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Fév 06 2018

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L040 Celui que j’Aime – Mamagly (OL.D)

Je reviens toujours à ma table. Pourquoi suis-je si triste ce matin, ou pourtant je vous ai aperçu. Ma matinée s’est passée, au milieu de courses, à penser à Vous, à Vous espérer, à Vous attendre. Et j’étais persuadée que vous ne viendriez plus…  Alors, je devrais être  heureuse maintenant que je vous ai vu !

Pourquoi cette heure est-elle toujours particulièrement sombre pour moi ? Sans doute les repas ne sont plus gais, trop de vide autour de cette table, plus de rire, plus de visage joyeux… Des visages sérieux et pâles, et pourtant on s’amuse à vivre comme avant, on essaie de parler de choses et d’autres, le coeur n’y est pas. Et ça me fait mal quand il paraît y être.

Vivre comme avant… Maintenant pour moi, je ne pense qu’à Vous.

Je trouve le temps long à s’écouler sans vous voir, vous entendre. Ce n’est pas raisonnable de m’en faire ainsi, sans cesse, pour vous. Je ne peux pas supprimer cette pensée perpétuelle… de penser à vous. Je ne peux absolument pas.

Est-ce mal, dites-moi, d’avoir extérieurement cette façade qui fait croire que je suis courageuse aux miens, alors que je suis effondrée. J’arrive à paraître calme, mais je n’arrive pas à l’être vraiment.

Je n’analyse pas toujours exactement les causes de mes tristesses subites, qui m’ôtent soudain toute force dans les jambes, et m’envahissent drôlement…

©1943 Celui que j’aime

©All rights reserved -Mamagly L040(43)

samedi 25 septembre 1943 13heures10

 

Je tremble presque,

j’ouvre grand les yeux,

je regarde égarée autour de moi ;

tout est pareil, semblable,

je ne comprends pas ce chagrin.

 

Ces fauteuils vides qui m’entourent

me font peur tout à coup ;

j’y vois des fantômes

je ne sais plus où me réfugier

et j’écris,

j’écris enfoncée dans un fauteuil,

toute seule,

la tête complètement perdue.

 

Je ne sais pas ce qui m’arrive.

Un rayon de soleil vient

à point pour m’éclairer un peu.

Je respire avec force,

ce que vous aimeriez soupirer…

Qu’est-ce que j’ai,

qu’est-ce que j’ai à me sentir

ainsi toute isolée et malheureuse ?…

 

Votre petite Mali

©Mamagly75 -1943 –

Lettre de Marie-Magdeleine Delabre à son fiancé

5+

Née le 28octobre 1922, Marie-Magdeleine Delabre fille De Maurice Delabre (Cour des Comptes) et de Marie Aline Cousin, vécut au 14rue de beaune à Paris07.
1ère aux Beaux Arts, non notée, en dessin. Elle entra dans la résistance dès le début en compagnie de son frère Jean-Marie Delabre (arrêté le 20/07/44, puis déporté). Elle fut courrier à Défense de la France, où elle y croisa son futur époux Francis, lui-même chef de liaison médicale France-Nord. Benjamine (pseudo) fut arrêtée le 04/08/44 à Paris, puis déportée à Ravensbruck, et Koenigsberg sur Oder, par le dernier train parti de Paris, avant la libération de Paris. Libérée en Mars45 par Joukov. Elle revint en France en torpilleur anglais, de Odessa à Marseille.... Elle eut treize enfants.
Décorée de la Légion d'Honneur et Médaille de la Résistance
cette correspondance fut établie de 1943 à 1966, avec son amour....

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Fattoum Abidi

Merci Mamagly beau et touchant texte
Mes amitiés
Fattoum.

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