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Nov 07 2018

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Don Galafar y Morfals et son fils – Christian Satgé

Petite fable affable

Un gros rat parrainait une mafia
De ses semblables qu’il fit loufiats,
Tous prou loqueteux et un peu tire-laine
Car devenus croquants et vide-goussets,…
Maniant le compliment à ce capitaine
Comme un boniment, entre « jamais-assez »
et « toujours trop », à moins de vouloir trépasser.
Ils écumaient le village de ces hommes
Qui croient, las, dominer le monde ces pommes !

Tout à plein déconnu des chats, ce cafard,
Qui se faisait appeler Dom Galafar,
Se rinçait le bec de ses propres éloges,
Hâbleur, râleur autant que mentor menteur,
Se drapait de sa cruauté comme en toge,
Offrait belle obole aux pires tourmenteurs
Parmi ses pairs et non pas aux seuls épateurs :
Tous, maître compris, oubliaient que qui se gausse
Par trop de la hart, un beau matin, s’en chausse.

Son fils, l’œil pers et perçant, quoique toutou,
Voulut rhabiller ses abus malgré tout :
Il n’allait que d’une fesse aux vains carnages
Et viles pilleries qu’on lui commandait,
Questionnant trop souvent pour son jeune âge,
Et raisonnant parfois comme un vrai dadais,
Cherchant le vrai, fuyant le faux tel un fadet.
Aussi son père l’avait à l’œil, vigilance
Sans bienveillance ni, las, somnolence.

Car ce chef, roi des rats, trahi de toutes parts
De tous côtés attaqué par des salopards,
Était le pire des gaspards de l’empire
Qu’il avait bâti… Être sans pitié,
Il n’épargnait pas les siens et, vampire,
En usait à son gré et les châtiait
Comme jadis la vermine d’émeutier,
Sans plus de façon, de manière immonde,
Pour que ça serve de leçon à la ronde.

Le mauvais esprit de son fils, rébellion
Qui s’ignore aux dires de ses tabelions :
Ces écornes porteront un jour à la querelle,
Pouvant faire germer une sécession.
Aussi le magnat des truands et des maquerelles
Réagit donc mais selon sa complexion :
Avec vaine impatience et vile passion.
Il argua un complot éventé par ses sbires
Pour écraser ce rejeton qui put lui dire :

« Vous usez tant de menteries pour vos menées,
Refusant, hélas, qu’on vous aide à gouverner,
Vos sujets étant tricheurs, recourant à fallace
Alors que vous, vous seul, seriez honnête et droit :
N’ayant guère à me reprocher, de guerre lasse,
Vous m’inventez un crime pour rester, à bon endroit,
Fort craint, oubliant que, dans notre ancien droit,
Un mensonge s’il porte à indulgence
Vaut plus que Vérités poussant à vengeance ! »

© Christian Satgé – novembre 2018

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Obsédé textuel & rimeur solidaire, (af)fabuliste à césure… voire plus tard, je rêve de donner du sens aux sons comme des sons aux sens. « Méchant écriveur de lignes inégales », je stance, en effet et pour toute cause, à tout propos, essayant de trouver un équilibre entre "le beau", "le bon" et "le bien", en attendant la cata'strophe finale. Plus "humeuriste" qu'humoriste, pas vraiment poétiquement correct, j'ai vu le jour dans la « ville rosse » deux ans avant que Cl. Nougaro ne l'(en)chante. Après avoir roulé ma bosse plus que carrosse, je vis caché dans ce muscle frontalier de bien des lieux que l'on nomme Pyrénées où l'on ne trouve pire aîné que montagnard.

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Anne Cailloux
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Alors la, c’est bien vrai !
pour une fois le contraire et juste.
bravo

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