«

»

Avr 23 2017

Imprimer ce Article

Ce texte que je n’aurai jamais aimé écrire – Dominique Capo

Aujourd’hui, je vais tenter de me reposer un peu – après être allé voter en début d’après-midi. En effet, la semaine qui vient de s’écouler a été terriblement éprouvante pour moi. Nerveusement, physiquement, moralement. Et j’ai l’impression d’avoir un poids sur les épaules dont je ne parviens pas à me défaire. Au point que j’en suis presque malade physiquement. Puisque depuis hier, j’ai des palpitations cardiaques, des nœuds dans le ventre et dans la gorge.
Pour ceux et celles qui me suivent depuis des mois ou des années, vous savez que je vis au quotidien avec une personne de ma famille qui a la sclérose en plaques. Cette personne est également dotée d’une légère atrophie du cervelet. Ça fait cinq ans – presque jour pour jour – que cette situation perdure. Je donne quotidiennement tout ce que j’ai de forces, de volonté, d’énergie, de capacités à trouver des solutions, afin de la soutenir, afin de la pousser en avant, afin de lui montrer que malgré la maladie, elle peut vivre “pratiquement” normalement si elle s’en donne les moyens.
J’ai toujours sacrifié énormément pour cette personne. Bien plus que vous ne pouvez vous l’imaginer. C’est un sacerdoce que j’accepte, parce que cette personne appartient à ma famille. Et il est de mon devoir de lui apporter toute mon aide et mon soutien.
Pour autant, cette personne n’a pas la volonté de se battre. J’ai beau lui fournir des conseils, j’ai beau être là pour l’épauler, j’ai beau la pousser, rien n’y fait. Elle se laisse aller. La seule chose qui la préoccupe, c’est sa maladie. C’est végéter en attendant que le temps s’écoule et que la rejoigne pour regarder la télévision.
Ce n’est pas dans ma nature de ne pas me battre, de ne pas tenter de surmonter les épreuves auxquelles je suis confronté. Mème lors des périodes les plus noires de mon existence, les moments où j’étais seul, trahi, ou je me sentais abandonné, où j’avais envie de mourir – une idée qui revient épisodiquement actuellement quand je suis face à ces événements -, je n’ai jamais baissé les bras. J’ai toujours creusé aux tréfonds de mon âme, de mon cœur, des passions qui m”‘animent, pour m’en sortir. Ça n’a jamais été facile. Ça n’a jamais été simple. Souvent, ce n’a été qu’une suite d’embuches qui m’ont épuisé, qui m’ont blessé, qui m’ont terrorisé. Mais je ne me suis jamais laissé entrainer vers cet extrême qui m’a souvent tendu les bras.
C’est pour ces raisons que je souffre tellement de voir cette personne ne pas réagir. Il y a nombre de gens qui ont la sclérose en plaques. Son neurologue me l’a bien spécifié, celles-ci parviennent à avoir une vie “à peu près” normale. Avoir un travail, avoir un des enfants, avoir des activités, des centres d’intérêts, divers et variés. Cette personne de ma famille n’a aucune passion, aucun centre d’intérêt. Pourtant, elle est encore relativement jeune. Mais elle ne fait fonctionner ni son corps ni son cerveau. Elle se comporte comme une assistée dont je dois m’occuper comme d’un enfant de trois ou quatre ans.
Mon seul refuge, dès lors, comme ça a toujours été le cas durant les pires périodes de ma vie susmentionnées, ça a été d’écrire. Ça a été de m’investir dans ces projets littéraires, intellectuels, dans cette avidité d’apprendre, de comprendre, qui est la mienne. C’est cette force qui, malgré tout ce que j’ai subi, m’a toujours permis d’avancer. Sinon, je suis persuadé qu’il y a longtemps que je serais mort. Ceux et celles qui ont lu le synopsis de mes “mémoires” et de mes “souvenirs fragmentaires” peuvent en témoigner. Ma vie n’a été qu’une suite de désillusions, de rêves brisés, d’épreuves de toutes sortes qui ont fini de me détruire à une certaine époque.
Aujourd’hui, si je ne sors que très peu de chez moi, c’est parce que ces faits multiples et variés, sans interruptions, sans repos ni répit, m’ont obligé à me replier sur moi-même. Je n’ai plus autant de résistance face à eux que jadis. Ma sensibilité est exacerbée. Mes nerfs lâchent régulièrement. J’ai besoin de tranquillité, de calme, de paix, de sérénité. Des choses qui n’existent pratiquement plus dans mon cheminement personnel depuis des années. Parce que la maladie de cette personne envahit tout, dévore tout sur son passage. Pour autant, je n’ai pas le droit de me détourner d’elle du fait de sa sclérose en plaques. Je n’ai pas droit de trahir cette confiance qu’elle a placé en moi.
Moi qui, souvent, ai été abandonné, trahi, isolé, repoussé, etc du fait de mon handicap ou de mes différences intellectuelles, je n’ai pas le droit de lui faire subir le même sort. Le prix est trop lourd à payer. Donc, je vis avec. Mais ma santé, mentale est physique, se détériorent progressivement.
Écrire, lire, poursuivre mes recherches, me plonger dans mes réflexions philosophiques, mes interrogations sur l’actualité, bref, tout ce que vous lisez de moi quotidiennement, est tout ce qu’il me reste. C’est pour cela que chaque Dimanche, j’essaye, parfois en vain, de me reposer. C’est pour cette raison que cet après-midi, je vais visionner deux ou trois films après être allé voter. Notamment le dernier Star Wars que j’ai reçu hier. Puis, la deuxième saison de la série “Vikings”,j éventuellement. Ce soir, je vais suivre les résultats des élections, évidemment. Car l’avenir de notre nation pour les cinq prochaines années est en jeu. J’y reviendrai peut-être dans un ou deux articles prochainement. Ensuite, j’irai lire le dernier roman de Guillaume Musso que j’ai débuté il y a quatre jours ; et qui me plait. Avant d’éteindre pour essayer de dormir le mieux possible.
Voila, vous savez tout. Je repasserai vite fait ce soir pour lire mes derniers messages, avant d’éteindre mon ordinateur jusqu’à demain. Je vous souhaite donc, à tous et à toutes, un excellent Dimanche. N’oubliez pas d’aller voter. Profitez bien de ceux et celles que vous aimez et qui vous aiment ; de votre famille, de vos amis, de vos proches, de votre vie. Mon amitié vous accompagne, quoiqu’il advienne…
Dominique Capo
0

Lien Permanent pour cet article : https://www.plume-de-poete.fr/ce-texte-que-je-naurai-jamais-aime-ecrire/

Poster un Commentaire

avatar

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.

  S'abonner  
Me notifier pour :