme il faut rendre à Catinou ce qui appartient à son César de mari, j’annoncerais que cet ingrédient, c’est moi qui l’ai planté.

   Chez nous, pas de cinéma rien que le poids des mots et le choc des photos.

Roulements de tambour

   Sous vos yeux, CATINOU va vous préparer des sardines farcies.

   Sardines farcies vous ai-je annoncé ? :

   Les sardines fraîches, sont nettoyées à l’eau claire , grattées à l’aide d’un couteau pour enlever les écailles. Décapitées et vidées, deux filets sont prélevés.

   Nous avons quitté les rivages de la Méditerranée, les sardines ne proviennent plus de de la pêche de la nuit.

   Il est impératif de choisir du poisson frais.

   Où est la cuisine hight-tech ? le matériel de barge offert par les sponsors ?
   Où sont passées les petites mains qui se tapent tout le sale boulot ?

   Pas de poudre aux yeux, de la réalité. Je vous assure que la cuisine est quand même plus grande que la caravane que nous venons de quitter.

   Dans une jatte en terre, CATINOU a réalisé une pommade de persil frais et d’ail rose.
Finement ciselé dans un premier temps, mélangée puis écrasée au pilon en bois d’olivier, cette farce servira à vous enflammer la gueule ( il n’y a rien de vulgaire ni de péjoratif dans cette expression )

   Les filets des sardines sont étalés sur une plaque, la farce est placée en leur milieu puis ils seront roulés dans la farine pour être déposés sagement dans un plat en inox.
   Pourquoi en inox ? … Ben, elle n’avait pas autre chose !

   Sur la gazinière, une poêle à frire attend le coup de starter pour donner le meilleur d’elle-même… L’huile d’olive de très bonne qualité attend, elle aussi, les baigneuses

   L’heure du bain approche, une par une les sardines sont enrobées de farine, puis roulées de telle façon pour que la queue empêche de se délier.

   Délicatement, CATINOU plonge un à un ces rouleaux de sardines dans l’huile très chaude, juste le temps de les saisir.

   Ramenées à la dure réalité de l’événement, elles sont ensuite épongées pour préserver l’état de nos artères, qui après tant d’années est excellent. Merci de vous être inquiété pour nous.

   Premières constatations des experts entre amis.

   C’est du concret :

 –  sardines fraîches qui ne se conservent pas très longtemps

– odeurs caractéristiques de ces petites bêtes

– l’huile chaude sur le feu

– l’ail, le persil à éplucher puis à « travailler en pommade »

– le mari dans les pattes

– le téléphone qui sonne : « Belle maman, je ne sais pas quoi faire à manger à mon mari, donne moi vite une idée »

   Question subsidiaire posée à la va vite sans attendre la réponse : ”tu ne boirais pas un petit coup ?’ ‘

   Pas de cinéma, je vous avais bien prévenus.

   Pendant que les délicates sardines fristouillent dans leur bain, CATINOU en un coup de « nez magique » à l’instar de « ma sorcière bien aimée » débarrasse la petite table, range les ustensiles inutiles dans le lave vaisselle, teste la température d’un rosé du mas de Gourgonnier.

   Il est en accord parfait avec ce plat méditerranéen et ses origines des Alpilles. Fruité, charpenté, vin de terroir …bon à boire.

    De plus il sera un véritable trait d’union entre ces deux recettes de la mer.

   En entrée, des anchois frais marinés nous sont proposés par notre hôtesse.

   Les petits anchois sont nettoyés au couteau fin, décapités et vidés.

   Ils barboteront dans une marinade composée d’huile d’excellente qualité avec de l’ail rosé, du persil du jardin et un jus de citron.

   Le sel et le poivre sont aussi d’incomparables compagnons de table.

   Un croûton de pain ou un quignon frotté à l’ail, puis discrètement nappé d’une vraie sauce tomate, servira de présentoir à  ces filets d’anchois toujours en entrée, à l’apéro avec rosé frais ou voir pire encore, pastis.     ( pan con tomate ).

   Voilà, je ne suis pas un pro de la Com. (comme ils disent dans les milieux autorisés à le dire..oui mais autorisé par qui ?…il va falloir que j’écrive un truc la dessus.)

   Ces recettes, qu’à longueur de vie nos femmes nous préparent avec l’amour comme fond de sauce, elles sont sans chichis, sans trucs, sans malice mais réalisées avec passion.

   L’éducation que nous ont donnée nos parents, a fait que l’homme est le Chef de famille.

   La femme reste le Chef en cuisine et je dirai même plus LA chef.

   Nous avons eu différentes périodes de vie au cours de notre union, à chacune étape correspond une expérience en cuisine bien spécifique.

   A notre rencontre, pendant notre vie de jeune couple, puis en compagnie de tziganes, Gitans et nomades avec lesquels nous avons découvert une autre cuisine.

   Avec l’audace nous avons tenté l’aventure du camion ambulant, du restaurant dans un camping, mais jamais au grand jamais le but de faire plaisir à « l’autre » n’a été déclaré absent sans motifs.

   La passion voilà ce qui a toujours guidé la faiseuse de bon manger.

   Et par malice, CATINOU vient de préparer une pâte à beignets, très légère dans laquelle elle va tremper des fleurs de courgette femelles.

   Dans notre famille et dans la vie que nous vivons, les prévisions sont à mettre au rang des inventions inutiles.

   Nous ne savons jamais combien de yeux vont loucher sur le plat préparé par la maîtresse de cuisine, combien de doigts vont tremper dans les préparations pour goutter mais une chose est certaine, c’est qu’il n’en restera pas pour le repas du soir !

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©Philippe X – 07/07/2019

 

 

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'' nul n'est prophète en son pays''...c'est pour cette raison que je voyage.
''Convier quelqu’un, c’est se charger de son bonheur pendant tout le temps qu’il est sous notre toit.''...vous êtes mes invités, au banquet de la littérature....

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Anne Cailloux
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Aie,aie, aie caramba, j’arriveeeeeeeeeeee
humm que ca donne envie tout ça.
Bien sur que nous sommes les chefs ! du moins en cuisine.
chacun sa place le loup….
mince maintenant, j’ai plus qu’a acheter des sardines..
je vais attendre la semaine prochaine , je serais en bord de mer
bravo Philippe.
Anne

Delloly
Modérateur

Wow les artistes, , mourrir de faim ne se peut là….
Quel reportage et si le repas est à l image de l humour avancé
Alors le sommeil ne sera que bienfaiteur
Autant de son rêve que de ce souvenir
Merci l artiste

Oliver

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