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Avr 27 2019

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Ânes affamés n’ont pas qu’oreilles – Christian Satgé

Petite fable affable
 
Une de ces nuits où le vent froid est si rêche,
Deux ânes qu’on avait attachés là tête-bêche,
Non par caprice ni jeu, mais par économie,
Font face, en leur étable, hélas, chacun à sa crèche.
Ah, le picotin tente l’un, comme son ami,
Mais ils ont beau tirer, aucun ne mange ni mie
Ni miettes car ils sont, las, d’une force égale
Et d’un comparable appétit. Qui donc s’en régale ?
L’ânier qui voit-là une fort belle façon
De ne pas ruiner son bon fenil par trop vite.
Mais ces bourriques, sans qu’on leur fasse la leçon,
Comprennent au matin, en vraies cervelles d’élite,
Qu’à tirer, là, chacun de son côté, et sans fin,
Tous deux sont restés, comme des baudets, sur leur faim.

Donc l’un ou l’autre, je ne sais dire qui, propose
À son alter ego, au cours d’une courte pause,
De se joindre à lui pour goûter, en bons copains,
Dans son grand garde-manger le temps qu’il se repose.
Et les deux frères qui, à risquer le coffre en sapin, 
Se tournèrent le dos comme des goujats rupins,
Purent se sustenter un bon brin dans la mangeoire
Du premier, invité à jouer des mâchoires
Par son pair à la sienne. Et qui fut fort marri ?
Le fermier qui trouva assoupis les compères,
Au jour levé, bedons rebondis, auges taries,
Heureux comme larrons en foire soudains prospères.

Combien sommes-nous, égoïstes patentés, 
Oublieux de ce que permet la Solidarité !

 
© Christian Satgé – mai 2017
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Obsédé textuel & rimeur solidaire, (af)fabuliste à césure… voire plus tard, je rêve de donner du sens aux sons comme des sons aux sens. « Méchant écriveur de lignes inégales », je stance, en effet et pour toute cause, à tout propos, essayant de trouver un équilibre entre "le beau", "le bon" et "le bien", en attendant la cata'strophe finale. Plus "humeuriste" qu'humoriste, pas vraiment poétiquement correct, j'ai vu le jour dans la « ville rosse » deux ans avant que Cl. Nougaro ne l'(en)chante. Après avoir roulé ma bosse plus que carrosse, je vis caché dans ce muscle frontalier de bien des lieux que l'on nomme Pyrénées où l'on ne trouve pire aîné que montagnard.

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Anne Cailloux
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J’adore cette histoire d’ânes oui et par les animaux c’est encore plus clair
bravo et merci de nous ouvrir les yeux Christian.
Anne

Philippe X
Membre

“. Belle leçon de solidarité, je connaissais “donne moi ta montre et je te donnerais l’heure ” mais de la part d’animaux dont on vente le manque d’ingéniosité tirer à hue et à dia” et le résultat sera là.
Bien choisi en ce monde ou le chacun pour soi est roi….sauf chez toi.

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