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Mai 06 2019

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Au revoir à jamais – Founé Diawara

Rythmes exacerbés, croyances séculaires enfouies dans tant de lumière,

Crépitements de tous mes sens, je ne vois plus qu’à travers les derniers scintillements.

Le battement des ailes me tiraillent, d’ici j’entends déjà les complaintes du cimetière.

Sereinement, je m’accommode de tous ces maux, en route vers le dernier jugement.

Au revoir mon frère, à jamais nul doute dans les tourments du blizzard céleste.

Adieu à jamais, le voile de ma vie s’étiole soufflé par l’écume ancestrale.

Retraçant pas à pas mes souvenirs, la marée m’emporte impunément et sans conteste.

Enivrants chuchotements, je me laisse happer par cet ultime appel magistral.

Les silhouettes froidement vêtues se mêlent, témoins d’une ascension difficile.

Une chaleur glaciale m’envahi, mon corps se déleste enfin de cette douleur inutile.

Paisible, je remonte le chemin boisé, près de la clairière je m’arrête un instant.

Je me remémore tristement ces instants déjà vécus, ma vie fût de ces si belles chansons.

Je ne crois plus qu’au moment présent, quelques instants dérobés d’un reste épargné.

Refuge intemporel, je me fonds sans vergogne dans cette végétation d’une douceur délétère.

 

Au revoir la Julie, je resterai là à t’attendre, non loin de ce lac où nous nous sommes tant désirés.

Le sillage des cygnes me guide miraculeusement, m’invitant probablement à une douce prière.

Je pars trop tôt de cette terre, pardon à tous ceux que je laisse.

Nous nous retrouverons dans l’antichambre du purgatoire, encore faut-il que je me confesse…

Tu diras à maman que s’en est enfin fini, qu’elle fût mon plus beau trésor.

Je m’extirpe de ce placenta qui me console, paisiblement, anéanti, je m’endors.

La maladie m’a terrassé, le combat s’achève dans le tintamarre symphonique des anges.

Noué dans la poussière cosmique, je réalise enivré de mes perceptions, j’accepte, je me résigne.

Cette clarté ténébreuse me pénètre sous un air de violon maléfique si étrange.

Le chef d’orchestre me rassure, il n’espère plus de moi qu’un nécessaire signe.

 

Au revoir, à jamais. Courage à ceux qui restent et qui subissent la trahison de leur corps.

A la vie, à la mort, le convoi mortuaire est arrivé à bon port.

Je n’oublie rien des délicieux instants saupoudrés d’épices et d’arômes si sincères.

Le cycle de la vie suggère nos destinées, inéluctablement dans la lueur du réverbère.

Je pars trop tôt de cette terre, à bientôt mon oncle à bientôt les enfants.

La cloche céleste sonne le dénouement de ma tragédie funeste.

Je me retire délicatement ébloui par le tunnel incandescent.

Au revoir, à jamais. Pour la dernière fois, je retourne ma veste.

 

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Béatrice Montagnac
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Bonsoir un beau texte fort et fort bien imagé par le sujet bravo
Amicalement
Béa

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