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Juin 18 2018

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En parodiant Monsieur Boileau – Daniel Marcellin-Gros

 

En parodiant Monsieur Boileau

Voulant parodier, feu Nicolas Boileau,

De la satire moqueuse j’agite le grelot !

Je voudrais que mes vers, tendancieux il pardonne,

Qu’il voie, pour les tourner, le mal que je me donne !

Il y a un fossé, que dis-je ? Un abîme !

Entre mon ver mauvais, et le sien, sublime !

Cependant, de nos jours, ô piteux désarroi,

On ne peut même plus égratigner les Rois,

Et, si l’on le veut faire avec les Présidents

C’est que l’on n’a rien d’autre à se mettre sous la dent !

A regarder de près, et sans irrévérence,

Je constate que leur règne a peu de différence !

J’irai jusques à dire : « c’est du même au pareil,

Que l’on soit Président, ou bien le Roi Soleil ! »

De la monarchie haute au bas gouvernement,

Chacun à sa façon nous gruge et nous ment !

Il faut les rétablir, je vous dis : « il le faut,

La trappe et le gibet, la lame et l’échafaud !

Vous me direz ce sont des pratiques barbares,

Oui, mais bien adaptées pour ces Boscos sans barre !

Qui drossent le navire tout droit sur les récifs,

Pourtant, à ces manœuvres le peuple est rétif !

Le peuple qui, jadis, comme un tonnerre qui roule

Avait pris la Bastille en déchaînant des foules,

Brandissant des bâtons et des piques de fer

Tandis que le canon crachait tout un enfer !

Et vous voudriez que nous aimassions ces tyrans,

Qui voulaient que, servile, l’homme rentrât dans le rang !

Si leur sang était bleu, le nôtre coulait rouge,

Pareil au vin servi sur la table des bouges…

Messires des monarchies et des gouvernements,

Vous vouliez faire de nous une armée de déments !

Et quand il vous voit là, suffisants, cousus d’or,

Vous voudriez que le peuple à genoux vous adore ?

Ah, vous pouvez bien rire sous votre gros bonnet

Nous prenant pour des sots, des naïfs, des benêts !

Ou pire, si j’ose dire, dans un souffle : «  pour des c…,

Que l’on soit Auvergnat ou que l’on soit Gascon ! »

Le peuple savez-vous tient toujours ses promesses,

Un jour il n’ira plus s’abêtir à la messe !

Et vous pourrez trembler messeigneurs les bourgeois,

Tout le « monde d’en bas » se fera une joie,

De vous rosser, hargneux, d’aplatir votre bosse

D’écraser vos médailles, de briser vos carrosses !…

Notre âme crie vengeance, mais je dis : « halte là ! »

Ce serait aller bien plus loin que Nicolas…

Le peuple n’est pas prêt à perpétrer ces crimes,

Pas plus que n’est ma plume à faire de l’escrime !

*

© Daniel Marcellin-Gros – 17/06/2018

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Je suis retraité 72 ans, j'étais chef de bureau d'études pendant une carrière longue de41 ans. Je m'adonne à la poésie et aussi à la peinture depuis 7 ans

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Alain

Delloly
Modérateur

Très belle ode. ..où vous valsez les mots tres subtilement
Merci

Christian Satgé
Membre

MA-GNI-FI-QUE. Du très grand art. Bravo Daniel pour cet exercice qui sur le fond et la forme me comble au-delà de toute espérance… C’est un enchantement !

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