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Mai 03 2017

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Alors voilà… ~ Jean-Claude Gallard

 

Alors voilà…

 

Alors voilà, dans cette maladie là…

Brutalement les mots : dégénérative, incurable.

Rémission impossible, biologiquement impensable.

Quadriplégie, aphonie, et mort par asphyxie. Garanties !

Diagnostic choc ! Je crois que j’ai vomi…

… mais le plus dur, ce n’est pas ça.

 

Alors voilà, dans cette maladie là…

Votre bourreau en blouse blanche de vous dire,

Que toute perte « motrice » est définitive,
Que la recherche thérapeutique est très (trop) lente,

Que votre espérance de vie, c’est 3 mois / 10 ans,

« Mais en moyenne, vous savez, comptez plutôt 2 / 3 ans… »

… mais le plus dur, ce n’est pas ça.

 

Alors voilà, dans cette maladie là…

On meurt, vraiment, un peu chaque jour,

La dernière course à pieds ? On le sait !

Le dernier repas, vraiment partagé ? On le sait !

La dernière œuvre de ses mains, dessinée ? On le sait !

… mais le plus dur, ce n’est pas ça.

 

Alors voilà, dans cette maladie là…

Ce n’est pas tant la souffrance physique, mais psychique,

Car en fait, on fait des rêves valides la nuit ! La nuit on vit !

Et à chaque réveil, terreur, on compte ce qui ne bouge plus,

Et très vite, c’est plutôt ce qui bouge encore, ça va plus vite !

… mais le plus dur, ce n’est pas ça.

 

Alors voilà, dans cette maladie là…

Progressivement enfermé dans un corps déformé,

Seul le cerveau, le cœur et le sexe sont épargnés.

Un bandage, serré, serré, de la tête aux pieds ?

Dix minutes, une heure, une journée,…  plusieurs années ?! …

Camisole permanente, trajectoire insensée ! !

Un météorite a brisé ma corde dorée…

… mais le plus dur, ce n’est pas ça.

 

Alors voilà, dans cette maladie là…

Toute la journée, se faire aider,

Pour se laver, circuler, manger,

Pour bouger, tousser, respirer,

Pour chier !… et même, se gratter le nez !!

… mais le plus dur, ce n’est pas ça.

 

En fait, le plus dur… dans cette maladie là,

Ce sont les douloureuses caresses !!

Car dans cette maladie là,

On ne perd pas le sens du touché.

Alors je me suis dit (je le sais maintenant, c’était insensé) ;

Même avec des bras, des mains, paralysés,

Même si un jour, il faudra me faire aider,

Au moins de caresser je vais pouvoir continuer !!

Comment ais-je pu aussi mal anticiper ?!

La fine adresse, de ma main molle et déformée, s’est envolée,

Et la délicatesse est indispensable, pour les courbes, caresser !

Alors la sensation de douceur et de volupté,

En un terrible miroir de mon infirmité, s’est transformée !!  !

Ces douloureuses caresses, ces douloureuses caresses !!

C’est comme éplucher mon cœur avec un cutter, chaque fois !

Dans cette maladie là, le plus dur pour moi… c’est ça !!

Extrait du recueil  » Mon âme dans un hachoir » 

Recueil de poèmes et de réflexions brèves sur la vie 

Téléchargement intégral gratuit de l’ouvrage sur www.maduh.fr

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