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Oct 07 2018

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La chanson des buissons – Christian Satgé

 Sous les halliers…

Tremblants halliers,

Gamins roués,
On s’cachait, folle équipée.
Bruissants halliers,
On a joué
Et caché ce qu’on chipait,
Sous ces halliers.
Griffants halliers,
Branches fouets, 
Nous nous sommes dissipés. 
Amples halliers,
Loin des jouets, 
Tous deux, on s’émancipait,

Sous nos halliers…


Touchants halliers,

Amis joués,
Nous nous sommes arrimés.
Troublants halliers,
Amants floués,
On pleurait nos bien-aimés,

Sous les halliers…


À ces halliers,

Nous, bafoués,
On se froissait, se fripait ;
Profonds halliers,
On s’échouait
Quand tout v’nait à se gripper,

Sous les halliers…


Halliers alliés,

Pour s’avouer,
Nos secrets tout excipés,… 
Tendres halliers,
 On déjouait
Ce qui nous faisait riper.

Ô fous halliers,


Touchants halliers, 

Sans plus jouer,
Nous nous sommes enflammés.
Troublants halliers, 
Voeux ou souhait,
Nous nous somm’ aussi aimés…

Oui, fous à lier…


Tendres halliers,

On s’est noué, 
Promesses émancipées ;
Ô doux à lier, 
Cœurs tatoués, 
Oui l’un de l’autre chipés,

Sous les halliers.…


Obscurs halliers,

Nos cœurs voués,
Là, se sont désagrippés.
Frêles halliers,
Et dénoués,
Nos liens se sont dissipés.

Sous les halliers…


Touchants halliers,

Mus en fouée,
On s’est, las, désarrimés ;
Troublants halliers,
Mots en brouet,
On s’est fui, on s’est blâmé…

Puis aux halliers,


Traîtres halliers,

Fille rouée,
Un autre tu as aimé,…
Sous nos halliers.

© Christian Satgé – juin 2013

(Tableau signé V. Van Gogh)

3+

Obsédé textuel & rimeur solidaire, (af)fabuliste à césure… voire plus tard, je rêve de donner du sens aux sons comme des sons aux sens. « Méchant écriveur de lignes inégales », je stance, en effet et pour toute cause, à tout propos, essayant de trouver un équilibre entre "le beau", "le bon" et "le bien", en attendant la cata'strophe finale. Plus "humeuriste" qu'humoriste, pas vraiment poétiquement correct, j'ai vu le jour dans la « ville rosse » deux ans avant que Cl. Nougaro ne l'(en)chante. Après avoir roulé ma bosse plus que carrosse, je vis caché dans ce muscle frontalier de bien des lieux que l'on nomme Pyrénées où l'on ne trouve pire aîné que montagnard.

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