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Sep 13 2017

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Babord, tribord. – Anne Cailloux

Sur les docs, les marins attendent pour embarquer.

La frégate anti sous-marine Jean-Bart, toise un chalut en partance pour la mer d’Iroise.

Le port est bondé de vaisseaux et de navires ; certains avec des déesses sculptées en figure de proue,

usés par les vents, des quarantièmes rugissants et des cinquantièmes hurlants.

Sur ces ondes captives, les vents ont bien souvent bercé tes jours et incendié tes nuits,

barbaresques que nul n’apprivoise, tu es pris dans ses filets.

Dans mes obscurités, j’ai entraperçu ton ombre et ton souffle dans le creux de mon oreille

alors je suis venue cambrioler tes rêves.

Mes voilures ont chahuté ta coque, ton antenne radar a détecté mes ondes électromagnétiques

et ton gouvernail fait soulever ma jupe arrière, nous finirons dans la cale arrière.

Depuis, nous tanguons vers les Mers du sud, sous une brume de velours.

Mon corps d’ambre rougit à bâbord, sous ses mots d’impudeur.

Comme un mystérieux poison, tu apprivoises mon sang et calme

mon esprit. Je bois tes paroles dans un Graal chimérique et

mon âme s’effondre à tes pieds. Ma résistance s’est offerte sans pudeur

aux chants de tes yeux, un soir entre deux bateaux, entre deux cours, entre deux nuits.

Tu as fait tomber mes bastions, j’ai senti dans l’air, l’écume mordante de tes embruns iodés

je me suis retrouvée contre la coque de ton destroyer

mes cheveux flottaient en bataille autour de ton visage, domptée par la main du capitaine.

Mon sextant ne sait plus ou se trouve le Nord, si vous me cherchez, je suis à l’Ouest.

Aujourd’hui, Neptune s’amuse, la mer est son royaume et le ciel son serviteur

il zèbre le firmament, d ‘éclairs infernaux en signe de puissance

la mer est couverte d’écume mais le capitaine connaît bien ce manège

il sera seul maître à bord, avant Dieu.

Parez à mouiller Capitaine.

Nous reviendrons, rouillés, labourés de partout, mais l’amour à fleur de peau,

à fleur d’eau, d’avoir navigué en ces eaux.

Que tes mers soient douces et ton ciel prospère Poséidon

et que ton amour pour moi, ne te quitte jamais Capitaine.

 

©09/2017 Anne Cailloux

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6 Commentaires sur "Babord, tribord. – Anne Cailloux"

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OasisArt
Membre

Votre plume a de l’humour et fait voyager
continuez, allez plus loin
MD

ChantalC
Modérateur

Encore une « belle histoire » très bien contée !
Bravo Anne, j’aime beaucoup
Amitiés
Bisous

Chantal

Oliver Delabre - (Delloly)
Modérateur

Merci Anne, pour ce moment divin, coquin, d’imaginaire de la Mer
j’ai apprécié…. continue
Bise
Oliver

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